DYSPEPSIE GASTRO-INTESTINALE CONGESTIVE
En voici une autre : 11 s’agit d’une dame de quarante et un ans qui a eu la fièvre typhoïde à dix-huit ans, fut curettée pour métrite hémorragique à trente-cinq ans, fut sujette à partir de ce moment à des alternatives de constipation et de diarrhée, eut une grippe infectieuse en 1900, de l’entérite muco-membraneuse ensuite, de Vappendicite trois mois après, fut opérée en avril 1902, et que je vis en novembre 1903 en proie à une entérite muco-membraneuse chronique, avec des digestions lentes et pénibles, des nausées et des indigestions fréquentes; elle n’allait à la selle que grâce à des lavages quotidiens. Son chimisme gastrique était celui de la dyspepsie congestive (chloro-organique d’Hayem) :
a = 100 — - = 2,18 (Winter, 18 novembre 1903).
Je lui fis quelques lavages d’estomac qui ramenèrent des glaires abondantes, et des massages abdominaux par séries de 8 à 10; j’obtins rapidement un excellent résultat : disparition des mucomembranes, de la constipation et des nausées. La malade, que je n’ai pas soignée d’ailleurs depuis juin dernier, est aujourd’hui complètement guérie.
Une troisième malade, jeune fille de vingt-deux ans, sujette aux migraines, atteinte de dyspepsie congestive (G — 250 — T = 400) subit successivement une ablation de tumeurs adénoïdes, une dilatation anale pour hémorroïdes, enfin une appendicectomie, le tout accompagné, par crises, d’entérite membraneuse. Quatre cures à Châtel-Guyon, les massages, l’avaient tour à tour beaucoup améliorée. Elle conservait une douleur cæcale qui augmentait pendant les périodes de constipation ; V ablation de son appendice (\m fut trouvé congestionné, adhérent en tire-bouchon autour du cæcum et qu’il fallut sculpter en quelque sorte, amena une grande amélioration. 11 fallut à plusieurs reprises recourir au massage pour obtenir la guérison.
Je viens d’observer encore une malade atteinte de la même dyspepsie. il s’agit d’une femme de trente-cinq ans, ayant eu, vers l’âge de quinze ans de la chlorose avec crises gastriques (Hayeni a bien insisté sur la fréquence, chez les chlorotiques, de la dyspepsie, avec, dans le chimisme, élévation de la valeur G, chlore combiné organique). A vingt ans, elle eut des hémorroïdes. Mariée à vingtquatre ans, elle eut plusieurs grossesses compliquées de varices énormes, de la dysménorrhée membraneuse avec métrite hémorragique et rétroversion qui nécessitèrent un curettage. Ayant depuis
F. CAUTRU. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.
l’âge (le vingt-huit ans des digestions juniibles avec anorexie, nausées, gaz et hallonnenients, aigreurs ajiivs les repas, on trouve il y à cinq ans, une grande dilatation d’estomac; les selles sont par périodes rem})lies de glaires et de pseudo-membranes, il y a alternatives de constipation et de diarrhées fétides, le c;ecum devient douloureux, puis la région de rap|)(‘ndice, la malade maigrit ; on attribue le mauvais état général à d(* raj)pendicile chroni(jue et on ro[)t‘re en octobre 1900. L’a|)pendice est cong(‘slionné, il y a une ulcération de la muqueuse et le microscope ré\td(î (pie l’opération était pleinement justifiée. I.,es suites en furent exc(dl(mt(*s. Mais lespliénomimes dysj)epti(ju(‘s persist(*rent, la malade n’engraissant pas malgré h^ régime et le r(q)os. Je la vis pour la premiiu e fois en févi’ier 1907 ; je trouvai uu estomac très distendu ; le gros intestin était douloui'eux sur tout son parcours, surtout aux angles droit et gauche; la constipation opiniâtre, et h‘s s(dh‘s glaireuses. L’analyse du suc gastriipie nous donna les i‘ésultats suivants :
A = 291 — HCl = 37 — G = 220 — T = 438 — F = 173 — a = 112 —
P 2,30 (Winter, 14 léviior 1907).
L’élévation d(i la valeur L (chlori; combiné organi({U(q, 220 au lieu de 170, indi(jue la vai iété |de la dys])(q)si(* ; l’élévation (h; la valeur T (chlore total) 438, au lieu de 321, iudiipie une forte congestion de la miKpieuse gaslricpie.
Je fis six lavages de l’estomac qui ramenèrent tellement de glaires que je dus plusieuis fois retirer le tuhe liouché et lecommencer l’opération.
Les massages furent faits en même temps et continués pendant six semaines, d’abord tous les deux jours, puis tous les jours. L’appétit reparut, les selles redevinrent normales, sans glaires et le poids augmenta progressivement, la malade i-eprit son activité et sa gaîté perdues. Après un repos de traitement je recommen(;ai en maijuin quelques lavages et massages qui amenèi-ent la guérison de la malade, en même temps que celle-ci regagnait 3 kilogrammes.
Je ne saurais trop le répéter en terminant, celte dyspepsie n’est qu’une manifestation locale d’une diathèse générale à tendance congestive, manifestation déterminée et fixée, évidemment, soit par une hygiène alimentaire défectueuse, soit par l’abus de médicaments irritants pour la muqueuse gastrique.
Le D*' Bourcart (de Genève) a publié un travail très documenté (1)
(1) Bourcart, Revue Médicale de la Suisse Romande^ (décembre 1904 et octobre 1906.