MANŒUVRES DE MASSAGE
onctueux, comme l’huile ou la vaseline, sont peu employés à cause des inconvénients qu’ils occasionnent ; les poudres et surtout les poudres minérales, comme le talc de Venise, donnent, au contraire, toute satistaction. L’amidon, la fécule glissent mal, et, comme poudres 'végétales, se putréfient facilement. La poudre de talc est une poudre minérale, puisqu’elle est un silico-aluminate de magnésie ; elle se conserve longtemps propre et, formant sur la main un très mince enduit nacré très brillant, émaillé, lui donne un contact des plus doux et des plus réguliers. 11 est inutile d’y joindre quelque poudre odorante ; celle-ci nuirait à la principale qualité de finesse du talc.
Les lotions savonneuses sont parfois employées ; mais si elles peuvent rendre de grands services, les premiers jours, dans des régions qui nécessitent de grands soins de propreté (pieds, région crurale supérieure, etc.), mieux vaut ne pas en abuser, car l’évaporation de l’èau refroidit le membre et l’impressionne de façon désagréable et nuisible à la sédation des fibres musculaires lisses ou striées.
De nombreux appareils sont décrits dans divers traités de massage: il serait déjà long de les énumérer, à plus forte raison de les décrire. Je le ferais toutefois s’il existait quelque avantage à leur emploi. Ballons, rouleaux, percuteurs mécaniques ou électriques ne peuvent remplacer la main du masseur.
Massage et électricité. — Je ne sais, si quelque jour, la collaboration de la Massothérapie et de l’Électrotbérapie donnera quelque satisfaction. Pour l’instant je peux affirmer que toutes nos tentatives d’union de ces deux procédés de traitement, qui ont fait leurs preuves séparément dans leurs applications respectives, ne sont guère encourageantes : Massage et Électricité ne gagnent pas à être employés simultanément.
Nous savons aujourd’hui que tout médicament, tout procédé thérapeutique agit moins efficacement après une application de quelque durée; donc, nos deux méthodes se nuisant dans un emploi simultané, on est en droit d’attendre d’heureux effets de leur application alternative. Par exemple, je crois qu’on peut espérer une amélioration plus rapide d’une atrophie musculaire, si, la soignant pendant une quinzaine de jours par le massage, onia soumet ensuite autant de temps à l’influence d’un courant galvanique.
Manœuvres de Massage. — 11 semble que la pratique des empiriques ne présentait que données impeccables, lorsqu’on considère la quantité considérable des manœuvres qui leur furent empruntées et décrites par les divers auteurs comme devant être utilisées suivant leur indication particulière. 11 en était un certain nombre de bien inutiles, défectueuses même, qui n’avaient de raison que dans le
DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION
besoin d’étonner l’assistance. Quelques-unes étaient employées avec une certaine grâce extéiM eu re qui jouait son i*ôle suggestif sur le système nerveux du patient, mais ne pouvaient avoir d’effet curateur sérieux.
Et encore je laisse de côté toutes ces croix et signes que les charlatans dessinaient du doigt sur la région malade. Si le traitement mobilisateur a emprunté aux anciens masseurs une partie de leurs manœuvres, c’est que certains d’entre eux, laborieux observateurs, avaient obtenu, après sélection de ces innombrables procédés, une pratique assez heureuse pour guérir ou, tout au moins, améliorer quelques-uns de leurs malades : il y avait bien quelque chose, mais tout n’était pas à copier.
Négligeons doncce luxe de positions des mains ; rejetons comme indignes de nous celles qui ont des intentions suggestives, et ne pratiquons que les manœuvres qui présentent les qualités les plus nécessaires à notre but : préparer les tissus à la mobilisation et à la rééducation.
Le patient pourrait nous renseigner sur la façon la plus agréable de placer la main pour obtenir le soulagement de sa douleur; mais la physiologie nous vient aussi en aide. C’est ainsi que nous avons reconnu que les contacts étendus de la main du masseur sont préférables à l’attouchement de l’extrémité du doigtt Conclusion : la pression est une bonne manoîuvre, la percussion est à rejeter, et, d’après cette première indication, nous pouvons déjà constater que la pression, pouvant s’exécuter avec des variantes nombreuses, suftit à elle seule pour fournir toutes les excitations que réclament les nombreuses indications de la massothérapie.
Pression (Contact, Effleurage, Pressions légères, moyennes,
fortes). — Elle est variable dans son intensité; ainsi le simple contact delà paume sur une zone contracturée suffit pour calmer le muscle (tig. 1). Vient ensuite la pression légèi’e qui va de la simple caresse ou eftleurage à la pression à peine plus accentuée, car il n’y a pas encoi’e de dépression des téguments. Puis la ])eau est légèrement déprimée et on ai rive à la pression de moyenne intensité ; la paume de la main ou les doigts agissent à travers les téguments sur les muscles su[)erliciels. IXotre pression forte ferait sourire ceux qui usent de violence: car notre maximum ne doit jamais être douloureux [)our le malade. Gliampionnière insiste sur ce point qu’il ne faut ])as dépasser la douleur.
