FRACTURES DU PÉRONÉ
savoirexaciementce qui s’y passe et agir en conséquence. Oiie divulsé, comme le bimalléolaire, présente une déformation très accentuée de la région du cou-de-pied, comme nous l’avons vu, et, si on n’intervient pas pour diminuer cette déformation, elle persistera jusqu’à la consolidation et déterminera des troubles de la marche. Et encore nous ne parlons pas des déviations diverses qui se surajoutent à celte déformation de la mortaise.
L’appareil plâtré corrige ces dernières déviations, mais ne peut lutter contre l’écartement malléolaire ; d’ailleurs si on voulait agir par compression, la peau en supporterait mal les effets. Quand on retire l’appareil, on retrouve une articulation trop large a\ec ballottement astragalien et quelquefois même delà luxation du pied.
Chaque jour, après le massage des péroniers latéraux et des muscles de la région postérieure de la jambe, on repousse peu à peu la malléole externe et le pied en dedans ; c’est plutôt la résolution musculaire qui corrige la déformation. La malléole interne se consolide à la place qu’elle doit avoir, tandis que le péroné, elfaçant sa dépression susmalléolaire, ramène son extrémité en adduction. S’il est nécessaire, des tampons d’ouate s’appuyant sur les bords de la gouttière en fil de fer où repose le membre, maintiennent ces réduclions.
Toutes les fractures bi malléolaires ne donnent pas des résultats toujours heureux; la gravité des lésions, l’indocilité du malade, toute complication soudaine sont causes des insuccès, mais la méthode ne saurait être incriminée.
Les descriptions du massage, de la mobilisation, de la rééducation ne doivent pas nous arrêter ; la durée de la consolidation varie de seize à vingt jours pour les arrachements et les diastasis, mais les malades ne seront mis sur pied qu’au vingt-cinquième ou au trentièmejour, en casde divulsion simplesans déformation et au trentième joui‘, quand la bimalléolaire a été la conséquence d’un traumatisme violent. Au début de la marche, on doit bien surveiller si la mortaise se déforme secondairement.
Au cas où il y aurait une consolidation vicieuse avec un écartement des malléoles, l’éducation de la marche est encore indiquée, mais la guérison réclame alors plus de temps et ce n’est que par la sévérité de l’exercice, que le membre ayant perfectionné sa musculature aura retrouvé les éléments nécessaires pour lutter contre la maladresse des mouvements, qui prédispose à des entorses et à des fractures nouvelles.
h AG no N.
MASSA(iE ET M( ) lULlSA'lTON .
Fractures des os du tarse.
Nous r(‘unissons avec inlcntioii ces diverses IVaclures, car (dlt'sonl à peu près le même mécauismi', l(*s mêmes symjtlômos, el le mèiiu'
I railement est indiqué. Longtemj)S méconnues, pai-ce qu'il n'y avait souvent aucun symptôme (pii |)ermît de les diagnostiquer avc'c cer lilude, depuis la découverte des l’ayons elles passent pour relativement l’ré(|uentes, celles du calcanéum principalement.
Ouand elles sont i*econnues (ce (lui est le point le jilus important'), le repos au lit pendant la période de consolidation, le massage, la mohilisatioii du pied et la rééducation de la marche après les vingt ou vingt-cinq jours de travail ])ériostique, conslituent le traitement le plus sinqile et le plus certain.
Nous conseillons de radiogra[)hier les pieds des accidentés du travail, cai‘ des fractures du calcanéum ont été considérées comme des contusions dont les blessés semblaient exagéi’er les sym[)tômes, et réciproquement des tractures méconnues ont laissé dans la région du talon, du cou-de-pied et de la jambe des douleurs conlinues qui ont nécessité un long repos, et alors l'exagération devenait diflicile à établir.
Fractures des métatarsiens et des orteils.
Décelées souvent par les ecchymoses interdigilales et |dantaires, confirmées jiar la radiographie, les fractures du métatarse, n’intéressant qu’un ou plusieurs os, se présentent généralement sans déformation à cause de la fixité des métatarsiens entre eux; les chevauchements sont même sans grande importance. Le traitement est le même (|u’au tarse : le massage et la mobilisation du pied et des orteils sont pratiqués |)endantles trois semaines du travail réparateur : la rééducation de la mai*che suit; quebjuefois le convalescent, r-edoutant (iueh|ue douleur au niveau de son cimiuième métatarsien qui était fracturé, évite de marcher sur- le hoid exiei-ne du pied et prend une démarche vicieuse : il suffit de le bien surveiller-, jiouiévitei- semblable faute. S’il s’agit d’un défaut déjà aiajuis qu'il faut combatti-e, on foi-ce le blessé à appuyer* sur le bor-d (‘xter iie de la |)lante du pied au moyen d’exer*ci(*es d’assoiqrlissement, les jambes cr-oisées en addirction : les deux ]>ieds i-eposimt avec- exagér-ation sur le boi-(l exter-ne et la démai'cluî r-égulièr-e (*st t-apidimuMil r-epr-ise (tig. bl) et ()0).
