‹ Key to Alternative extracts for composition in FrenchChapitre 92 sur 105 · DE LA POLITIQUE COLONIALE · texte numérisé non relu

DE LA POLITIQUE COLONIALE

Appauvrir les Colonies en général, et en particulier arrêter le noble cours de leurs entreprises maritimes, ce serait là une tâche plus facile, j'en conviens volontiers. Nous avons montré quelque inclination à un système de cette sorte, une inclination même à maintenir les entraves alors que l'offense avait cessé ; nous nous considérons comme les rivaux de nos colonies, persuadés que nous devons nécessairement gagner ce qu'elles perdront. Nous pouvons certes accomplir beaucoup de mal. Un pouvoir au-dessous de toute autre tâche est souvent à la hauteur de celle-ci. Je ne pense pas que les Colonies puissent opposer à notre violence des forces directes et immédiates bien formidables ; en quoi il se peul cependant que je me trompe. Mais lorsque je considère que nous avons des Colonies à seule fin de nous servir, il paraît assez absurde à mon pauvre entendement de les mettre hors d'état de servir afin de les maintenir dans l'obéissance. Nous voilà revenus, en somme, à l'ancien principe de la tyrannie, principe dont je croyais la fausseté reconnue, et qui

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se propose de subjuguer les 'nommes en les ruinant. Mais songe.? bien que lorsque vous aurez poursuivi juscju'au bout votre système d'appauvrissement, la nature suivra son cours habituel ; que le mécontentement augmentera avec la misère ; et qu'il y a dans la fortune de tous les états des [moments critiques où ceux qui sont trop faibles pour contribuer ù'votre prospérité, sont cependant assez forts pour compléter votre ruine. Spoliatis arma supersunt.

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