‹ KinésithérapieChapitre 40 sur 198 · MOBILISATION DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

MOBILISATION DE LA HANCHE

résistance, puis avec opposition. Le malade perfectionne debout flexion et extension par des exercices d’assouplissement avec tous mouvements de la hanche, du pied et du cou-de-pied. Au besoin l’éducation de la marche est jointe à cette partie de la mobilisation.

Hanche.

Cette énarthrose est douée de mouvements très étendus, mais cependant moins étendus qu’à l’épaule ; nous retrouvons encore flexion et extension, adduction, abduction, rotation interne et externe, circumduction, mais la capsule coxo-fémorale limite plus vite tous ces mouvements.

La flexion est la mieux partagée : chez les personnes qui ont conservé leur agilité, la cuisse se met en rapport à quelques degrés près avec l’abdomen, mais la capsule empêche pour ainsi dire l’extension, caria cuisse n’a pas les 45® de rétropulsion observés à l’épaule. C’est que l’extension correspond à la fonction de sustentation qui réclame des mouvements puissants, très limités et facilement limités.

Le grand fessier, le biceps, le demi-tendineux et le demi-membraneux sont les muscles extenseurs ; le psoas iliaque, le droit antérieur du triceps crural sont les fléchisseurs.

L’abduction ne va guère qu’à 50®, mais par l’exercice on arrive à obtenir l'horizontalité ; il est juste de dire que, dans ce grand écart, le poids du corps agit sur la capsule et distend ses fibres internes. L’adduction semble limitée par le membre opposé ; mais si la cuisse est en flexion, on obtient quelques degrés supplémentaires d’adduction par l’action des adducteurs divers (grand, moyen, petit, pectiné, droit interne) (fig. 45). Les abducteurs sont le moyen et le petit fessier.

Dans le mouvement de rotation, la cuisse exécute d’abord un premier mouvement autour d’un axe vertical qui passe par la tête et de plus un mouvement antéro-postérieur qui porte le grand trochanter en avant ou en arrièi e. C’est la disposition de l’extrémité supérieure du fémur qui nécessite ce double mouvement. Le second mouvement est à peine accentué, à cause de la brièveté du col; aussi vaut-il mieux le négliger pratiquement.

Le genou n’ayant aucun mouvement de latéralité, le pied en flexion forcée sur la jambe restant fixé dans la mortaise tibio-péronière, la pointe du pied sert d’index dans le mouvement de rotation de la hanche : on peut ainsi reconnaître que ce mouvement s’étend sur 50® environ. Les muscles pelvi-trochantériens sont les rotateurs de la

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

liaiiche : leur profoudeiir les rend inaccessibles. Les fessiers sont rolateurs dans ceidains mouvements combinés.

Les nei’fs sciati(iue, crural et obturateur sont les agents de la

Fig. -il. — Position tic repos (le la hanclie (station debout).

Fig. il'. — Mouvement de la hanche (propulsion).

l.e centre de gravité passe par le milieu du quadrilatère formé par les deux pieds : les muscles du dos et de la nuque fournissent les mouvements de la colonne vertébrale nécessaires <\ l'équilibre. Ces exercices sont mieux exécutés avec des chaussures k talon de moyenne élévation : ))rati([uemcnt nous recommandons d'employer les chaussures que l'on avait aux ])ieds le jour de raccidcnt.

Ces figures, inspirées du livre de .M. Kicher, sont scientifiquement e.xacles ; on ne peut en effet donner de propulsion physiologique que celle qui dépend de la marche; aussi les doux mouvements de propulsion et de rétropulsion sont-ils pris au moment où ils entrent dans le jeu du pas. La propulsion, même dans la marche, est plus étendue que la rétropulsion. Dans les exercices, on doit obtenir le maximum de flexion de la cuisse sur le bassin.

motililé : Lc.xItMisioii, l'alnluclioii et la rotation on dedans dépendent du ple.Mis lombo-sacré, la llexion, Laddiiction et la rotation en deliors d(‘S nerfs du ple.xus lombaire.

La mobilisalion jiassive de la hanclie est difficile à exécuter chez

mobilisation de la MANCHË.

si

l’adulte à cause du poids du membre mobilisé. Chez les enfants, surtout en bas âge, ces exercices sont pratiques ; plus tard, mieux vaut de suite faire de la mobilisation active.

Fiÿ. 43. — Mouvement de la hanche Fig. 44. — Mouvement de la hanche. Position

(rétropulsion). de repos : station debout (adduction limitée).

Ce mouvement très limité parla tension de Dans les diverses situations de repos de la la capsule, consolidée en avant parle ligament cuisse, l'adduction est limitée par le membre

de Berlin, est plutôt un retour à la position opposé. Cette position de repos est d’ailleurs

d’équilibre; aussi dans la marche, la flexion fatigante, car outre qu’elle demande l’adduc-

du genou compense à ce moment la propulsion tion, c’est-à-dire l’action prolongée des ad-

de l'autre cuisse, afin d’aider à l’équilibre. docteurs, l’équilibre du corps devient plus

Pendant la marche, les membres supérieurs difficile avec le minimum de base de susten-

aident à l’équilibre latéralement, car le bras talion, d’où fatigue de la colonne vertébrale

gauche porte la main en avant alors qu’il y a et de sa musculature. Cette fatigue explique

rétropulsion de la cuisse de ce côté. les positions de garde (escrime, lutte, etc.).

Tous mouvements sont d’abord exécutés dans le décubitus; ensuite dans la station debout ou assise (adduction). Dans le lit, la flexion est exécutée facilement par la flexion du genou et son extension.

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

Dans la flexion, on fait })rendi“e contact de la surface du lit par la plante du |)ied et le genou est mû de dehors en dedans. Ce mouvement impi-ime delà rotation, de l’adduction et de l’abduclion, .Mais

Fig. 45. — Mouvement de la hanche (adduction forcée).

Ce mouvement suppose un peu de propulsion et de rétropulsion pour permettre le croisement des membres. La figure montre l’incurvation correspondante de la colonne vertébrale, ainsi que récartement des bras dans un but d’équilibre.

Fig. 46. — Mouvement de la hanche (abduction).

Oscillation correspondante du corps et des bras. Ce mouvement a une musculature peu jHiissante pour le poids qu’elle actionne ; son rôle consiste surtout à préparer l’adduction dont les muscles sont des corps charnus d’impoi'tance plus grande.

mieux vaut faire exécuter ces mouvements en station debout, avec exercices d’assouplissement.

La mobilisation active est divisée comme toujours en divers exercices réiiétaiit les mouvements passifs, sans résistance, avec opposition, avec mouvements combinés des autres articulations (tig. 41 à 46).

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