Nous ne \oyons r-iert (h; particuliei- à indi(|U(M- au sujet desoi-teils : il est inutile de placer aucun appareil inamovible sur- ces pbalanges '
FRACTURES DES MÉTATARSIENS.
qui sont massées et siirloul mobilisées quotidiennement; rappelons
Fig. 59. — Exercices d’assouplissement
(rotation externe et abduction) n“ 1.
Les malades convalescents de fracture ou de toutes lésions du membre inférieur ont une tendance <à mal placer le pied ()Our reposer normalement sur la plante. Un excellent exercice d’assouplissement, pour faire travailler les péroniers latéraux, consiste à faire croiser les jambes du patient et à lui faire conserver le plus possible le contact du sol par toute la l)lante; les pieds sont ensuite écai’tés de plus en plus.
Fig. 60. — Exei’cices d'assouplissement (rotation externe et abduction) n« l’.
De la station debout, le malade passe à la flexion simultanée de toutes les articulations du membre inférieur. Ce mouvement difficile n’a de valeur que si les genoux conservent leur rapport, et si la plante maintient le plus pO'Sible son contact avec le sol. Dansces efforts, les péroniers latéraux et le jamhier antérieur sont exercés dans l’intention de retrouver le plus rapidement rotation externe et abduction.
t|ue si les os se consolident en position vicieuse, ils gênent à ce point la marche que (‘amputation de l’orteil devieiit nécessaire.
DAGRüN. — MASSAGE ET MOBILISATION.
Fractures de la clavicule.
La clavi(*ule, (|ue l’on assimile à iin os lon^, si; l)rise à sa pai lie moyenne, ou à ses e.xlrémités.
La fraclni’e de la i éj,non moyenne est de diagnostic facile, sui'tout (|uandil y a un dé[)la(*ement assez accentué : le sterno-mastoïdien attire en liauL le fragment interne, et le sous-clavier entraîne vers la première côte le fragment e.xterne. Le périoste déchiré rend cette fracture douloureuse, et il en résulte bien tôt des contractures des muscles de ré[)aule i)lus pénibles encore. Lue veinesiiperlicielle ou ])ériostée peut occasionner une ecchymose importante : ([uebpiefois un filet claviculaire du ])lexus cervical, en i*a])port avec le foyer de fracture, rend les douleurs plus violentes encoi*e.
Les deux principaux symi)lomes sont donc la douleur et la déformation, l’impotence résultant de l’impossibilité de mouvoir l’éjiaule sans réveiller les douleurs dues à la contracture ou au cbevaucbement des fragments. 11 y a donc deux indications très nettes au début : atténuer la douleur, réduire la déformation.
La première indication s'obtient assez facilement parle massage des muscles de l’épaule. La réduction est un problème plus difticile.
Il n’est pas de chirurgien qui n’ait [)roposé un ap[)areil j)our les ractures de clavicule : tous avaient pour but d’immobiliseï* les fragments, voire même de les réduire, et comme cette immobilisation est impossible, aucun n’était suffisant. La ctavicule n’a ]>as seulement son rôle dans la fonction de l'elation; elle sert encore de point d’appui à certains muscles inspirateurs. Aussi tout appareil arrive à fixer le bras, mais ne peut s’opposer aux mouvements de la respiration.
Ces divers appareils devenaient donc inutiles, et même nuisibles, piiis(ju'ils ne pouvaient empêcher les fragments de se mouvoir ’un sur l’autre en gratifiant l’épaule de raideurs; et encore nous ne voulons pas en inci iminer (iuel([ues-uns ({ui donnaient des résultats désastreux en exagérant les déformations.
On ])ouvait ainsi déjà constater (|ue la mobilisation n’était }>as conti’aire à la formation dn cal, puisque la consolidation avait lieu en dépit des mouvements : d’ailleurs ne savait-on pas aussi (pie les fractures de côtes se consolident en dix-huit Joiii's, malgi’é les mouvements respiratoires. Et cependant il a fallu ([ue Championnière donnât les résultats de ses expériences pour que le ti’aitement de mobilisation fût ajqiliiiué classiquement dans la fracture declavicule !
Nous l'ejetons absolument la suture osseuse d’emblée : tout la condamne, la position sous-cutanée de l’os, et l’importance plastique de la région. Une cicalrice, (piel([ue régulièi’cî soit-elle, peutadhéi’er