‹ KinésithérapieChapitre 136 sur 198 · TRAITEMENT PAR LES EXERCICES RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR LES EXERCICES RESPIRATOIRES

presque au contact du rachis, les fausses côtes retroussées, supportées par un abdomen énorme. Le thorax rachitique, sur lequel on voit l’amorce de ces. déforrhations, est mobile et malléable chez le jeune enfant et j’ai maintenant la conviction, basée sur l’expérience, qu’on peut l’empêcher de se déformer si gravement, sinon arriver à lui ■donner une. conformation normale; loin d’être une déformation fatale à laquelle il faut se résigner, elle doit être traitée avec énergie et persévérance par la gymnastique générale et, dès le début, par la gymnastique respiratoire (1).

Chez les sujets irrémédiablement déformés, on obtiendra le plus de mobilité possible et la meilleure aération pulmonaire en exerçant les muscles auxiliaires de la respiration.

Traitement par les exercices respiratoires.

La première chose à enseigner est la respiration nasale. L’inspiration et l’expiration seront faites par le nez, d’une façon lente, continue et complète. L’inspiration nasale est toujours possible, même quand le nez est étroit, ou quand il y a un peu de coryza; mais dans ces conditions L’expiration peut être pénible, demandant un effort, amenant une certaine congestion, pour le moins inutile. Dans ces cas on exigera l’inspiration nasale, l’expiration se fera par la bouche. Quand il s’agit d’enfants, on est amené à procéder de même au début parce que, l’expiration étant aussi silencieuse que l’inspiration, on ne se rend pas compte de la quantité d’air prise par l’enfant et il ne s’en rend pas compte par lui-même ; l’expiration sonore est d’un grand secours paurrenfant même ; il est ensuite très facile de faire faire les deuxdemps par le nez, ce qui est seul normal.

L’inspiration doit être lente ; quand on fait une inspiration brusque, les ailes du nez sont aspirées et les narines rétrécies s’opposent à l’entrée libre de l’air, tandis que dans l’inspiration lente les narines se dilatent; l’expiration sera naturelle, sans effort au début, forcée ensuite afin de chasser le plus d’air possible, d’aérer le poumon plus profondément, pour ainsi dire; beaucoup de gens ont une expiration insuffisante.

. La respiration doit être complète, mettant en mouvement les côtes ^supérieures et inférieures, les muscles du thorax et le diaphragme; mais quand tous ces modes respiratoires se produisent simultanément, l’excursion ne peut atteindre son maximum nulle part: ce serait anatomiquement impossible. Aussi, pour développer l’amplitude

(1) M. Nageoïte, Archives des maladies des enfants, juillet 1908.

M. NAGEOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPIRATOIRE,

insuffisante, faut-il dissocier les types respiratoires, apprendre au sujet à se servir à volonté de ses cotes supérieures ou inférieures, de la respiration diaphragniatique costale et abdominale; on exercera surtout le type respiratoire qui est particulièrement insuflisant chez chaque sujet donné. (Vest ainsi qu’on arrive le plus sûrement et le plus rapidement à la respiration totale la plus ample. Cette dissociation est utile encore [larce ([lU' dans les diverses attitudes du corps et dans diverses circonstances, tous les modes respiratoires ne sont pas |)ossibles ; ainsi au cours de la ^u’ossesse la dyspnée est extrême chez les fiunmes qui ont la ipspiralion abdominale prépondérante avec un tlioiax insuffisant id raide; il en est de même communément chez les hommes hydro|)iques. Par conti*e, les femmes qui ne savent respirer (pie par leurs cotes supérieures et possèdent un dia- |)hraome insuffisant suffo([uenl au moindre point de C(Ué ; elles ne sont pas capaliles (fun effort physicpie, d’un travail manuel, qui gêne la resj)iration thoracicpie, les muscles des membres supérieurs prenant jioint d’ajipui sur le thorax dans ce cas.

Les exercices resj>iratoires [leuvent être faits seuls, soit dans le décuhitus, soit dans la station assise, le tronc et les membres restant au repos. C’est ce qu’il faut faire (juand on veut éviter toute fatigue, tout essoufflement, foule « soif d’air ». toute congestion du poumon; c’est donc ainsi que l’on procédera dans le traitement des affections pulmonaires aiguës, dans la tuberculose encore en évolution, chez un certain nombre (fasthmati({ues, au début des exercices chez tous les sujets affaiblis.

ÎMais en deliors de ces confre-indications, la gymnastique respiratoire sera associée à la gymnasti(|ue rationnelle des membres et du tronc; (juand la respiration est insuffisante, les muscles du cou, du thorax, du ventre le sont aussi , il y a de la lordose, de la cyphose, un gros ventre et on ne peut arriver au développement respiratoire autrement que par l’intermédiaire du développement musculaire et de la correction de l’attitude. La « soif d’air » est ici un stimulant jmissant et indispensable de la respiration; l'effort musculaire la provoque, tant chimiquement que mécaniquement, en gênant l’expansion thoracique pendant qu’il se produit. Dans ces conditions, les inspirations profondes, alternant avec des mouvements musculaires, se succèdent un grand nombre de fois, sans fatigue, naturellement, sans provoquer les phénomènes d’hyperoxygénation, qui ne sont utiles à aucun point de vue ; quand au contraire la respiration profonde est pratiquée seule, au repos, on ne peut faire que deux ou trois inspirations profondes consécutives ; les suivantes deviennent de plus' en plus superficielles, ce qu’il est facile de ponslater au nièlie

Page 1