MOBILISATION PASSIVE
La mobilisation passive exclut pour le même motif toute assistance qui mettrait plutôt le malade en défiance, au lieu de l’aider à obtenir le calme de ses muscles. Tous les patients ne savent pas faire le bras mort; quelques jours d’éducation même n’arrivent pas toujours à ce résultat. En ce cas, les membres sont mobilisés passivement avec l’aide (active) du malade.
Sans donner l’explication certaine de la nature de la mobilisation, nous comprenons que l’immobilisation nuise aux qualités du mouvement en s’opposant à la raison d'être de la séreuse. Nous savons qu’en physiologie générale, le mouvement crée des séreuses dans le tissu cellulaire lâche : il est compréhensible que l’absence du mouvement nuise au bon entretien des endothéliums qui élaborent la synovie, et les cellules retournent à leur ancienne destination de cellules du tissu conjonctif. La mobilisation est donc le meilleur excitant de la nutrition du système séreux.
L’action mécanique est utile, mais l’effet biologique est supérieur. L’intervention unique et brutale, sous le chloroforme au besoin, semble avoir plus d’effet sur l’étendue du mouvement, mais elle ne donne pour résultat que douleur, ankylosé et raideur, si on s’en tient à cette première manœuvre.
Un des meilleurs effets mécaniques de la mobilisation passive est le mouvement imprimé à distance et dans la profondeur, dans des régions inaccessibles au doigt qui masse. Ainsi la flexion et l’extension, de chaque segment digital fait glisser les tendons fléchisseurs, et il se produit ainsi un massage profond des plans sur lesquels reposent les groupes tendineux du carpe et de l’avant-bras. La première mobilisation des orteils, dans la phlébite, est suivie d’une diminution de l’œdème; ce résultat ne semble pas en rapport avec les manœuvres bien légères qu’on a exécutées au niveau des orteils.
2° Technique générale. — Si nous considérons une articulation, nous trouvons en général ses muscles moteurs dans le segment de membre qui lui est supérieur, et elle met en mouvement le segment sous-jacent. Ainsi le coude est mû parles muscles du bras, il fait mouvoir l’avant-bras. La situation de repos de la jointure est celle qui résulte du calme musculaire ; mais ce calme musculaire est parfois modifié par l’action de la pesanteur. Ainsi le bras pendant le long du corps suppose le repos des biceps et triceps, et cependant la demi -flexion est plus rationnelle comme position de repos; elle ne donne de sédation au biceps que si l’avant-bras repose sur un meuble.
11 n’y a donc pas qu’une situation de repos ; mais nous pouvons pour chaque articulation considérer une position de repos plus fréquente,
DAGRON. — MASSACxE ET MOBILISATION.
et nous en servii’ comme point dedépai l des mouvements à imprimer.
Une main du masseur s’empare du segment moliilisé, en veillant à ne ])as comprimer d’organes impoi lanls ou sensibles, et en inodiliant fré(iuemment sa prise. L’autre main agit de même audessus de l’article en jeu. 1)(îs mouvements sont imi)rimés régulièrement suivant les dillerents plans perpendiculaiies au centre de la jointure, (’.e détail est ti'ès important, car les articulations (ju’on mobilise ont parfois des mouvements anoi inaux à rectifier et il faut savoir les corriger pour que la musculature soit ])i'ète à mobiliser activement ce ([ue la main mobilisait passivement.
Cba([ue mouvement répété gagne en étendue, mais on ariéte si un muscle s’oppose à la progi’ession, dès que la douleur appai'aît.
Un mouvement abandonné peut être repiis, mais l’avertissement se renouvelant indique la limite actuelle, mieux vaut ne [>as insistei*.
Après chaque mouvement régulier, simple i^tlexion et extension, adduction et abduclion), des mouvements complexes (flexion et adduction) sont exécutés; mais, aulant (jue possible, doit-on concevoir des mouvements complexes usuels, ceux (|ue la musculalure est édu(|uée déjà à répéter facilement (main à la bretelle, c’est-àdire rétropulsion, rotation intei'ne de l’épaule, puis flexion du coude, l’avant-bras en supination).
La mobilisation j)assive est toujours en avance sur la rééducation motrice, aussi a-t-on tout le temps nécessaii'e pour donner à l'article sa souplesse perdue.
Lorsque le massage s’adresse à di‘s muscles conti’acturés, une prati({ue excellente consiste à faire ensemble contact simple ou caresse du corps chai nu et manœuvre de la jointure corres[)ondant à l’action du muscle conlractiné. Pendant (ju’une main fait le massage, l’autre est pi’ète à exécuter le mouvement du muscle. Ainsi agissons-nous par exemple sur la masse des fléchisseurs de l’avant-hras (biceps et bi-achial antérieur); une main prend des conta(!ts, fait des pressions très légères sur le corj)S fusiforme du bice])S, lundis (|ue l’aulre est prèle, apjiuyant déjà légèrement, à étendre l’avanf-bi'as de (|uel([ues degrés. De temps en temps, la main (pii masse agit de même sur l'o|)j)osant (triceps). Lorscpie rextension a })rogressé ([uebpie jieu, il est jH'éférable de céder, et de rester (piel([ues secondes en de(;à delà position ac(piise.
MoliiliHatioii active : Héédiicatioii iniüsciilaii e. — Le massage aide à rcigagner la souplesse de la jointure en débai’rassant les tissus périarticulaires des exsudats ])athologi(pies, en mettant les muscles en état de sédation, c’est-à-dire dans rimpossibilité de nuire aux mameuvres. Mais plus lard les pressions plus actives accélèrent