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TRAITEMENT CURATIF DES DÉVIATIONS VERTÉBRALES

Traitement curatif.

Quand on se trouve en présence d’une déviation à traiter, il faut d’abord se rendre compte de ce qui, dans chaque cas donné, pourra être corrigé, de ce qui est irréparable, et de ce à quoi il ne faut pas toucher, afin de ne pas nuire.

Chez les jeunes enfants, l’os est encore malléable, nous avons prise sur la déviation et sur la déformation osseuse ; plus tard, si la déviation de la colonne est encore influençable, la déformation des vertèbres et des côtes ne l’est plus ; le but sera de repousser une gibbosité vers la ligne médiane, de la rendre plutôt postérieure que latérale, d’éviter la chute du tronc, mais on ne diminuera pas la gibbosité même. C’est déjà fort beau si le développement de la cage thoracique, les masses musculaires augmentées par l’exercice, l’attitude maintenue par les muscles fortifiés masquenf en grande partie la déformation.

Mais quand la colonne vertébrale n’est plus ou presque plus mobile, quand plusieurs déviations et plusieurs gibbosités se compensent en amenant les épaules au même niveau, il faut bien se garder de mobiliser la colonne vertébrale, car elle ne pourrait que s’affaisser davantage ; il faut se borner au développement de la cage thoracique et des forces musculaires. On voit des scolioses rapidement aggravées parla gymnastique, ainsi que le rappelle M. Desfosses (1) ; c’est exact, mais c’est à la mobilisation de la colonne que doit aller le reproche, tandis que l’exercice sans mobilisation n’aurait fait que du bien, dans la mesure du possible. Dans d’autres cas, les gibbosités lombaire et dorsale sont modérées et il y a une certaine mobilité ; il faut prendre garde de faire augmenter l’une en agissant puissamment contre l’autre, ce que la famille demande toujours, selon que c’est la saillie de l’omoplate ou l’inégale saillie des hanches qui la préoccupe le plus. Il faudra, dans chaque cas particulier, se rendre compte du meilleur parti à prendre et sagement balancer les gibbosités, afin qu’elles restent toutes modérées en permettant au sujet de se bien vêtir. A ce point de vue, c’est à la scoliose cervicale qu’il faudra prêter le plus d’attention, car la déformation de la nuque chagrine fort les jeunes filles en empêchant tout décolletage.

La lordose, sans cyphose, ne peut quelquefois pas être corrigée,

I car ce n’est pas à une attitude parétique qu’elle est due, mais à une I conformation du bassin, généralement large et puissant dans ces cas j et fortement incliné en avant ; il faut savoir s’y résigner et ne pas tourmenter inutilement les enfants, car on perdrait son temps à

(1) Presse Médicale^ 12 mai 1907.

M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE VERTÉBRALE.

coiul>al(ro celle loidose nécessaire pour la stalion (lel)oul, autant que la lordose de la luxation congénilale.

H faut enlin savoir ce (|ui, daus la ])osilion des oino[)lates, esl ou u’est pas corrif4il)le ; c’esl l’aspect des omoplates (pii fra[)pe le plus l’enlourage de l’imfanl el leui- déplaceineni im hauteur est en elfe! ])Our radl non médical la manifeslalion la ])lus scoisihle d’nne dé\ialion de la colomu' ; leur soulèvtMmmt révéle la cyj)lios(*.

Mais les mé(h*cins aussi s’y I rom|)enl en confondant les scolioses avec les malformations di's omo|)lal('s el, à ce sujet, il est tout à fait instructif de conuaîtn* les ti^urc's rassinnhlées par M. Desfosscis dans nii(‘ élrnh* sur h‘s malformations des réj;ions sca|Hilair(‘S (1).

.l’ai décril récc'iimuMil niu' malformation jiasséc' inapeirue, cpioi- (pi(‘ commnmq le vatgurn {2), ipii (>sl um; cause frécpiente

d(* confusion dans l’examen de la scoliosi* (d une source de désolation pour l(‘s familles. A l'étal normal, les hords. spinaux des omoplat(!S dt‘sc(mdent eu divergeant légèrement el cela aussi bien sur un dos droit fli”'. 212) (pu* surun dos scolioliipu^ fli”’. 213). Au (‘ontraii'i* (piand romo|dale se dévi(* (*n d(*(lans (*l (pu* C(*ll(* déformation est unilalérali* ou bilalérab*, nous aurons h*s div(*rs scliémas ( ti}^’. 214, 213, 210) des omoplates con\ t*r^ent(*s. (î(“ll(* malformalion (^sl indéjiendanle de la scolios(* avec la(pielle (*lh* co(*xisle sonv(*nl à un d(*”ré jdus ou moins |)i-ononcé. Dans lamajorilé d(*s cas, c’est là mu? malformalion de nature racliili(|ue, |)arfois manileslalion isolée du racliilisme, h? |dus souvent associée à d’autres défauts du S(|iu*letl(*, absolument comme le ^umn val,L;um et le cubitus valons. D’autres fois, b? scapiu lum valgurn esl de cause musculair(*, dû à la ])arési(* du ^u*aiul dentelé avec contracture de l’an^ulaiiH* el surtout du ibombouh*, ou môme à la conli-acliou isolée, volontaire, du rhomboïde (3), ce (pii est sans doute exceptionnel. Celle malformation fort dis^raci(*use esl inaccesible à nos moyens d'aclion ; h* développement desmusclesdu dos peut la masipier sans donle en partie, en apj)li(|iiant h*s omoplates contre les C(jles et en atténuant les reliefs osseux, mais la direction des bords spinaux ne jjeul chan^u*r dans le scapulum val- ^um ordinaire, rachitique.

l'n mot encore de la scoliose hystérique ; il suftira d’y songer pour en faire le diagnostic et il faudra savoir faire la part de la contracture passagère et celle de la déformation réelle, sur laquelle la névrose s’est entée généralement.

(1) Desfosses. Presse Médicale, 1907, n<>22.

(2) M. Nageotte. Bulletin de la Société de Pédiatrie, février 1907.

(3) M. Nageotte. Bulletin de la Société de Pédiatrie, déceml)re 1907

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