MASSAGE DE L’INTESTIN
Leur action locale, cela est facile à comprendre, se manifeste surtout sur les muscles de la paroi abdominale, mais aussi, directement et par action réflexe, sur les mouvements péristaltiques et antipéristaltiques de l’intestin, mouvements très nettement visibles chez les sujets maigres.
Leur action physiologique générale est diamétralement opposée à celle du massage profond par foulements, pressions et pétrissages. Il accélère le pouls et augmente momentanément la pression artérielle.
Les vibrations profondes diffèrent des vibrations superficielles en ce qu’elles s’accompagnent d’un mouvement de feulement, d’une pression plus ou moins forte de la région abdominale en contact avec la main. Cette manœuvre n’est autre qu’un tremblement plus ou moins rapide communiqué par le bras et l’épaule à la paume de la main ou à l’extrémité des doigts servant de conducteurs. Une excellente manœuvre consiste, lorsqu’on veut faire participer aux bénéfices du massage ie diaphragme et les organes placés sous sa voûte, à faire faire au malade de fortes inspirations etdes expirations prolongées, les mains du médecin étant posées à plat sur le creux épigastrique. Elles suivent les mouvements d’expansion et de dépression de la paroi, et font pendant ce temps-là des vibrations aussi rapides que possible.
On a préconisé pour ce genre de massage d’ingénieux instruments appelés vibrateurs. Ils sont commodes, utiles même dans certains cas, mais, à mon avis et au dire des malades, ne peuvent remplacer les vibrations manuelles, plus souples, plus douces, plus intelligentes.
L’action physiologique des vibrations profondes est une action sédative. Elle tend à abaisser la pression artérielle et à diminuer le nombre des pulsations chez les tachycardiques.
La durée d’un massage abdominal totalne doit pas excéder cinq à six minutes chez les sujets faibles, quinze à vingt chez un sujet encore solide.
Massage de l’intestin.
Le massage de l’intestin grêle ne présente rien de spécial à signaler. Ce n’est autre chose que ce que je viens de décrire en parlant du massage total du ventre.
Quant au massage du gros intestin^ qu’il s’agisse de constipation ou de diarrhée, voici quelles sont les manœuvres que je préconise :
Me plaçant à droite du malade, je commence par le massage de rS iliaque que je fais de haut en bas à l’aide de la main droite, pendant que la main gauche, fortement appuyée sur le côté droit
P. CAÜTIW. — klNÉSlTllÉllAPlE ABDOMINALE.
de l’abdomen, immobilise en la refoulant vers la gauche du malade, la région intestinale que je masse. Ce massagerse compose de pressions, de roulements, de secousses imj>rimées à l’intestin par l’extrémité des doigts qui descendent du coude gauche du colon, sur le trajet de l’S iliaque, et a poui“l)ut de déj)lacer les gaz et les matières contenues dans celte j)artie de l’intestin, en les dirigeant vers le rectum. * î
Puis je passe au massage du c;ecum et du côlon transverse. Chez
■Umljcs. Têle.
Fig. — Fiilpcr-inassagc du cæcum.
la plupart des dyspei)tiques, en dehors même des malades atteints de diarrhée chronique ou de constipation avec ou sans entérite muco-memhi*aneuse, le ciecum est douloureux à la pression. Aussi doit-on commencer doucement le massage de celte i*égion délicate par une sorte de palper à l’aide de l’extrémité des doigts et du bord cubital de la main (fig. 28;1); on sent alors des matières dui'e.s, cause de la douleur, et, plus particulièrement chez les dian‘héi(|ues, un bruit de gargouillement dû à la présence de gaz et de liquide dans une poche atone. Il faut joindre à ce palper (|ueh|ues vibrations dont l’etfet anesthésicjue ne tarde ]>as à se jiroduire. Puis on passe à des manœuvres plus profondes et {)lus énergiques, soit a\ec l’exlié-
Jambes. Tète.
Fig. 286, — Massage du côlon transverse de droite à gauche. Mouvement de reptation
avec l’extrémité des doigts.
Tète.
Fig. 287. — Massage de l’angle droit du côlon
Jambes.
F. CAUTRU. — KlNÉSITHÉRAPli: ABDOMINALE.
mité des doigts réunis en cône et animés d’un double mouvement de roulement et de rotation, soit avec les poings fermés que l’on enfonce doucement l'un après l’autre, en suivant pas à pas tout le trajet du gros intestin, du cul-de-sac caecal à l’S iliaque (tig. 286).
Le Ü'’ Berne conseille de masser le fond de la vésicule biliaire à l’aide de pressions douces ([ui auront j)Our but l’excrétion de la bile dans l’intestin.
Les angles droit et gauche du côlon échappent à nos manœuvres. Pour essayer de les atteindi e, je place les mains comme si je voulais rechercher un rein llotlant et j’im[)rime aux deux mains ainsi placées, l’ime en avant, au niveau du liane, l’autre en ai’iière, un (mouvement de rotation et de vibi-ation (jui pénètre jusqu’à la région cachée sous les côles, pivs du foie à droite, de la rate à gauche (tig. 287).
On peut aussi faire sur tout hî traj(d du gros intestin, des hachures, des tapotages plus ou moins profonds (|ui ont j)lus spécialement poui“ but d’exciter la coni raclilité musculaire de la [)aroi et de l’intestin, les manœimes précédemment déci’ites, foulement, pétrissage, etc., s’adressant surtout à la circulation pi ofonde des vaisseaux de l’abdomen et à la marche des malières el des gaz vers le rectum, les vibrations à l’élémenl nerveux el musculaire égahnnent.
Massage de l’estomac.
Lorscpie dans le massage abdominal on \isera plus spécialement l'estomac, il suffira de se rendie conq)te de l’etfet que l’on veut obtenir. On se rap[)ellera (pie le massage superficiel calmant, décrit ci-dessus, agit dans les gastralgies d’origine nerveuse, les contractures du pylore, les crises gastriques symptomatiques, les sensations de brûlure, de pesanteur, de gonflements pénibles accompagnant les digestions, ([u’on peut faire ce massage dans tous les types chimiques, avant ou a|)rès les repas, etcpi’il n’a aucune contre-indication. 11 se compose, je le répète, d’un efllcurage léger, de vibrations sujierticielles du creux épigastrirpie, de frictions douces de toute la région de l’estomac, même sur les côles et les fausses côtes au niveau de l’espace de Traube.
Cette friction de la peau amène assez rapidement une sensation de détente nerveuse, de chaleur agréable, et la douleur ne tarde pas à disparaître.
Le massage superficiel excitant, fait au niveau de la région gastrique sous forme de ta{)otements légers, de hachni-es, elc., pourrait être appelé « apéritif» ou « digestif», selon qu'on le juatirpie avant ou après les repas.