ENTÉRITE MUCO-MEMBRANEUSE
Mais il est une autre forme d’entérite muco-membraneuse qui me paraît des plus intéressantes au point de vue qui nous occupe, car Je traitement massothérapique fait merveille. Les malades qui en sont atteints appartiennent le plus souvent à la branche « congestive » de cette grande diathèse appelée « arthritisme ». Ils ont des troubles circulatoires abdominaux, des phénomènes congestifs à distance. Leur entérite est la conséquence d’un trouble vaso-moteur intestinal avec irritation de la muqueuse, causée soit par l’abus de purgatifs, de grands lavages caustiques, d’une lithiase intestinale, d’une infection chronique des voies digestives avec ou sans troubles de la sécrétion biliaire, avec ou sans hyperacidité du chyme, etc. On retrouve dans les antécédents personnels de ces malades : des migraines, des névralgies diverses, des hémorragies (métrorragies, hémorroïdes), des congestions à bascule, quelques malades voyant alterner leur entérite avec de la métrite membraneuse ou non, des poussées hémorroïdaires, même des phénomènes rhino-pharyngés, les voyant disparaître dans certains cas pendant leurs règles, etc. 11 se passe au niveau de la muqueuse intestinale ce qui se passe au niveau de toutes les muqueuses, celle de l’estomac en particulier. En effet, ces malades sont pour la plupart atteints de dyspepsie chloro-organique (gastrite parenchymateuse d’Hayem) dans laquelle, au point de vue circulatoire abdominal, se voient des troubles profonds des phénomènes osmotiques (Winter). La congestion de la muqueuse gastrique est encore prouvée par ce fait que si on lave l’estomac de ces malades on retire des quantités de glaires en telle abondance et si épaisses qu’elles bouchent le tube et rendent l’opération souvent difficile. La muqueuse de l’appendice participe souvent à cette congestion soit primitivement, soit par propagation de l’inflammation plus ou moins septique du cæcum, donnant lieu à ces appendicites rarement aiguës, le plus souvent chroniques et sans fièvre qui alternent avec des congestions ovariennes, qui se calment après la saignée mensuelle chez la femme et que j’appelle « appendicites médicales » par opposition aux « appendicites chirurgicales» aiguës, suppurées d’emblée, gangréneuses. Les premières, qu’il est quelquefois prudent d’opérer lorsqu’elles résistent au traitement médical et altèrent la santé générale du malade, peuvent, dans un grand nombre de cas, guérir par le régime et l’hygiène, les secondes sont toujours tributaires du bistouri.
Le massage donne dans cette forme d’entérite d’excellents résultats, mais il faut être prudent dans la manœuvre opératoire, surtout lorsque la région cæcale est douloureuse, et elle l’est souvent, puisque j’ai remarqué que chez 50 p. 100 des constipés et des dyspeptiques
F. CAUTRU. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.
cette région est douloureuse à la pression, qu’il y ait ou non des glaires dans les selles.
11 ne faudra faire sui‘ la région cæcale et appendiculaire que des vibrations, des })alpations légèi*es, sui’veiller la l’éaction au massage, calmer une inflammation possible par des applications ti*ès chaudes et le repos au lit. J’ai l’habitude de faii*e précéder la cure de massage d’un régime spécial dont sont exclues les causes d’infection habituelle du tube digestif, et de le nettoyer au maximum.
Dyspepsie gastro-intestinale congestive. — C’est dans cette variété de dyspepsie gastro-intestinale congestive « glaireuse » que le chirurgien, lorsqu'il a cru devoii* débariasser le malade de son ap|)endice congestionné, n’obtient j)as loujours par la suite un résultat aussi brillant (pi’il l’espérait. dangei- a disparu, mais la cause persiste. L’entérite continue et le malade digère souvent aussi mai après (pi’aNant l’oiiération si le médecin ne continue pas le traitement commencé. 11 faul, en outre du légime, faire du massage ([ue l’on poiu’ia commencer trois semaines environ après ro[»ération. J'ai déjà émis ces idées dans une communication à la Société de thérapeuti(jue où les 1)'** r>ouloumié, au point de vue de ma conception de la diathèse congestive, et lîardet, en ce (jui concerne le massage dans les dyspe[)sies de cet ordre avec ou sans « appendicite médicale ont pi is la [)arole et ont été de mon avis. J’ai repris cette question au Congrès de Physiothérapie de Itome en citant quelques exemples des plus typicjues que Je vais rappeler ici en quelques lignes.
Cne de mes malades, jeune tille de vingt-quati e ans, (jue je vis en janvier 1902, avait le chimisme suivant i (lysj)epsie chloro-organique) :
A = 199 — 11= 15 — C = 17.0 — H -f C= 190— T =517 — F = 127 — a = 105 — — = 2,50 (Winter, 16 janvier 1902) ,
avec des crises gastri(jues tei i ibles, de l’entérite membraneuse, le cæcum et l'appendice douloureux. En deux mois de massages, tout disparut. En 1903, elle eut une hypertrophie congestive du foie avec ictère léger ; le massage la guérit encore ; six mois après, série iVangines, puis phlébite de la jambe gauche qui guéi’it à Bagnoles. De temps en temps, nouvelles poussées d’entérite. Le point douloureux appendiculaire reparaît; en févi-ier 1904, ablation de l’appendice que l'on trouva congestionné, adhérent au cæcum. La malade eut une guéi’ison apparente. Quelques ci ises de dyspepsie gastrointestinale reparurent. Le traitement en a eu raison. Aujourd’hui elle est atteinte d’énoi’mes vai ices.