TRAITEMENT DES ADHÉRENCES
règles de l’équilibre abdominal et laisse aux organes la possibilité de leurs fonctions et leur mobilité relative.
Le traitement kinésique des brides et adhérences intrapéritonéales consiste en massage, élongation, décollement et quelquefois rupture] ce traitement se confond avec celui des exsudais qui leur ont donné lieu ; chaque adhérence devra être massée pour son compte.
Les adhérences peuvent se produire en surface, ou en un point localisé, entre deux organes ou avec les parois pelviennes ; elles peuvent être de date récente, peu organisées, ou de date ancienne, contenir même des vaisseaux sanguins.
Le massage des adhérences par friction circulaire est bimanuel et s’exécute d’après les préceptes énoncés plus haut ; comme nous l’avons vu, il y a quelquefois avantage à l’exécuter pendant les règles, pour gagner du temps et profiter de la fluxion qui a lieu à ce moment.
Il faut toujours masser d’abord les extrémités, les « insertions » de l'adhérence, pour arriver peu à peu à son centre.
h' élongation de l’adhérence se fait par des élévations ou des refoulements des organes, nous avons déjà décrit plus haut ces manipulations.
Le décollement se pratique bimanuellement, en saisissant l’adhérence à sa base, entre l’extrémité de l’index interne et des doigts externes, et en exerçant un léger mouvement de levier sur l’extrémité des doigts comme charnière ; il faut décoller, non pas arracher.
On peut aussi décoller un utérus rétroversé, maintenu par des adhérences molles en suivant la même méthode que pour le décollement du placenta, ou procéder comme si le ventre était ouvert, c'est-à-dire en fauchant avec l’extrémité des doigts externes, tout en refoulant l’organe en avant avec l'index interne.
Les adhérences entre deux organes seront détachées de celui qui risque le moins de subir des déchirures, ainsi une adhérence entre le fond utérin et le rectum sera décollée au niveau du fond utérin lui-même.
Le massage peut arriver, en se combinant avec des étirements prudents, à allonger des brides fibreuses en apparence très solides, à les amincir et enfin à les rompre ou les détacher facilement ; toutes ces manœuvres devront être exécutées avec beaucoup de prudence et de circonspection. Lorsqu’une adhérence n’est qu’allongée, la mobilité peut redevenir complète pour l’organe dévié, mais la malade une fois rendue à sa vie ordinaire, les brides, grâce à la rétraction cicatricielle consécutive, reprendront leur ancienne longueur et tout sera à recommencer; dans ces cas, l’intervention opératoire, aussi conservatrice que possible, pourra entrer en jeu.
Borne ART. — KINÉSITHÉRAPIE CtA"NÉCOLOGIQUE.
Les adliérences qui donnent le plus de j)eine au massothrrapeule sont les adhérences en nappe im en surface, ainsi celles situées entre le fond utéi'in et les insertions vaginales postérieures ou entre le fond et l’istlime ; ces deinières amènent des llexions et la formation dans le tissu utérin de ^plis» cicatriciels difficiles à faire dispai‘aîli*e, il faut favoriser leur résor|)lion |»ar un massage direct 1res suivi.
Les adliérences entri* {'ovaire et les parois pelviennes ou le gros intestin se massent par la \o\v recto-abdominale ; pour les adhérences tubaires, les plus grandes j)récautions sont nécessaires afin d’éviter la lupture <le la trom|)e, leur massage ne sera entre[)i*is (ju’à la lin du trait(‘ment, (luand h^s parois al)dominales sei’ont tout àfaitassouplies, mais en généi al l’inbu vention chirurgicale sera alors plutôt indi(juée et ])ourra s’exécuter’ dans de bonnes conditions.
Traitement des affections des trompes et des ovaires.
'l'roiiipes. — Le li aitement des alfections aiguës se combine avec C(‘lui des intiltiations et des exsudais aigus pelviens ; seul le massage vibi'atoire abdominal peut, comme nous l’avons vu, avoir une puissante action sur le développement de l’infection ; action bactéricide (anaérobies détruites pai’ un sang plus oxygéné), excitation pbagocylaii'e, etc., nous n’y l’eviendi’ons pas.
