AFFECTIONS DIVERSES
Grâce à son action décongestionnante, le massage est vraiment utile dans la cirrhose Mjpertrophique, au début.
Dans la goutte, le massage du foie serait utile en contribuant à la combustion de l’acide urique pourvu qu’il n’y ait pas de sclérose hépatique, celle-ci constituant une contre-indication. J’ai vu en effet un malade dans ces conditions, chez lequel le massage abdominal provoquait de la diarrhée et des épistaxis.
hQ massage de l'appareil biliaire est entrain de conquérir sa place dans la pratique courante : Jusqu’ici le coaieaM calculeuxde la vésicule et les dangers de son expulsion l’avaient fait respecter. Mais cependant le massage en dehors des crises peut, à mon avis, rendre des services.
Salignat (de Vichy) pense avec Krikortz que le massage pendant la crise est capable de favoriser la migration du calcul et de hâter la fin de l’accès, précisément en empêchant le spasme qui produit l’arrêt du calcul biliaire. Par suite, il préviendra l’inflammation, à laquelle est exposé l’appareil biliaire irrité. 11 va sans dire que l’on n’emploiera que le massage doux vibratoire qui est très sédatif.
Chez les enfants de tout âge, les dyspepsies gastro-intestinales avec congestion du foie sont, on le sait, très fréquentes et s’accompagnent souvent de troubles profonds de la nutrition générale. Le massage, en facilitant l’absorption, améliore rapidement ces petits malades, mais il faut savoir que les premiers massages fatiguent quelquefois les enfants et qu’il se produit chez quelques uns, au début du traitement, des phénomènes d’infection générale : poussée de fièvre, herpès, éruptions diverses, etc. dus à l’absorption de toxines depuis longtemps dans l’intestin ; il suffît alors de donner du calomel et de reprendre le traitement après quelques jours de repos. 11 serait même plus prudent de faire cette désinfection avant de commencer le traitement.
La glycosurie alimentaire si fréquente chez les dyspeptiques à foie torpide est, on le comprendra, très heureusement influencée par le massage.
Affections diverses.
Chez un certain nombre d’enfants, de même que chez un grand nombre d’adultes, la dyspepsie chronique se complique encore d'albuminurie intermitlente. Celle-ci, loin d’être une contre-indication au massage, disparaît assez rapidement dans la plupart des cas, en même temps que les phénomènes gastro-intestinaux. Cette albuminurie disparaît- elle pour toujours après la guérison de la dyspepsie? C’est là un point qu’il n’est pas possible d’élucider encore aujourd’hui (1).
(I)Taiamon, Congrès de médecine de Nancy, 1896.
F. CAUTRIJ. — KINÉSITHÉRAPIE ABDOMINALE.
.le ne parlerai [»as ici du massage al)dominal dans les troubles de la ménopause^ dans les affections yynécologiques, dans les cas de rétrocession diflicile de Futéius après les couches, sujets traités de main de maîtres [»ar Stapfer et llourcart. Mais je me permets d'attirer l'attention sur ce fait (\\i'h la suite de l’hystérectomie ou de l'ovariotomie, tes dys|)epsies congestives dont j’ai parlé i)lus haut sont assez frécpienles; ce sont en (piehjue sorte des dyspepsies supplémentaires (pii peuvent s’accompagner d’iiématémèses, de même (pie les congestions passives de la miKpieuse jmlmonaire et de la mu(|ueuse nasale se complicpient d’hémoptysies et d’éjiistaxis dites sujiplémentaiies. La dyspepsie prend le lyjie chtoro-organicpie à moins qu’il n’exish* di*jà une gastrite antéi'iiMire. .l’ai soigné dejmis (pielcpies années un c(‘rlain nombre de ces malades (jui ont toutes bénéficié du massage, ce (pii s’exjdicpie d’ailleurs pai‘ la iTgularisalion apportée* dans la circulation, ainsi epie nous l’avons vu plus haut ; mais, ch(*z (piehpies-iuu's de ces malades, jeunes encore, il m’a fallu, ]u)ur faii’c cesser des crises gastri(pi(*s d’une (*xtrème violence, ou des phénomènes congestifs tro|) jirononcés, joindre au massage l’emploi des sangsues ou même d(* la saignée.
Les migraines d’oi igine abdominale sont fré(juentes et le massage m'a toujours donné d’excellents résultats, ,1’ai |»u guérira la longue par ce traitement trois cas de migraine ophtalmique. Norstrîim a fait un intéressant travail sur ce sujet.
Les effets du massage abdominal sur l’état général se manifestent, en outre (te l’action sur la circulation, par une régularisation du poids du malade. A la suite (tes jiremiers massages, le matade maigrit à cause de la diminution de la graisse de la jiai’oi abdominale et à cause de la diurèse; il reste un certain temps stationnaire, ])uis, après un temjis variant de cimj jours à plusieurs mois, il augmente de poids d’une façon régulière, alors (|ue, l’intestin grêle reprenant ses fonctions, l’absorption se fait mieux. Ses forces reviennent.
Les urines augmentent de quantité (Ij pendant les huit ou dix premiers massages, puis elles deviennent régulièrement normales. En même temps, leur qualité s’améliore jusqu’à devenii* physiologique. J’en ai recueilli un grand nombre d’exenijiles qu’il serait trop long de rapiiorter ici. Ua|»[)elons (ju’en outre de la disjiarition de l’albumine et du sucre dyspej)ti(]ues, on voit des décharges (te cbloruies quel- (juefois extraordinaires.
En effet, chez un cardiaijue a'démateux dont les analys(is furent faites le 14 janvier 1898, avant le traitement ])ai‘ le massage abdo-
(1) Cadtuu, Action diurétique du massage alxlomiiial (Académie de médecine, séance du 10 mai 1898. Rajiport de H. Hlchaud, 12 juillet 1898).