CATHEDRALE SAINTE-SOPHIE
KIEV
ABSIDE DE LA CATHEDRALE SAINTE-SOPHIE
Sainte-Sophie.
L’an 1037, Iaroslav fonda l’église métropolitaine dédiée à Sainte-Sophie, c’est à dire à la sagesse de Dieu. Cette basilique, sans doute la première construite en pierre, est le plus ancien temple chrétien conservé en Russie. Il est rapporté que l’armée du prince des Russes et celle des Petchénègues se mesurèrent à l’endroit même où s’élève cette basilique.
La qualification de métropole, donnée par le chroniqueur à Sainte-Sophie de Kiev, vient de ce qu’elle fut destinée à être non pas seulement une simple cathédrale, mais l’église principale de tout l’Etat, dont le titulaire serait archevêque de Kiev et de toute la Russie.
Le vocable de cette église est grec : Zoux, signifie sagesse. Dès le iv° siècle, il avait été donné, par Constantin le Grand, à une basilique de Constantinople. Justinien conserva ce nom à l’église érigée par lui au vic siècle, et que l’on admire encore aujourd’hui.
Dans les livres de l’ancien Testament, le nom de sagesse désigne non seulement une action, un attribut de Dieu, mais une émanation de sa substance. Les livres de la nouvelle Loi et les Pères de l’Eglise désignent, par la sagesse de Dieu, le Fils de Dieu, la seconde personne de la Trinité. L’apôtre Paul écrivait : « Nous prêchons le Christ, vertu et sagesse de Dieu ! » Suivant l’exemple de Constantin et de Justinien, Iaroslav, grand prince de Kiev, voulut que l’église
édifiée dans sa ville fût consacrée à la sagesse de Dieu.
La description de Sainte-Sophie comporterait une longue étude que nous ne pouvons aborder. Ce monument est le joyau de Kiev. Sous scs coupoles furent élevés sur le trône les descendants de Wladimir, pendant la première période de l’Etat russe. Non seulement les princes de Kiev, mais ceux des autres villes, accouraient à Sainte-Sophie pour y vénérer le Sauveur et la Vierge représentés dans les merveilleuses mosaïques du sanctuaire.
Si, en pénétrant dans ces murs, nous sommes charmés par l’harmonie et la richesse de la décoration, nos regards sont attirés d'abord, éblouis ensuite, par la magnificence et la conservation des mosaïques de l’abside et de la grande coupole, mosaïques exécutées à l’époque d’Iaroslav, par des ouvriers venus de Byzance. Non seulement les annales en font foi, mais eu outre les inscriptions en langue grecque sont des indices non moins probants.
Les mosaïques de l’abside sont divisées en trois étages.
La partie supérieure est occupée par la Vierge, représentée dans l’attitude d’une orante. Le peuple la désigne sous le nom de Mur inébranlable ou de Notre-Dame orientale. Cette image, de taille gigantesque (environ 8 archines, c’est à dire plus de 7 mètres), sur fond d'or, est demeurée dans toute sa splendeur depuis huit siècles. Il semble que la symbolique ail suggéré la pensée de figurer à la fois la mère de Jésus-Christ et l’Eglise. Telle est du moins l’idée qui se présente à l'esprit en lisant I inscription qui surmonte le sujet : « Dieu est au milieu d Elle et Elle ne s’ébranlera pas, que Dieu lui soit en aide toujours. »
mosaïque de la cathédrale sainte-sophie