PONT POUR LES VOITURES ET LES PIÉTONS SUR LE DNIÉPRE
KIEV
KIEV
LE PADOL (ville basse)
A la campagne.
Nous avons parlé des légendes, de I histoire, des monuments, des œuvres d art <|ui se rattachent a Kiev. Un des grands charmes de celle reine de l’Ukraine réside dans la belle nature qui l’environne. Je ne veux pas terminer sans vous conduire hors la ville, dans quelque village où nous verrons les Petits Pussions et la campagne. On ressent une impression tout aussi poétique, mais bien différente, en contemplant les paysages de la Russie centrale et ceux de la Petite Russie. Allons aux champs pour nous reposer de nos pérégrinations à travers la ville. Descendons au bord du Dniépre, où se plongent, au moins une fois chaque jour, tous les Kiéviens. Les bains jouent un grand rôle chez les Russes, qui se fouettent dans l’eau, tout comme au temps du moine Nestor, avec de petites vergettes de bouleau garnies de leurs feuilles. Parfois, les feuilles se détachent et restent adhérentes à la peau mouillée. C’est pourquoi on dil d'une personne collante (pardonnez-moi cette expression vulgaire), qu’elle est comme une feuille au bain.
Nous laissons la ville basse à gauche, pour longer le quai d’embarquement, puis les rives du fleuve jusqu'au pont destiné aux piétons et aux voitures. Celui par lequel nous sommes arrivés sert exclusivement au chemin de fer. Nous franchissons le Dniépre, qui sert de limite entre le gouvernement de Kiev et ceux de Tchernigoff et de Poltava. En l kraine, le soleil de midi rend la chaleur accablante ; mais la nature y est
exubérante, la végétation luxuriante, la frondaison de ses arbres d’un vert intense, les Heurs resplendissent d’une coloration chaude. Le spectacle de cette parure de la terre, à travers une atmosphère embaumée, éclairée par une lumière translucide, procure une jouissance capiteuse et poétique.
Dans les prairies que nous traversons, les paysans sont occupés à la fenaison. Leur costume est charmant.
Les hommes, avec leur pantalon extrêmement large, avec leur chemise brodée de rouge cl de bleu, avec leur menlon rasé et leurs longues moustaches, ne nous rappellent-ils pas le rôle que l’élément ethnique turc a joué dans ce pays? L'ajustement des femmes trahit la même origine : leur chemise, dont la toile disparait sous les broderies, dépasse les bandes d'étoffe multicolore qui remplacent la robe et serrent les reins; leur ceinture à voyantes rayures, leurs colliers nombreux, leurs boucles d’oreilles d’argent ornées de corail et d’ambre, enfin leur coiffure en forme de turban, charment la vue.
Les jeunes filles laissent voir leur chevelure disposée en deux nattes et se parent chaque malin, pendant la belle saison, d’un diadème des plus belles fleurs.
Parmi les herbes, en plein pré, nous remarquons de nombreux groupes de ruches en bois qui ressemblent à de gros champignons. Après un long et délicieux parcours, nous nous trouvons séparés d’un village par un bras du Dniépre. Juchés sur le sommet d’une charrette chargée de foin, nous le franchissons, tandis que les paysans le passent à gué, ayant de l’eau jusqu'à la ceinture.
En pénétrant dans b* village, nous passons devant l’église, dont les dômes blancs et verts nous ont orientés
ENVIRONS DE KIEV