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INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

Mais, en dehors de cette règle générale, pour un grand nombre d’individus ce n’est plus simplement de l’hygiène raisonnable, mais bien un traitement urgent.

Insuffisance par obstruction nasale, respiration buccale. — En premier lieu sont ceux qui ont de l’obstruction nasale et qui vivent la bouche ouverte; il faut évidemment commencer par enlever l’obstacle, quand il y en a un. Mais ceci fait, qu’il s’agisse de végétations adénoïdes, de polypes, de grosses amygdales, la cause de la respiration nasale n’est pas encore gagnée ; beaucoup d’opérés gardent la respiration buccale ou bien ils ouvrent la bouche au moindre effort. Hosenthal recommande, pour se rendre compte de la perméabilité du nez, l’épreuve suivante que je résume : « faire respirer le sujet exclusivement par le nez une vingtaine de fois ; les premières respirations semblent normales, vers la quatrième le faciès se trouble, la congestion de la face se montre, bientôt suivie d’une légère cyanose; à ce moment le sujet entr’ouvre involontairement et imperceptiblement la bouche et continue à respirer selon le type mixte bucco-nasal, qui n’a pas attiré l’attention des auteurs ».

Tous ces sujets ont une respiration extrêmement réduite et qui reste telle après l’opération fort longtemps, si on ne s’en occupe pas, ce qui est encore le cas trop souvent. On est trompé par le fait que ces sujets n’ouvrent pas forcément la bouche de nuit, ni de jour quand ils sont au repos; ils le font seulement à l’occasion d’un effort; ils ont de la dyspnée d’effort. Les exercices dans ces cas agissent avec une i*apidité remarquable, l’amplitude augmente de plusieurs centimètres dans l’espace d’une huitaine de jours; la respiration devient nasale complètement ; c’est alors seulement qu’apparaît tout le bénéfice de l’opération.

Insuffisance avec respiration nasale. — Un autre type est constitué par les sujets qui s’asphyxient sans résister, sans ouvrir la bouche comme le font, avec raison, les précédents. Ce sont souvent des enfants intelligents qui ferment la bouche soit par sens esthétique, soit par obéissance, au lieu de se laisser aller à l’instinct de la conservation. Leur respiration est toujours nasale, aussi bien de jour que de nuit, et ce n’est pas la respiration qui attire l’attention, c’est la tenue défectueuse, la cyphose, la poitrine en creux, ou bien quelques troubles de la santé générale; on constate alors, mètre en main, que ces sujets ont une amplitude maximale de 1 à 2 centimètres.

Avant d’aller plus loin dans la thérapeutique, c’est cette asphyxie chronique qu’il faut supprimer du tableau clinique, et bien souvent cela suffira pour réparer tout le mal. Il s’agit dans ces cas ^'anciens

M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.

adéno'idiens, ou de sujets atteints de raideur juvénile (1), ou eu général d’enfants atlaildis.

Anémie. — L’insuflisance respiratoire est fréquente chez les lillettes anémiques et le bon e (Tel des exercices respiratoires nous a semblé indéniable, à condition de veiller à ce ({ue l’enfant ne fasse ([ue modérément les exercices du tionc et des membres; ce n’est pas un tiaitemenl suflisant, c’est un adjuvant du ti*aitement médical de l'anémie.

Impaludisme . — De tous les gi (Hipes de jeunes gens étudiés par le !)'■ Lemoine au Val-de-Gràce, ce sont les impaludi(iues qui ont l’amplitude respiratoire moyenne la [)lus faible; elle est au-dessous de celle des |)leuréti(pies, et n’alleint (|ue 2 centimètres et demi.

Les alités, les convalescents. — L’insuflisance respiratoire est un danger pour les alités att(‘ints d'atrections |)rolongées, comme la tuberculose osseusi^ ou l’ostéomyélite;; |)oui‘ ceux dont la convalescence de (inel(|ue maladie aiguë exige un séjoui' |)rolongé au lit. .l’ai parlé ailleurs de l’bygiène des alités au point de vue des exercices (2) ; j'insiste seulement sm* la gymnasti({ue rt'spiraloire (|ue tous les convalescents devraient faire cai', ne bougeant j>as, ils se laissent alb;r à consommei- un minimum d’air; ils se déshabituent de mouvoir leur cage lboraci(|ue, dont les muscles s’affaiblissent, et cette insuflisance respii*atoire «b'vient à son tour une des causes qui jMolongenl la convalescenc.e, en plaçant ainsi le malade dans un cercle vicieux.

Affections pleur o -pulmonaires. — Les enfants et les adultes qui ont eu des atfeclions j)ulmonaires ou pleurales appartiennent encore au ty{>e des résignés; leur resj)iralion est nasale el l’insuftisance res[)iratoii-e demande à être recherebée ; elle ne fait presejue jamais défaut, qu’il y ait eu bronebile, ()ueunionie, cofpielucbe, adénoj)atbie et, avant tout, pleurésie. Même la plus légère pleurésie sèche guérie laisse une diminution d’amplitude de plusieurs centimètres et cette diminution peut être constatée plusieurs mois plus tard, si on n’a pas lutté contre elle. Au Val-de-Gràce, c’esl chez des pleurétiques guéiis (|ue le 1)'' Lemoine a trouvé les cbilfres les plus faibles, souvent 1 centimètre et dend ou 2 centimètres. Quant à la pleurésie avec épanchement séreux et surtout purulent, elle entraîne la rétraction plus ou moins grave de la plèvre et souvent une déformation de la cage thoracique; les exercices respiratoires doivent lutter, plus ou moins victorieusement suivant les cas, contre les suites toujours sérieuses de cette diminution de la fonction

(1) Voy. ]). 345.

(2) M. Xageotte, Allas de gymnastique, p. 312.

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