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LUXATIONS

Dans les énarthoses, l’entorse est difficilement reconnue sous l’épaisse couche musculaire; la capsule ne saurait être massée avec précision, aussi s’adresse-t-on exclusivement aux muscles moteurs qui sont délivrés de leur contracture et permettent alors la mobilisation régulière de l’épaule ou de la hanche.

L’entorse accompagne souvent les autres traumatismes osseux ou articulaires. Nous avons vu que la fracture du péroné par divulsion était toujours compliquée de lésions ligamenteuses internes, quand il n’y avait pas arrachement de la malléole interne (fracture bimalléolaire) .

Mais il n’est pas de luxation qui ne se produise à la suite d’une entorse plus ou moins grave, et après réduction de la luxation, c’est une entorse qu’il reste à guérir. 11 s’agit alors d’une rupture assez étendue d’une capsule ou de ligaments latéraux. Le traitement ne varie pas; mais cette importante déchirure fibreuse réclame des soins d’une plus longue durée et une rééducation plus suivie.

L’entorse acromio-claviculaire se complique d’une luxation irréductible, une suture est nécessaire ; enfin les entorses des articulations phalangiennes et métacarpo-phalangiennes, quoique de cause souvent minime, sont de cure très délicate, à cause des déformations consécutives et surtout de la difficulté de la rééducation chez certaines personnes goutteuses; le pronostic se trouve alors fort assombri, quand il s’agit d’artistes et surtout d’instrumentistes de talent.

Luxations.

Réduction des luxations ; historique de la question. —

Depuis que la méthode mobilisatrice de Championnière est appliquée dans les traumatismes, l’indication du massage immédiat s’impose de plus en plus. Le massodiagnostic s’explique particulièrement dans ces conditions, car les manœuvres massothérapiques prépareront à la fois diagnostic et traitement, et nous pouvons dire traitement de toute lésion, puisqu’elles agiront heureusement aussi pour aider la réduction des luxations.

Au début de l’application de la méthode, le massage n’intervenait qu’après la réduction, quand il y avait luxation, et même il n’était exécuté que sur des membres qui avaient séjourné pendant une quinzaine de jours dans les appareils d’immobilisation. Son but était de rendre aux muscles amaigris leur vitalité, leur force, aux articulations enraidies la souplesse et toute l’étendue de leurs mou- . vements.

Peu à peu, on mobilisa plus tôt et même on commença le

DAGROX. — MASSAGE ET MOBILISATION

massage le lendemain de la réduction, en mobilisant de suite la jointure, (jui ra})idement retrouvait ses mouvements intégralement .

11 y avait encore mieux à faire : parmi les malades massés sitôt après la réduction, ([uelques-uns retrouvaient aisément tous leurs mouvements, et d’autres soignés dans les mêmes conditions soutfraient longtemj)s de leur jointure, présentaient des conti-actures, et même, après un assez long traitement, on constatait de la faiblesse musculaire et des raideurs articulaires. La raison en était bien simple, et il était facile d’y remédier.

Avant la chloroformisation, tout luxé était soumis à une manœuvre de réduction qui variait peu : le chirurgien, grâce à l’emploi de lacs élastiques, tirait sur le membre blessé lentement, progressivement, les surfaces articulaires étaient ainsi amenées en face l’une de l’autre, en rapport normal, et le membre débarrassé de ses liens était placé dans un appareil qui fixait la jointure réduite dans une position défavorable à la reproduction de la luxation. Cette manœuvre, opérée avec attention, après un traumatisme peu violent, donnait à la longue un assez bon résultat, mais si le chirurgien avait fait des tractions trop brus([ues, si les muscles dont on cherchait à vaincre la résistance avaient soulfert de cette opération, des myosites consécutives occasionnaient des ]>arésies qui étaient accrues encore par l’immobilisation, et l'article perdait ainsi plusieurs de ses mouvements. Le deltoïde était un des muscles le plus souvent dégénérés.

Le chloroforme permit de réduire toute luxation sans résistance de la part des muscles; on fut bien obligé de reconnaîti-e que, dans les luxations, les surfaces articulaires étaient maintenues dans leui's rapports anormaux par les contractui'es des muscles périarticulaires et non pas à cause des apophyses osseuses voisines.

Dès que le blessé entrait en résolution dans le sommeil chloroformique, les muscles reprenaient leur souplesse et les surfaces de l’aidiculation se mettaient de nouveau dans leurs rapports normaux.

Mais il y eut plusieurs accidents de narcose, et les anesthésiques furent rejetés par quehjues chirurgiens qui préférèrent agir vite et ne ]>as faire courir le moindre risque au blessé. Ce fut alors que divers procédés peignirent ces réductions rapides : Kocher, pour l’épaule, avait reconnu que le sous-scapulaire était la cause du maintien de la luxation en avant : il proposa de pratiquer, après abduction forcée du bras avec légère traction, une rotation externe qui forçait le sous-scapulaire à céder.

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