On ])eut (|iielquefois, par- le massage vihiatoiie aj)i)li(jué sur les ti’om[)es, (M'ovoquei’ l’expr ession de leur’contenudanslacavitéutér’ine, mais on comjrrend combien ce point est délicat et cornliien on [>eut s’exposer’ au danger’ de la pénétr’ation du [)us dans la cavité péritonéale ; les manipulations directes ne devront ètr-e ern[)loyées qu’une fois l’utérus r’endu à sa place normale et tout phénomène aigu sujiprimé ; mais dans ces cas encore, l’inter vention opér atoir-e bien pr éparée ser'a plus favor’able ; nous avons cependant pu ar r iver plus d’une fois à vider dans l’utér’us et le vagin des collections tubaires, sérieuses ou purulentes, et à obtenir’ une guérison définitive, suivies même de grossesses normales ; le contenu tubaire se vide du reste quelquefois de lui-mèrne, Lutérus étant r-eplacé et les exsudais para et 2^c'rt-salpingi(iues absorbés.
Ovaires. — Xousavons vu plus haut leselfets du massage direct des ovair’es, dans leur atrophie et dans Vobesite, le massage dans l’ovarite parenchymateuse n’a pas loujour's donné des r’ésultats favor^ables, le traitement doit êtr^e palliatif et agir par ses effets génér’aux sur les tr'oubles réflexes de l’innervation et sur la circulation pelvienne ; cette affection est souvent en l’apport avec la constipation.
Le tr’aiternent des adhérences et de la périovarite appar'tient
TRAITEMENT DES DÊVIATiONS UTÉRiNES. 525
aux chapitres précédents ; il en est de même des cong^estions réflexes de ces organes dues aux affections de l’utérus, la constipation la masturbation, etc. ; nous en avons parlé à propos des troubles de la circulation pelvi-abdominale.
Traitement des affections de la muqueuse et du parenchyme utérin.
Le traitement kinésique peut très bien arriver à guérir une endométrite et faire disparaître une métrite ancienne ou récente, pour les mômes raisons que nous avons déjà mentionnées ; la puissance du massage est bien supérieure à celle de l’emploi des moyens médicaux et même chirurgicaux ; il est fort rare d’être obligé de recourir à un curettage, à des scarifications, à des excisions d’ulcérations du col, tous ces états disparaissent quand leur cause première est supprimée.
Le traitement cherchera à agir principalement sur la circulation abdomino-pelvienne et sera rarement direct, encore moins là q U ailleurs.
Le massage direct agira plutôt sur l’atonie utérine et le manque d’mvolution (suite d’accouchement), en favorisant la régression de l’hypertrophie et de l'hyperplasie des éléments utérins.
Traitement des déviations utérines.
Les différentes manipulations qui vont suivre, ont pour but de ramener l’utérus à sa place normale, c’est-à-dire en légère antéversion, en arrière et un peu au-dessus de la vessie vide ; cela ne veut pas dire que toutes les déviations postérieures ou latérales amènent des phénomènes douloureux ou des troubles dans la génitalité, nous ne reprendrons pas toutes les discussions parues à ce sujet; il est bien des femmes qui ont des déviations et qui n’en souffrent pas, chez d’autres, la rétroversion fait partie de tout le syndrome de l’entéroptose et du déséquilibre abdominal et devra être traitée suivant les idées déjà émises à ce sujet. Le traitement kinésique ne devra pas être acharné, car si celui-ci ne réussit pas au bout d’un temps relativement court, il faudra y renoncer pour ne pas énerver sa malade, et recourir à l’intervention chirurgicale nécessitée par Létat du sujet, et exécutée selon les lois établies par Schultze, sur lesquelles nous ne reviendrons pas.
Les manipulations que Thure-Brandt employait à la réduction des déviations peuvent servir de types généraux de traitement; elles
BOURCART. — KINÉSITHÉRAPIE GYNÉCOLOGIQUE.
s’appliquent aux dilîérents cas (|ui peuvent se présenter ; cependant elles se combinent rapidement entre elles; il faut généralement suivre dans les essais de réduction la méthode la plus simple et arriver par ])rogression à la plus compliquée, si les autres n’ont pas donné de résultats ; le médecin bien au courant de la méthode saura l’ap|»li(]uer comme il convient à cha(pie cas particulier.
Avant de I en ter la rétluction, le ventie doit être en bonnes contlitions, les j)arois abdominales assouplies, l’iitérus être mobile et l éductible, c’est-à-dire les adhéiences l’ompues, ou allongées à l’e.x- Irême et les contractures vaincues, les annexes libérées; en un mol, tout état inllammatoire aigu est une contre-indication aux manœuvres directes.
Le poli du pessaire entre les séances de massage peut être indi- (jué, atin de consei vei’ les positions acipiises.
Déviations postérieures. — 1. — Rédaction dans la station verticale (uni manuelle).
a) Réduction vaginale.
b) Réduction recto-vaginale.