EXERCICES RESPIRATOIRES BANS LE DÊCUBITUS
et l’effort respiratoire amène quelques légers vertiges, de la griserie d’oxygène, car la respiration profonde n’est plus alors un besoin, mais du luxe, une chose artificielle.
Un certain nombre de mouvements favorisent directement soit l’inspiration, tels les mouvements d’abduction et d’élévation des bras, soit l’expiration, tels les mouvements de flexion des membres inférieurs et du tronc ; on les associera donc à ces temps respiratoires au lieu de placer la respiration dans l’intervalle de repos entre deux mouvements.
Enfin, chez les sujets raides^ chez les enfants faibles, chez ceux qui comprennent mal, chez les difformes, la respiration artificielle sera souvent utile, ou même indispensable.
Exercices respiratoires dans le décubitus. — Respiration diaphragmatique. — C’est le premier exercice respiratoire à enseigner ; voici comment il se pratique en Suède d’après la description de Desfosses et Santos (1) : « Les mains seront placées en arrière de la tête, de telle façon que les extrémités des doigts se touchent à peine au niveau de la nuque ; la main sera en extension sur l’avant-bras, les coudes reposeront sur le plan de la table ; les jambes seront allongées, les talons joints, les pointes des pieds écartées à 45°. Le médecin, debout près de l’enfant, lui explique, lui montre en quoi consiste ]a respiration nasale, puis lui ordonne d’exécuter cinq ou six respirations, l’inspiration et l’expiration se faisant par le nez. Les parois abdominales doivent se soulever d’une manière synchrone à chaque dilatation inspiratrice du thorax et se creuser lors de l’expiration ; le médecin l’expliquera avec soin à son patient. 11 réglera le rythme respiratoire en levant la main pendant l’inspiration, en l’abaissant pendant l’expiration; ces mouvements doivent être assez lents. Ces mouvements de respiration dans la position dorsale devront être exécutés cinq fois au début, puis on augmentera progressivement jusqu’à quinze ou vingt fois. »
Respiration accompagnée de mouvements passifs. — 1. Le sujet étant dans le décubitus dorsal, les mains d’un aide attirent les épaules en haut pendant l’inspiration (fig. 265) et les abaissent au maximum pendant l’expiration (fig. 266) pour amplifier les mouvements des côtes supérieures ; il y a allongement du diamètre vertical du thorax.
2. Laisser le thorax libre pendant l’inspiration profonde et aider à l’expiration en appuyant la paume des mains sur les régions sousclaviculaires et thoracique antérieure (fig. 267 et 268).
(1) Desfosses et Santos, Presse méd., 1905, n» 69, p. 645, Physiothérapie. III.
402 î\î NAGËOTTE. — KINÉSITHÉRAPIE RESPlRATOKlÉ.
Fig. 26"). ■ — inspiration jicndant que les épaules sont entraînées en haut. Poitrine bombée.
Fig. 266. — Expiration pendant (jue les mains repoussent les épaules au inaxinuim.
Poiti ine affaissée.
Fig. 267. — Kespiration costale supérieure; les mains attendent la fin de l'inspiration
sans appuyer.
Fig. 268. — Fxpiration correspondant à l’inspiration de la ligure 267 ; les mains ont suivi cette expiration et restent appuyées sur la poitrine un moment.
EXERCICES respiratoires DANS LE DÉCUBITU^. 403
iOA- M. MAGÈOTTE. — ÎQNÈSITHÈRAPÎE RESPIRATOIRE.
3. Pendant rexpiratioii appuyer latéralement sur les fausses côtes à l’aide des deux mains qui einl)passent la partie intérieure et latérale du thorax. L’expiration ainsi rendue très complète est toujours suivie d’une très profonde ins])iration. C’est le procédé le meilleur pour arriver à mobiliser le tlioiax des adolescents atteints de raideur (tig. 269 et 270).
( tuand il s’agit d'un thorax en entonnoir avec fausses côtes retrous-
fv. O
sées, on se trouvera souvent bien de l’api)lication d’une large ceinture sur la région des fausses côtes tandis (ju’on exerce la rcsi)i ration su})érieiii‘e.
4. Inspiration, les genoux étant tléchis et h's pieds jiar terre; expiration, pendant qu’on tléchil h‘s genoux sur la jioilrine (tig. 220). Dans ces conditions on obtient une respiration diaptiragmaticiuc-abdominale ample.
O. KeSPIRATION avec PREItoMlNANCE UNILATERALE I '-Ic Sujet SC lliet (lanS la jiosition de la ligm*(' 22 1- (le côlé à dévidopper élani libre) landis (jue la main du médecin n‘in[)lace celle de l’enfant, en comjnimant le côté concave diirani l’iiisjiiralion.
