AFFECTIONS HÉPATIQUES
sur le « Massage vibratoire manuel dans les appendicites » et où il conclut que les vibrations bien 'appliquées peuvent, dans certains cas, raccourcir la période d’attente avant l’opération, abaisser rapidement la température en facilitant' l’élimina-tion' des toxines produites par des microbes anaérobies qui meurent dans un sang mieux oxygéné, remonter 'l’état général du sujet et quelquefois rendre inutile bopération (1). '
11 faut rapprocher ces idées jeunes encore et peu admises, de celles de Stapfer qui a déjà préconisé les vibrations dans certaines affections pelviennes, graves, fébriles et jusqu’alors justiciables uniquemen t de la chirurgie. Le défi porté par lui à un de nos grands maîtres de la gynécologie Française est encore présent à la mémoire de ceux qui s’intéressent à ces questions kinésithérapiques.
Entre les mains prudentes, exercées, habiles de ses auteurs, la méthode semble incontestablement avoir donné de bons résultats, mais la difficulté du diagnostic, la grave responsabilité d’une intervention intempestive rendraient les manœuvres dangereuses entre des mains inexpérimentées.
Affections hépatiques.
Par son action puissante sur la circulation, le massage abdominal est souvent indiqué dans la plupart des affections hépatiques caractérisées par la congestion de cet organe, de capacité vasculaire si grande.
La grosse indication est la congestion du foie :
Elle est fréquente chez les dyseptiques. Boix, dans sa thèse, rapporte que sur 652 gros foies, 240 coïncidaient avec de la dilatation d’estomac, 69 avec des troubles dyspeptiques, selon l’observation faite par Bouchard.
Nous avions déjà signalé en 1897, au Congrès de Moscou, les heureux effets du massage abdominal sur l’hypertrophie congestive du foie (2), et cité le cas d’un banquier venu en France, de Constantinople, soigner une dyspepsie gastro-intestinale avec poussée d’ictère. Son foie débordait de 10 centimètres. En vingt massages il redevint normal.
Dans un autre cas, en 12 séances, un foie débordant de 5 centimètres revint à son volume primitif. Le teint jaune terreux de la malade disparut en même temps éf les selles décolorées reprenaient leur teinte olive. “ . - -
(1) Cautru et Bourcart, Le Ventre, t. II, Estomac et intestin, Alcan.;
(2) Congrès de Moscou, 1897.
44G F. CAUTRU. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.
L’aciioiî du massage serait, d’après de Frumerie (l), une action sur la cellule hépatique dont ractivité se réveillerait. ■ Cette hypothèse serait vériliée par la inodilication des urines qui reprennent un type nm-mal et l’amélioration de l’état général, que l’auteur a constatée chez les malades du sei'vice du professeur Gilbert.
Nous croyons plutôt, avec Dagron, à une action sur la circulation, par les vaso-moteurs, dont le résultat linal est un meilleur fonctionnement de la cellule hépali(|ue, dont la nutrition et l’activité dépendent évidemment <les qualités et de la quantité du sang en cii’culation dans le foie.
Cette action sur la circulation est démontrée nettement par les accidents même ((u’elle peut ])rovo(pier.
On voit, en elfet, (luehpiefois, dans les congestions passives par stase veineuse, se produire de l’asystolie par dilatation du cœur droit.
La grande capacité vasculaii-e du foie e.\pli({ue en effet comment cet organe sert de dérivation à une circulation générale paresseuse, et laisse le sang s’accumuler dans ses vaisseaux.
Le massage, en faisant rentrer hi usquement dans la circulation, c’est-à-dire dans le cœur di’oit (jui est tout proche, cette masse de sang, en détei niine la dilatation avec asystolie, lorsque le cœur est déjà touché. De Frumeritî en cite deux cas, et en donne une explication autre (jue la théorie mécani(|ue (jue nous venons d’exposer.
Il 1’ expli(|ue par un réflexe provocpianl un spasme de l’artère ]>ulmonaire, et dont le point (h* départ serait l’excitation des nerfs sensitifs du ventre.
On a encore tenté l’hypothèse suivante. Le massage, en activant la circulation hépati(jue, déverse dans la circulation générale les toxines accumulées dans le foie malade.
Cette dernière hypothèse est passible d’objections; il n’est pas vraisemblable que le foie soit un réservoir à toxines; lorsqu’il est malade, il ne les arrête pas, il ne les brûle pas, il n’est pas certain (|u’il les emmagasine.
Nous nous rangerons donc à la théorie mécanique circulatoire, en admettant c[ue, dans certains cas, le réflexe de l’artère pulmonaire puisse entrer en jeu, et en employant la plus grande douceur pour l’éviter.
Krikortz recommande dans le même but la compression du thorax à la base à latin de l’expiration, c’est-à-dire au moment où l’aspiration thoracique n’agit plus pour piovoquer l’arrivée du sang veineux au cœur droit, et où par conséquent ce dernier craint moins la surcharge.
(1) De FncMEWE, Thèse de Paris, 1901,