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INÉGALITÉ DES MEMBRES INFÉRIEURS

réduire, se refermer par enroulement. Dans la scoliose, lorsqu’il y a gibbosité postéro-latérale en voie de développement, il n’y a pas hyperostose, il n’y a pas accroissement des côtes; ce qui est en trop à droite fait défaut à gauche et en avant ; aussi en faisant jouer énergiquement les côtes, en les forçant à bomber en avant, combattra-t-on l’accroissement de la gibbosité dans une mesure que je crois très importante, toujours à condition que ce régime dure longtemps. Aussi la première chose dont il faille s’occuper est la gymnasticpie respiratoire, mais je ne m’étendrai pas ici sur cette question importante, qui sera traitée plus loin (page 380).

Traitement préventif spécial.

En dehors de ces mesures préventives qui s’adressent à la grande masse des enfants, il y aura quelques interventions spéciales concernant des défauts particuliers ou des maladies qui peuvent entraîner la cyphose ou la scoliose ; tels sont la myopie et l’astigmatisme, le torticolis^ les végétations adénoïdes et autres causes d’obstruction nasale; la névralgie intercostale, la sciatique, etc.

Inég-alîté des membres inférieurs. — C’est une cause fréquente de scoliose; en corrigeant le défaut à temps, on préviendra bien des déviations vertébrales ; mais il faut chercher cette inégalité de propos délibéré, car elle n’est pas une cause de boiterie dans la plupart des cas et jamais, en l’absence de cette infirmité, les familles ne s’en aperçoivent. La conduite ne sera d’ailleurs pas la môme, suivant qu’il y a ou non boiterie. Dans ce dernier cas, le hausse-pied sera, non pas égal à la différence de longueur des membres, mais établi en tâtonnant, de façon à corriger le mieux possible la déviation, tout en ne gênant pas la marche ; un membre ankylosé au niveau du genou ou de la hanche ne serait pas maniable si sa longueur égalait le membre mobile ; les boiteux d’ailleurs déforment peu leur colonne vertébrale ; chez eux, l’amplitude des mouvements anormaux de la marche semble n’avoir d’autre effet que de rendre la colonne lombaire très mobile et ses muscles très vigoureux.

11 n’en est pas de même lorsque l’inégalité des membres ne se lie à aucune affection des jointures, car c’est en abaissant définitivement le bassin et, par conséquent, en déformant la colonne lombaire, que le sujet évite la boiterie, qu’il s’agisse d’un pied plat unilatéral, d’un genu valgum, d’un raccourcissement ou d’un allongement réel du membre. Chez les enfants qui ont eu une atteinte de paralysie infantile, si légère fût-elle, on voit néanmoins dès le début de la marche se manifester une tendance à la scoliose par raccourcissement du

M. NAGEOTTE.

membre, même (niand le reste du eor[)s est pai'l‘ait,et (ju’il n'y a pas de pied ])ot ; on suivra l’entant altentivement, on le mesurera souvent, on exercei’a le membre trappe ])arlirulièrement, et on n’hésitera pas à taire porti'i* un bausse-pied <lès le début, à l’au^inenler avec rà|;(‘, de taeon à garcb'r toujours le l)assin (ra[)lomb, (pielle (pie soit la répugnaure des |)amits pour re moyeu; il ne se dissimule ])astaeJlennmt (‘liez l’eutaul, car il faut taire le bausse-])i(‘d entier, de telle sorl(^ (pie l’entant pose sou pied à plat normalement, non sur la j)oiul(‘. La talonnette ne S(‘ra admissible (pie beaucoii[) |)liis lard, (piand 1(* |ii(‘d, jdus giand et solide, ne pourra plus éln^ détormé gravement parce moyen. On procédi'ra de même dans les autres (*as d’inégalité, ipu' ce soit |)ar raia'oiircisseiTK'nl , (‘/(‘st-à-dire arrêt monuMilanéde croissance, ou par alloiigenuMit e.\C(‘ssit d’uii membre (pi’elle se soit pi’oduiliv

On iiK'surera la diirérimci' de longui'iir im comparant la diltérence de ni\(‘au des épines iliaipu'S antérieures et on r(‘ndra aux entants, dont la colonne est encore jiartailnnent mobile, la totalité (b'Iadiltérence en bauss(*-pied, car la (‘olonne sacro-lombaire se retrouvera dans C(*s conditions V(‘rl icab*. .Mais cbez les sujids plus âgés ou adultes, ces(*rait une taule ; les vertèbres sacrées et lombaires ont eu le t(‘inj»s de se tasser du ciité de la concavité, de se détorim'r en coin, im tendant à recompiérir ainsi, par une détormation irrémédiable, le jilan horizontal jioiir une vertèbre plus ou moins élevée ; sujiposons, pour l’iiitelligeiice de la chose, ce plan borizontal acipiis immédiatiunent dès la première lombaire : lacolomu' remonterait normale et droite à jiartir de là et tout liausse-[)ied la renverserait du coté opposé, et serait jiar conséijuent nuisible ; la correction naturidle n’est jamais aussi parl'aite, elle ne se tait jias aux dépens d’une ou de deux vertèbres, le sujet aurait le temps d’être bossu avant (pi’elle ne se fasse ; le baussepied ajoute dans ces cas ce qu’il faut iioiir jiarfaire la correction. On ne peut })lus se baser sur la hauteur des éjiines iliaijues, ([ui restej‘ont à des niveaux un jieu ditlerents; on tâtonne pour le baussepied en examinant le sujet de dos et on s’arrête au bausse-[>ied (pii redresse le mieux la colonne lombaire et égalise le mieux les espaces brachio-thoraci(pies. L’écart entre le raccourcissement et le liausse-})ied peut être considéi-able : raccourcissement de 7 centim., bausse-pied de 3 centim. ; l accourcissement de 2 centim 1 /2, liaussepied de 1 centim. ; raccourcissement de i centim., liausse-jiied de 1/2 centim. (1).

(l) Loco citaio, fig. 48 à 51.

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