DYSPEPSIES GASTRIQUES
En face d’un type chimique bien établi, quelle est la conduite à tenir au point de vue du massage abdominal ?
La formule est bien simple. Chaque fois que le rapport entre le chiffre de l’acide chlorhydrique libre et celui du chlore combiné organique est de 4 et au-dessus, il faut masser. On se rappelle que dans la méthode d’analyse de Win ter, le chiffre de l’acide chlorhydrique libre est de 44 (44 milligrammes d’flCl pour 100 centimètres cubes de liquide) et celui du chlore combiné organique de 170. Eh bien, chaque fois que le rapport de ces deux valeurs n’est plus celui de 1 à 4, le massage donne d’excellents résultats si le rapport est supérieur. Il est à surveiller, quelquefois à éviter, si ce rapport leur est inférieur, parce qu’alors il s’agit d’hyperchlorhydrie relative ou absolue, et que, seul, le massage doux et calmant en cas de douleur, le massage évacuateur en cas de grande dilatation sont à employer. Quand le rapport li : C est très supérieur à la normale etque la valeur C dépasse 170, on se trouve en présence d’une variété de dyspepsie, la forme chloro-organique d’Hayem (gastrite parenchymateuse).
Cette forme, niée par beaucoup d’auteurs, me semble cependant avoir une importance capitale (1). Elle est liée, au moins dans ses premières phases, à une congestion plus ou moins intense de la muqueuse gastrique, ce qui explique les bons effets que le massage produit très rapidement chez elle, par son action régulatrice de la circulation abdominale.
Donc, dans Yhypochlorhydrie, avec ou sans hyperpepsie chloroorganique, le massage est indiqué. Pour les manœuvres à employer, il faudra s’inspirer des différents cas et choisir entre le massage superficiel et le massage profond les mouvements les plus aptes à remplir l’indication basée sur les symptômes fonctionnels.
Dans la forme grave de l’hypopepsie, dans l'apepsie, le chimisme stomacal est caractérisé par une absence, la plupart du temps complète, de l’acide chlorhydrique libre, une notable diminution de l’acidité totale (le chiffre normal est de 190, chez l’apeptique il tombe au-dessous de 100); tous les autres chiffres suivent la même tendance à la disparition.
Souvent le travail stomacal est nul et les aliments passent rapidement dans l’intestin si bien qu’au bout d’une heure après le repas d’épreuve, il est déjà impossible de retirer du suc gastrique. Au point de vue du massage, il faut être prudent en face d’un cas d’apepsie et considérer quelle peut en être la cause. Je crois qu’oq pourrait admettre 3 cas principaux :
(1) Bourcai^t et CaütRP) gendre. Paris, Alcan, II® vol,, pages 109 et suivantes,
F. CAUTRU. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.
Vapepsie nerveme se voif cliez les neurasthéniques épuisés et les hystériques dont le chimisme est dévié et l•evient quelquefois rapidement à son type primitif (jui est souvent riiyperchlorhydrie. Le massage employé seul serait plus nuisible (ju’utile, pai- la fatigue qu’il cause à cette catégorie de malades. Si on juge bon de l’employer, il faut absolument le combiner au repos absolu et dans certains cas à l’isolement. Naturellement, chez les hystériques, il faudra surveiller le chimisme de temps en t(‘mps, atin de cesser le massage au cas où riiypercblorbydrie aurait re|)aru.
L'apepsie tabagique bénéticie du massage (jui ramène la sécrétion glandulaire stomacale endormie et troim* encore son indication dans l’hypertension dont les malades sont la pliij)ait du temps atteints. Elle s’acconij)agne souvent de fausse angine de poitrine, symplôme contre le(piel le massage abdominal agit m(*rveilleus(‘ment. ,1’en ai rapporté un grand n(>mbre d’exenqdes dans un travail antérieur.
L'apepsie par atropine glandulaire j)eut accompagner un cancer.
Alors dans le chimisme la valeur a
est très supérieure à
la normale; on trouve souvent la réaction lactique, et, parfois, les symptômes généraux aident à faire le diagnostic ou au moins à le soupçonner. Alors le massage est contre-indiqué.
(Juand l’atrophie est l’aboutissant d’une gastrite (alcoolisme, tuberculose, dernière phase de la gastrite |)arenchymateuse, gastrite sim|)le chez les béi'édilaii’cs, gastiite inédicamenteuse, etc.), le massage |>eut rendre de giands services, mais là aussi il faut le combiner au repos du malade et sui tout au régime sévère. Sachez aussi (pi’il n’agira qu’à la longue (d que le chimisme, s’il s’améliore, ne revient jamais à l’état normal. L’action du massage se porte alors surtout sur les éléments musculaire et nei veux, sur l’intestin dont les fonctions ti'oublées (diarrhée le plus souvent) se rétablissent, et le malade obtient du traitement une survie plus ou moins longue.
Quand on se trouve en face d’une analyse qui révèle une hyperchlorhydrie bien nette, doit-on niasser l’abdomen ?
S’il y a douleur, on peut toujours faire du massage calmant su- ])erficiel.
Quant au massage profond, il est absolument contre-indiqué dans l’hyperchlorhydrie des nerveux qui sont la j)lupart du temps des excités cérébraux, des sujets maigres qui dépensent au-dessus de leurs forces et ne sont justiciables que d’un traitement général ; le mal est aux centres nerveux, il n’est pas à l’estomac.
Au contraire, si l’hyperchlorhydi'ie se l’encontre chez des sujets congestifs, dont la circulation abdoininale se fait mal, des plétho-