Les manœuvres (jue nous conseillons commencent à se généraliser en Erance, au point de faire ([ualilier de française cette méthode de douceur, contrairement aux passes violentes ([u’on em])loie à l’étranger. Dans une classilication de Colombo, ne classe- t-on pas les coups de poing ?Ces[)i‘ati(|uesbi utales correspondenl àce pi’éjugé (lui terro-
PRESSION (CONTACTS, EFFLEURAGE).
rise certains malades que nous devons soigner : ils attendent avec anxiété leur première séance ; pourront-ils supporter les mallaxations dont on leur a parlé? 11 est même des blessés courageux qui renseignent mal sur les pressions sensibles et disent triomphalement à la fin de la première séance qu’ils ont souffert, mais qu’ils ont enduré la douleur, sous le prétexte erroné de la nécessité de ce mal.
Les pressions agissent sur des régions de surface variable par leur étendue, leur forme, etc. ; aussi se modifient-elles suivant les cas.
Sur une surface plane (région dorso-lombaire), la paume de la main s’étale facilement, sur une surface arrondie, la face palmaire se creuse en gouttière de forme longitudinale ou latérale suivant la commodité du masseur (épaule). Aux membres, la face palmaire des doigts, réunis ou isolés, est plutôt employée, mais toujours notre main ou nos doigts doivent offrir la surface la plus étendue. Aussi l’application des deux mains est-elle plus agréable au massé, surtout si elles se suivent dans leur pression réciproque et si l’une maintient le contact pendant que l’autre fait son échappée, afin de reprendre derrière elle.
Certains praticiens emploient l’extrémité de la pulpe digitale en tenant les doigls perpendiculairement à la surface massée; pour peu qu’ils dépriment les téguments, ils exécutent un massage pénible, douloureux même, qui laisse névralgie et contracture après la séance. Cette observation suffirait pour condamner la percussion et le hachage, comme de mauvaises manœuvres.
Physiothérapie. III.
Fig. 1. — Pression par contact de toutel a main.
La main, disposée en gouttière longitudinale, prend avec le corps charnu du biceps les rapports les plu étendus, exécutant ainsi soit des pressions de simple contact, soit des pressions légères ; elle se moule sur le muscle fusiforme, l'index et le médius bien placés pour suivre le tendon dans la coulisse bicipitale.
DAGRON
MASSAGE ET MOBILISATION
En thèse généi-ale, les pressions sont dirigées de la périphérie vers le centre, dans le sens de la circulalion veineuse qu'elles aident mécaniquement, mais suivant certaines l’égions, certains effets à obtenir, il peut y avoir quehjues variantes à la dii*ection de la pression manuelle ; nous l'indiquerons ultérieurement.
Nous ne voulons pas quittei* cette question de l'intensité des pressions sans faire remarquer que le massage, agissant dans un but de régularisation, obtient à la fois des effets de modération et d’accéléj’ation, soit dans la circulation, soit dans les résultats de la nutrition, soit dans les phénomènes locomoteurs recherchés. Or il semble ([ue les manœuvres très légères soient plutôt modératrices et calmantes et les ])ressions plus fortes tonicjues et revivifiantes. L’effleurage est anestiiésique ; le simple contact obtient la sédation des contractures.
Autres manœuvres. — Quoique le pincement entre le pouce el les doigts, ou entre les doigts et la paume ne soit qu’une variété de pression, nous préféronsen parleràpart, sonaction esttoujours mécanique et son but est plutôt destructeur que réparateur. Le pincement est une sorte de variété d’une dernière manœuvre que nous décrirons, la malaxation. Celte pratique qui consistait à pétrir, pour ainsi dire, les tissus, avait pour but de varier leurs formes. On comprend que les muscles, le tissu cellulaire, au besoin les cartilages soient modifiés par des pressions violentes fréquemment répétées à la même place, mais il est [»lus difficile d’admetlre que les malaxations varient les formes du squelette. Toutefois dans l’enfance le tissu osseux n’a pas encore donné son dernier effort; la chondrine, abondante aux extrémités épiphysaires, permet de modifier la forme des articulations et de changer les aspects plastiques d’une région. Les auteurs des traités d’orthopédie la conseillent encore pour les pieds bols.
Malgré la foi’ce qu’il faut quelquefois déployer pour obtenir un léger changement dans les malformations congénitales du tarse, la violence esta bannir ; on peut en appuyant progressivement, en maintenant quehjues secondes une pression moyenne,, gagner davantage et plus sûrement (ju’iui exerçantdes secousses brutales qui déchirent les tissus au lieu de les assouplir; cette maiKcuvre de rupture aura exclusivement son indication dans le massage du tissu adipeux.
Dans ces dernières années, la malaxation, les pressions fortes ont été employées encore dans un but d’évacuation de certaines poebes abcédées ou kystiques ; faction est encore essentiellement mécanique ; on aainsi proj)osé de vider les abcès de la prostate ou péri-urétraux, à travers le rectum.
Vibration. — Nous avons pris, comme point de départ des