6. Decuritus ventral: insjiiralion profombî; jiendanl l’ex|)iration, on appuie sur le dos et sur la région lombaire à l’aide di‘s deux mains afin d’a[)laliren (|uel(jue sorte bî tronc contre, le [)lan résistant, line inspiration très profonde suil celle exjdralion el la respiration est dans celle position très com[)lèle, contrairement à ce que l’on pourrait croire apriorr, il est vrai d’ajouler (|ue cela ne dure paset (|u’au bout de trois ou (jualre fois b‘s respirations devimimmt de plus en plus superficielles.
Respiration accompagnée de mouvements actifs. — Exercices dans le décubitus dorsal. — l. Tour de rras : in.spiration pendant l’ascension des bras; expiration pendantla descente (tig. 217). L’inspiration commence au début assez jirès de la fin du mouvement, quand les bras ont dépassé le niveau des épaules, plus lard elle commence de plus en plus bas, enfin elle débute dès le départ des bras.
2. Un seul rras fera ce mouvement quand on voudra favoriser la respiration de son côlé.
3. Ecartement des rras dans un plan jierpendiculaire au corps (fig. 238) pendant l’inspiration ; rapprochement pendant l’expiration et la flexion des bras ; le mouvement se fait en ([uatre temps : a) dresser les bras verticalement; b) écarter jusqu'à terre ; c) revenir à la verticale ; d) croiser sur la poitrine.
4. Lever et araisser les épaules, comme tig. 263 et 266, mais volontairement, pendant les deux temps de la resjiiration.
5. S’asseoir les jamres tendues et faire une inspiration, se coucher
Exercices respiratoires dans la station assise. 405
sur les jambes pendant l’expiration (fig. 209) ; ces attitudes favorisent l’action costale du diaphragme.
Fig. 269. — 'Inspiration avec élargissement delà base du thorax ; respiration
diaphragmatique-costale.
Fig. 270. — Expiration avec compression latérale des côtes inférieures.
Exercices dans la station assise . — 1. Appuyer l’occiput contre la main du médecin, qui résiste légèrement au mouvement d’exten-
M. NAGEOTTÈ. — KINÊSITHlîlRAPIE RESPIRATOIRE.
sion forcée de la tête, et faire une inspiration profonde pendant ce mouvement; l’expiration accompagne la flexion de la têt(‘.
2. Redresser LA TKTr sans la résistance d'un aide, allonger le cou en se rengorgeant pendant l’inspiration, relâcher le cou pendant l’expiration. L’action des scalènes sur les premières côtes est ainsi très puissante, et l’exercice s’adresse plus particulièrement aux sommets des poumons, comme l’exercice })i*écédent.
3. Mouvements des bras en avant en quatre temps : 1) Lever les coudes pliés jusqu’au niveau des épaules dans le j)lan du coi*ps — inspiration; 2) ra[)pi‘oclier les coudes devant la poitrine — expiration ; 3) revenii' dans le plan du coi |)s — ins))iration ; 4) abaisser les coudes — exi)iration.
4. Mouvements des bras en arrièbe en quatre temps : L’exercice est semblable au. précédent, mais les coudes sont portés en arrièi-e dans le deuxième temps; il l'aut poui* cela que h‘ sujet soit assis sur une chaise à dossi(‘i* étroit ;tig. 231), le médecin étant deri ière la chaise.
O. Les coudes })liés sont j)oi lés du plan horizontal jus([u’au voisinage de la tête pendant l'inspiration, abaissés pendant l’expii-ation.
Tous ces exei’cices, faits au délrul avec le secours du méd(‘cin, sont plus tard exécutés ]>ar le patient lui-même.
Dans la station assise on fera de plus tous les exercices qui ont été faits dans le décubilus dorsal.
Exercices dans la station debout. — 1. Redressement du tronc, position de « tixe ». Le sujet se tient le jrlus di‘oit])ossible, les épaules eflacées, le ventre rentré et la tête haute; celte jrosition est pénible pour les enfants atteints de loialoseetde cyphose, ils n’arrivent même pas du tout à la prendre correctement et les etfoids qu’ils font exagèrent la loi'dose ; dans ces cas on ne fera pas d’exercices respir atoires debout avantd’avoir corr igé la loralose par d’autres exer’cices appr opriés. Dans la position de « flxe » le sujet exécute de profondes et lentes respirations; la colonne vertébr’ale étant r-edressée, la poitrine est élargie, les côtes ont leurs mouvements libres et le diaphr’agrne agit puissamment sur les côtes en prenant point d'ap[>ui sur les viscères qui setr’ouAent Axés par la tension des muscles de l’abdomen.
2. ExERcrcE DE RESiuRATtON cosTAt.E sui^ÉRrEUBE, analoguc à celui que l’on fait dans la station assise : les mains jointes derrière la nuque, le sujet r^edresse la tête et allonge le cou pendant l’inspiration et baisse la tête pendant l’expiration.
3. RESPrRATiON AVEC MOUVEMENTS DES BRAS : tt) Touv de Imifi décrât dans le décubitus dorsal.
b) Tour de bras avec élévation sur les pointes; les br^as rnonterrl audevant du tronc, les mains au contact par les jrouces, celte ascension