CONSTIPATION
lalion abdominale en améliorant les phénomènes d’osmose et de sécrétion, par action générale en facilitant la diurèse et l’élimination des toxines vaso-constrictives. Chez les constipés atoniqües, il faudra distinguer ceux qui rentrent dans la catégorie précédente, et les nerveux, les neurasthéniques déprimés. Chez ces derniers, en général des hypotendus, il faudra être prudent, faire des massages doux et courts, laisser reposer le malade après les séances et le mettre, s’il le tant, complètement au lit pour quelque temps. Alors seulement on obtiendra de bons résultats. Chez les spasmodiques^ le massage sera sédatif. On emploiera de préférence les vibrations, puis les feulements doux et profonds.
Les résultats sont extrêmement variables. Dans certains cas ils étonnent par leur rapidité, et j’ai vu des malades, constipés depuis un certain nombre d’années, avoir des selles régulières après 5 ou 6 massages, quelquefois après un seul. Le plus souvent il faut plusieurs séries de 15 à 20 massages, séparées par un intervalle égal dé repos; pour obtenir un effet durable. Dans certains cas, lé résultat ne peut être obtenu que par la combinaison d’autres agents physiques;
1 électricité par exemple, ou par l’emploi d’eaux minérales telles que Chàtel-Guyon, Brides, Miers, etc.
Le massage n agit pas seulement sur le gros intestin dans la constipation. 11 agit aussi en facilitant la digestion duodénale (sécrétine et suc intestinal) sur le pancréas, sur l’excrétion biliaire, et réduit les ptoses en améliorant la sangle abdominale. Par les mouvements de gymnastique qu il est toujours bon d’y associer, les muscles pelviens, lombaires, tous ceux en un mot qui président à la défécation, retrouvent leur énergie et concourent pour leur part au résultat demandé. Le massage, fait pendant quelque temps avant une de ces cures d’eau, en facilite beaucoup les effets, ainsi que je l’ai souvent observé.
Enfin il ne faudra pas oublier de soigner la cause en mêmé temps que 1 effet, et on devra s’occuper de la gastropathie ou de la maladie générale dont la constipation n’est qu’une conséquence, si on veut obtenir les effets complets du massage.
Diarrhées chroniques. — Dans les diarrhées chroniques, les résultats sont souvent rapides et surprenants. 11 agit surtout dans les diarrhées d’origine gastrique en améliorant la première digestion. Cette variété est assez fréquente. Si, en eflet, l’hypochlorhydrie et l’hyperpepsie chloro-organique (Hàyem) s’accompagnent plutôt de constipation, l’hyperchlorhydrie et l’apepsie, souvent méconnues 1 ailleurs (dyspepsies latentes), se compliquent souvent de diarrhée, causée par deux mécanismes différents. Dans V hyperchlorhydrie, le Physiothérapie. III. 28
F. CAUTRU. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.
chyme passe dans riiilestin, surchargé d’acide irritaid qui augmente les sécrétions, mais, surtout dans l’iiyperpepsie générale, de fermentations acides secondaires, (lui, amènent des diarrhées fétides d’infection. Ces derniers cas l)énélicient particulièrement du massage abdominal. 11 s’agit alors, comme je l’ai dit plus haut, de pléthoriques (arthritiques congestifs). Le massage décongestionne les organes du ventre, acliève la digestion gastri(jue, fait disparaître la distension si fré(|uente après les repas, les fei’inentations secondaires et établit une diurèse de dérivation. Dans Capepsie, dont nous avons vu plus haut les variétés, les aliments passent rapidement dans l’intestin où ils ari'ivent mal digérés, et, si le foie et le j)ancréas ne sont pas en état de rem[)lacer par leurs sucs le suc gastri([ue absent ou insuflisant, les débris alimentaires font l’etfet d’un corps étranger et sont ex[)ulsés pou de tenq)s ap«*ès les repas. Le massage régulariseia le chimisme stomacal, ainsi que je l’ai prouvé par l’e.xamen du suc gastri(|ue avant et après le traitement (1), activera les séci’étions biliaire et |)anciéati(iue (jui compléteront et l•emplaceront môme (juelquefois la digestion gasti*i(ine insuffisante. •
En outre des diarrhées d’origine gastri(]U(', le massage améliore aussi les diari hées des consti])és, celles (pii sont dues à l’insuffisance hépatiipie, par atonie ou ]>ar congestion, les diarrhées des cardiaques, en activant la circulation et diminuant leur pléthore abdominale.
Entérites muco-membraneuses. — Dans certaines entérites muco-membraneuses chroni(jues, le massage pourra être employé avec succès jiourvu (jue l’on choisisse les cas favorables et (jue l’on soit prudent. Si l’entéi’ite est d’origine nerveuse pure avec ou sans hyperchlorhydrie, il vaut mieux s’abstenir, quoique j’aie \u certains malades très soulagés par des vibrations légères, superficielles et assez prolongées, vibrations sédatives qui agissent sur le système nerveux des plexus abdominaux et, par leur intermédiaire, sur le système nerveux central. xMais ces vibrations ne sont pas du massage tel qu’on le compiend généralement. Elles agissent comme un courant galvani([ue faible.
Si l’entérite est (lue à une constipation chronique, il suffira de faire disparaître la cause, en employant, au début, des manipulations douces qui n’occasionnent aucune réaction inflammatoiie.
Quelquefois les fausses membranes sont la conséquence d’une acholie plus ou moins complète, précédée ou non d’ictèreet (jue le massage vaincra rapidement. Les vibrations fortes sur la région hépatique aideront l’action du massage abdominal.
(1) CA.UTKÜ, Traitement de la diarrhée chronique {Société de thérapeutique, 20 mars 1902).
— Bourcart etCAUTRu, Le ventre,}.. II, l’aris, Alcan.