‹ KinésithérapieChapitre 135 sur 198 · INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

respiratoire. C’est dans ces cas surtout que le centimètre symétrique aidera à suivre les effets du traitement.

Tuberculose pulmonaire au début. — Elle est justiciable du traitement par la gymnastique respiratoire prudemment appliquée. M. Bosenthal a particulièrement étudié cette question et a posé les règles du traitement chez ces malades. La respiration sera faite au repos, non accompagnée d’exercices actifs, les exercices passifs même étant introduits graduellement. L’exercice doit s’adresser d’abord aux parties saines du poumon, en respectant les régions malades ; c’està-dire que, dans la tuberculose d’un sommet, on éduquera d’abord la respiration diaphragmatique, en ayant soin de maintenir immobile le bras du côté malade afin de restreindre au possible l’ampliation de ce côté. On pourra plus tard faire des mouvements passifs du bras du côté sain ; au bout de quelques mois on les étendra au bras du côté atteint. C’est surtout comme méthode corroborant la cure du sanatorium qu’il faut considérer la rééducation respiratoire chez les tuberculeux (1).

Asthme. — Les asthmatiques bénéficient souvent, sinon toujours, de la rééducation respiratoire. Chez eux, il ne s’agit plus d’amplifier la respiration, mais de rendre le jeu thoracique plus facile en mobilisant toutes les articulations vertébrales et costales, et d’éduquer les mouvements et les muscles de V expiration, qui est toujours incomplète. Les enfants asthmatiques se trouvent admirablement des exercices spéciaux, au point que quelques-uns semblent presque guéris sous l’influence de la discipline respiratoire.

Pseudo-hypertrophiô du cœur de croissance. — Les travaux de Potain et Vaquez ont montré que ce syndrome clinique était dû à la disproportion entre le cœur de volume normal et le thorax anormalement étroit; c‘est le développement du thorax par son fonctionnement régulier, par la gymnastique respiratoire, qui constitue le traitement logique de cette maladie de croissance. J’ai constaté plus d’une fois une amélioration considérable des phénomènes morbides, des palpitations, de la dyspnée, surtout dans les cas où la raideur juvénile ne venait pas apporter un obstacle sérieux au traitement.

Porteurs de corsets orthopédiques. — Ils ne peuvent se passer de la gymnastique respiratoire, c’est ce qu’on oublie malheureusement trop; un corset n’est admissible que si ses mauvais effets, au point de vue de l’insuffisance respiratoire, sont réparés par des exercices appropriés. J’ai maintes fois mesuré des enfants qui portent un

(1) RosENTpA|., médicale, 1907, i}® 64,

M. NAGEOTTE. — laNÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE.

corset (rallitiide en coutil baleiné, plein devant, muni de bandes élastifpies destinées à permettre l’expansion respiratoire; mais la respiration ne lutte pas contre les élastiques, Vamplitude maximale axillaire et xiphoïdienne descend à un centimètre et au-dessous. Les enfants (pii sortent d’un corset jilàtré inamovible sont dans le même état avec un demi-centimètre à 1 centimètre d’amplitude; quand ils ont porté des corsets |>endant jdusieurs mois, il faut d’autres mois pour leuri-endre 3 à 4 centimètres d'amplitude. Tous ces enfants respirent à l’aide du dia[)ln*ajj;me, juste assez })oui’ vivre. Même chez les enfants pourvus d’un corset ortbopédiipie à tuteurs, laissant la poitrine complètement libi'iq l’immobilisation du dos, les plaques de pression latérales tendent à diminuer l’amplitude respiratoire. Aussibit qu’on néglige de s’occujier (te leur respiration, on voit des enfants de douze à cpiinze ans se réduire à une excursion de 2 à 3 centimètres, tandis (pi’il faut (pi’ils tm aient 5 à 0. L’iist là une (juestion capitale; c'est [M)ur cela (pi’il faut êti‘(* avares de corsets inamovibles, surtout dans les villes, où le peu d'aii- (pie l’enfant prend est vicié, ('/est [)oiir cela aussi (pi’iin corset amovible, même lorsqu’il laisse la poitrine sans compression directe, n’est inotfensif au point de vue de la santé générale (pie s’il est (uilevé régulièrement pour permettre les exercices respii’atoires ; on verra, en persévérant ainsi, la respiralion se maintenir pendant des années à une amplitude de 4 à 6 centimètres, dans les cas fréqiienls où il n’est pas possible de redresser un enfant sans corset.

Malformations du thorax. — Pour les sujets dont la poitrine est déformée, il n’y a pas de ([iieslion plus importante (pie celle de la respiration; etle est toujours et forcément défectueuse, (^u’il s’agisse du mal de Pott et de la scoliose grave, ou bien des déformations rachitiques aux([uelles on prête troj) |)eu d’attention, à ce point de vue spécial : la poitrine de poulet, le thorax aplati et infundibuliforme, le thorax ceinturé au niveau de l’appendice xiplioïde. C’est de très bonne heure, aus.sit(jt que les enfants commencent à comprendre, à dix-huit mois, deux ans, qu’il fauts’occuper de l’éducation respiratoire dans ces cas. Tous les enfants ont la respiration diaphragmatique dominante, ce qui est physiologique ; mais si l’on attend, chez les difformes, que la respiration costale s’établisse naturellement, il sera trop tard. On ai*i ive fort bien à ses lins, à condition qu’une personne de l’entourage de l’enfant soit patiente et fasse elle-même les mouvements respiratoires en même temps que l’enfant; on se fait facilement imiter, « singer » par les petits. Chez des enfants ainsi exercés dès le premier âge, je ne vois pas se développer ces thorax informes, bilobés, dans lesquels le sternum est

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