FRACTURES DE L’OMOPLATE
aux plans profonds, devenir cliéloïdienne. Si encore la suture assurait la régularité des fragments! On ne doit rindifjuer qu’après avoir essayé déjà les procédés non sanglants. C'est précisément un des avantages de la massothérapie de donner un cal très régulier, quand on a pris soin de placer l’écharpe de façon rationnelle.
La description des manœuvres ne nous arrêtera pas longtemps : c’est le massage de l’épaule et, en plus, celui de la clavicule qu’on suit à distance, si elle est douloureuse. Les pressions se font d’une extrémité à l’autre de l’os, de dehors en dedans, avec les deux pouces. Il faut surtout s’attacher à bien masser le grand pectoral, pour qu’il ne s’oppose pas à la rétropulsion et à la rotation externe. La mobilisation se fait dès le premier jour, passive d’abord, puis active. C’est surtout l’abduction qu’il faut surveiller, car c’est le mouvement qui reste faible le plus longtemps. Les mouvements d’élévation ne sont exercés qu’après consolidation de la clavicule.
Après chaque séance, le bras est placé dans une écharpe ordinaire, de façon que la main soit libre et puisse être mobilisée continuellement par le malade. Le coude est porté en arrière, de sorte que la main esta peu près au niveau du flanc correspondant : dans cette manœuvre, le fragment externe de la clavicule est porté le plus possible en dehors et, si les muscles sont en résolution, il y a un minimum de déformation. Cette position évite aussi la menace de certaines pointes esquilleuses qui soulèvent la peau.
La consolidation, obtenue en trois ou quatre semaines, donne un cal régulier, le plus souvent non adhérent à la peau. Lascapulo-humérale est très souple ; et les muscles ont déjà quelque force, mais la sternoclaviculaire a dii être un peu négligée, et il est nécessaire de faire exécuter, pour l’exercer, des mouvements passifs et actifs d’élévation.
Les fractures des extrémités interne et externe ne nous offrent rien de particulier, si ce n’est que la guérison est plus rapide par suite de la meilleure coaptation des fragments, surtout si le trait de fracture est au niveau ou en dehors des ligaments coraco-claviculaires. La fracture de l’extrémité interne donne parfois un cal assez volumineux : chez l’enfant et l’adolescent, le massage doit en être réservé; mais la mobilisation de la sterno-claviculaire ne présente aucune particularité.
Fractures de l’omoplate.
Elles sont intramusculaires, sauf à l’épine : la mobilisation des articulations de l’épaule donne les résultats les plus rapides et les meilleurs : ce sont les mouvements de rotation (|ui doivent être les plus surveillés.
lo8 DMilwy. — MASSy\GE ET M( ) HILLS A'J'l oN .
Fractures de l'humérus.
Fractures de l’extrémité supérieure. — Les vai iétés i(*s j>lus communes sont celles dites du col anatomique, du col chifiu-gical (d des tubérosités. La fracture du col chirurgical est une variété élevée de la fracture du corps : mais les deux autres fractures de l'extrémité su- ])érieureont un traitement (jui vaiêe assez pour les décrire sé|)arément.
Fracture du col anatomique. — 11 n'est pas toujours certain (ju’une radiographie de l’articulation de l’épaule donnera des indications précises, et la confusion a eu souvent lieu entre IVacturc* du col et luxation. D’ailleurs la tète humérale fracturée forme (iuelquefois corps étranger qui se loge contre l’humérus dans l’aisselle et en avant, donnant l'illusion d’une luxation en avant. Est-il hosoinde dire que les tentatives de réduction peuvent être nuisibles ? Gonflements, ecchymoses, douleurs n’ont donc rien d’absolu. C'est plutôt la situation de l’humérus qui permet de préciser le diagnostic.
En cas de doute, mieux vaut masser d’abord l’épaule ; la résolution musculaire facilite l’examen et surtout permet de réduire la luxation.
Ce sont ces fractures qui donnent à l’extrémité supérieuiH* de l’humérus des déformations qui peuvent com[)romettre les mouvements de l’épaule. Aussi de suite doit-on rechercher la ])lus grande souplesse articulaire, après avoir massé tous les muscles de la région.
La mobilisation active est exercée de bonne heure pour l’abduction : le faisceau moyen du deltoïde demande dans tous les traumatismes de l’épaule une sollicitude spéciale : c'est le seul muscle exclusivement abducteur, et si quelque doute s’élevait au sujet de la vitalité du nerf circonflexe, il vaudrait mieux aller étudiei’ sur place, si quelque esquille osseuse ne comprime pas vaisseaux ou nerfs.
La consolidation se fait en quelques jours, surtout si la diaphyse humérale a défoncé la tête, car il y a engrènement des fragments. La souplesse dépend des saillies osseuses ])athologiques : telle fracture qui semble devoir donner un résultat heureux se termine par une infirmité permanente incomplète, parce que la cavité glénoïde ne répond plus à la tête humérale, parce qu’une apophyse nouvelle ou une tubérosité ancienne défoianée s’oj)pose à un ou ptiisieiu's mouvements de l’ai’ticulation.
La position de l’écharpe ne présente i‘ien de spécial. Le bras est soutenu surtout au niveau du coude placé en flexion. La main' est libre et s’exerce constamment. La descente des exsudats vers le coude ou la main peut occasionner des fourmillements : le massage et la mobilisation de la région déplacent ces épancliemepts sérosanguinolents qui se résoibeïït plus tard.