‹ Kiev, la mère des villes russes. Vingt-quartre gravures hors texteChapitre 10 sur 12 · ÉGLISE SAINT-ANDRÉ · texte numérisé non relu

ÉGLISE SAINT-ANDRÉ

Les murs de l'église principale datent de l’époque d’Yaroslav; mais leur décoration extérieure et intérieure en a entièrement modifié l'aspect.

Lorsque je pénétrai pour la première fois dans ce temple, on y célébrait un office du soir. Les parois des murailles disparaissaient sous des plaques d’or cl d’argenl encadrant les icônes, devant lesquelles tombait des voûtes une pluie de lampes jetant partout des lueurs multicolores. A travers un nuage d’encens, au milieu des cierges, plus brillant et plus somptueux que le reste, l’iconostase apparaissait comme dans un horizon lointain. An centre, l’image vénérée scintillait dans ses auréoles de diamants et de pierreries.

Il était impossible d’en approcher, la distance qui me séparait du sanctuaire était infranchissable. Le dallage disparaissait, recouvert d’une multitude (b; gens prosternés, serrés les uns contre les autres, se dressant tous ensemble de temps en temps pour faire un signe de croix, et s’inclinant de nouveau jusqu’à terre pour la baiser. On eût dit un océan humain, tantôt calme, tantôt agité, d’où la prière montait sous la forme d'un long soupir ou d’un chant vibrant de foi.

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