DIAGNOSTIC DE L’INSUFFISANCE RESPIRATOIRE
L'insuffisance diaphragmatique dXiicQ moins l’attention, elle doit être recherchée et combattue et M. Rosenthal insiste avec raison sur cette question; le syndrome insuffisance du diaphragme se présente ainsi, d’après Rosenthal : <( Les dernières cotes, immobiles, paraissent privées de leur jeu physiologique, l’espace intercostal est invariable. Si le sujet est examiné dans le décubitus dorsal, on constate une immobilité presque complète de la paroi abdominale ; la main, posée à plat sur le ventre, ne sent aucune impulsion inspiratoire appréciable; les vibrations thoraciques sont atténuées à la base du thorax. A la percussion des bases, on trouve le son obscur, presque submat; à l’auscultation, le murmure vésiculaire est difficile à percevoir. Ces signes forment parfois un syndrome pseudo-pleurétique; à l’examen aux rayons Rôntgen les deux poumons donnent des tons clairs, la voûte du diaphragme se détache nettement avec sa surélévation physiologique à droite, mais la course est restreinte, et ne rappelle plus l’étendue physiologique, qui peut dépasser la sixième côte en haut et la neuvième en bas. Lorsqu’elle est aidée par le décubitus dorsal, l’insuffisance diaphragmatique laisse souvent s’établir la congestion des bases, d’où bronchopneumonie hypostatique. »
Le diaphragme fonctionne de deux manières: 1° en prenant point d’appui sur les côtes et en abaissant les viscères, 2° en prenant point d’appui sur les viscères et en soulevant les côtes.
Dans le premier cas, il allonge le diamètre vertical de la cage thoracique; c’est la respiration diaphragmatique proprement dite, celle qui fait le ventre bomber dans l’inspiration et se creuser dans l’expiration; c’est la respiration des petits enfants, des enfants à gros ventre, de ceux dont la cage thoracique est déformée, rachitique, rétrécie, en entonnoir; c’est aussi celle des sujets dont le thorax est immobilisé dans un corset inextensible. Sayre l’avait fort bien vu en appliquant le corset plâtré. Le diaphragme s’abaisse alors au maximum, le bas-ventre, le périnée et l’anus sont animés de mouvements d’expansion correspondant à l’abaissement du diaphragme pendant l’inspiration; ce mode respiratoire est tellement essentiel dans ces cas que la suffocation peut survenir quand on y met obstacle en refoulant le périnée avec la main.
Cette respiration diaphragmatique-abdominale est aussi très nette dans la station assise chez les enfants qui travaillent les bras appuyés, les épaules immobilisées, le thorax suspendu en quelque sorte à la table; le diaphragme a alors un bon point d’appui sur les côtes inférieures.
Au contraire quand, dans la station assise, le corps est redressé et le dos appuyé à un dossier, le ventre est plat et la respiration dia-
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pliragmatiqiie-abdominale os( à peine jiossihle ; de môme dans la station deboiil, car les viscères sont aussi bas ([ue possible et le diaphra gme ne |)eut pas les abaisser davantage.
l.a respiration diaphragmât irjuc-costale a lieu (juand les viscères sont immobilisés; le dia])bragme prend dans ce cas [)oint d’appui [)ai* le centre ])brèni(pie sur la masse viscérale qui est immobilisée par la coniraclion d(‘s muscb's de rabdomen ; il soulève les côtes en les écarlanl ; le tborax alors se dilale |uir l'élévation des fausses côtes; il y a augmenlation du diamètre Iransversal et du diamètres antéro-postérieur. A l’élat normal, dans la rt‘S[)iration calme, le diapliragme agit de ces deux manières simultanéimmt ; de conve.xe, il tend à devenir j»lan ; sa partie centrale s’abaisse, tandis* (|ue sa pai lie j)éri|diéri(pie remonte en élevant les côtes.
L’élude (les mensurations et les auli’es modes d’investigation (|ue nous venions d’exposer conduiseni à celte concIusi(m (pi(‘ l’amplitude respiraloiie est artiliciellement léduite, chez un ti*ès grand nombre d’enfants et d'adultes, par l’ail itude défeclueuse et l’immobilité conservées |)endanl l’étude, les Iravaux d’aiguille, diven’S métiers, les piofessions sédentaires. Il ne faudi'ait [>as croire epie nous demandons l’exagération de la fonction respiratoire dans un but thérapeutique, il ne s’agit (jue d’airiver à l’amplitude normale. La respiration habituelle de l’individu au repos sera toujours inféii(nire aux chitfi‘es ([lie nous avons établis, mais il faut ([ue le jeu ample de la cage thoracique soit possible, (ju’il se [iroduise aussitôt qu’il est utile.
La preuve de l’insuffisance habituelle est en ceci, que ceux ([ui respirent su[)erticiellement poussent de temps en temps de jirofonds soupirs pour se désas[)hyxier ; elle est en ceci, ([ue les enfants et les adultes actifs et solides ont une amplitude considérable, quel que soit leur péi’imètre; en ceci entin, (jue l’amplitude respiratoire peut doubler en peu de jours et, en l’absence de tout autre traitement, animer le teint et cliangei* l’état général. Qu’est-ee à dire, sinon (jue la respiration est revenue à ce qu’elle aurait dû être, que la cage thoracique a donné, sitôt sollicitée, le travail qu’elle était destinée à fournil-.
Indications thérapeutiques.
L’insuffisance respiratoire est donc un défaut extrêmement répandu, presque général, et il faut le combattre énergiquement, donner à la gymnastique respiratoire la première place dans l’éducation physique des enfants, des jeunes gens, des soldats, dans l’hygiène habituelle de tout le monde.