VIBRATION
variétés de pressions, le simple contact de la main appliquée sur les téguments du membre massé. Si nous soulevons la main pour répéter ce contact, la pression nouvelle multiplie son effet, et si cette alternative est répétée fréquemment et avec douceur, il y aura une impression de sédation sur les tissus influencés; en revanche, cette répétition du contact, exécutée avec violence par la main, a un effet contraire; la peau se congestionne, comme sous l’influence d’un traumatisme, le muscle se contracte et même se contracture si la violence augmente. 11 s’agit alors de vibration, et plus particulièrement de vibration manuelle.
Des vibrateurs ont été inventés ; ils sont nombreux, mus par des mouvements d’horlogerie ou par l’électricité ; tous sont défectueux, parce qu’ils agissent avec trop de violence. La main ne peut encore être remplacée ; elle est parfois au-dessous de sa tâche, parce qu’elle se lasse vite de cette vibration, mais l’habitude donne une endurance qui est bientôt suffisante pour obtenir les effets recherchés.
Manœuvres correspondant à chaque tissu. — Les pressions varient encore suivant le tissu auquel elles s’adressent, le muscle n’est pas massé comme la diaphyse d’un os long, la peau ne réclame pas des soins aussi attentifs que le système veineux.
Peau. — En dehors de notre action sur les tissus profonds à travers les téguments protecteurs, nous pouvons chercher à agir spécialement sur la peau, dans des éruptions d’acné, par exemple, dans des couperoses de la face, etc.
La main aurait en ce cas un réel avantage; car les yeux peuvent la conduire avec sécurité et exactitude sur les régions de la peau intéressées, mais il est rare que les manœuvres réclament quelque précision ; ce sont, au contraire, des opérations qui rappellent plutôt la friction. Aussi emploie-t-on la paume de la main, en lui faisant exécuter des mouvements dits de meule, qui consistent à appuyer surtout le talon postérieur de la paume, comme pour écraser ou broyer (fig. 2).
Autrefois l’absorption cutanée d’un médicament, le mercure par exemple, était facilitée par les frictions répétées avec intention, pour détruire les cellules épidermiques protectrices. La pression en meule trouve son indication dans les régions à surface à peu près plane et de grande étendue, comme à la région fessière, aux lombes, au thorax.
Tissu cellulo-graisseux. — Le massage de la partie profonde du derme ne trouve d’application que dans les cas d’obésité ; les pressions n’ont d’action que pour comprimer les lobes adipeux du tissu cellulaire sous-cutané, les rompre même. Il ne s’agit donc pas encore
DAGROy.
MASSAGE ET MOBILISATION
d(* ])i’ossioiis douces, lé^u'-res, dont le l)utesl de ivveilhu- les i-éflexes nulrilifs; celles-ci pouironl aussi être surajoutées. Mais au début la main a^ira toujours mécaniquement en comj)rimant entre le pouce et les (loijj^ts, eu ))inçant, pour ainsi dire', la [)artie profonde du «terme. Comme la manœuvre consiste à ouviir les envelo[)pes celluleuses des vésicules gi’aisseuses, ])Oiu‘ que riiuile élaborée par les cellules
soit versée dans le tissu cellulaire qui la résorbera par voie lymphatique, il peut se produire des ruptures des vaisseaux aux([uels sont suspendus ces lobules et qui parfois acquièrent une importance particulière (artères graisseuses; ; d’où présence d’ecchymoses le lendemain de quelques séances, mais elles ne sauraient être causes de modilications dans la technique.
Lorsque sont terminés les ])incements de la face profonde du derme, et plus particulièrement du derme des régions qui lixent volontiers de la graisse dans les cellules du tissu conjonctif (abdomen, cuisses, etc.) une manœuvre complémentaire aide la résorption des liquides gras qui sont éj)auchés dans le tissu conjonctif lâche voisin. La main est tixt'e solidement, ])ar toute sa surface, ou la plus grande surface possible, sur les téguments et c’est alors la peau elle-même «lu jiatient qui exécute des ])ressions très modérées sui’ les plans i)lus pmfonds, mouveinenls de meule dont l’étendue est en ra])port avec la souplesse du tissu sous-jacent, r/est ce niéme [)rincipe d(‘ massage (]ui |)ermet d'obtenir la mobilisation de la peau sur les plans profonds, quand il y a adhérence du derme aux aponévroses, ou même à l’os, dans les cicatrices consécutives aux fistules par exemple; celles-ci sont déprimées, irrégulièr(‘s, et en mobilisant la peau, les téguments gagnent au point de
La région palmaire e.xéciite des mouvements circulaires ou spiioïdes, en ap|)uyant avec une inlensilé moyenne sur la région à masseï’, en général assez étendue ; tantôt ce sont de vastes surfaces muscidaires (grand dorsal, deltoïde, etc.), tantôt la main masse ainsi les téguments de toute une région et souvent d'épais pannicLiles adipeux (région fessière). En ce dernier cas, la peau du masseur et celle du patient sont intimement unies et c’est la face ])rofonde du derme massé qui agit sur les plans sous-jacents.