‹ KinésithérapieChapitre 60 sur 198 · FRACTURES DE L’HUMÉRUS · texte numérisé non relu

FRACTURES DE L’HUMÉRUS

vemcnt en était cause. Seul l’appareil (l’ilennequin, qui avait pour but de continuer l’effet delà traction exercée au coude, pour réduire la fracture, mais qui avait le défaut d’immobiliser le coude, donnait un résultat assez satisfaisant, puisque la rectitude du squelette était obtenue et que l’épaule pouvait se mouvoir. 11 reste d’ailleurs l’appareil de choix, si la réduction ne se maintient pas suffisamment pendant le traitement de mobilisation.

Les avantages de l'appareil précédent sont en effet obtenus par le massage, lorsque le bras est placé de façon que le coude est situé dans la verticale de l’épaule : la sédation musculaire permet alors au poids du segment inférieur du membre de faire l’extension nécessaire pour maintenir la réduction. 11 suffit, après la séance, de placer l’avant-bras sur une écharpe qui soutient à peine le poignet et qui laisse au coude et à l’avant-bras le soin de faire la traction nécessaire par leur propre poids.

Le massage a d’abord un but analgésique; il calme les contractures des muscles de l'épaule et du bras ; et c’est en soignant cetle fracture, qu’on se persuade de ce fait que la douleur dans les fractures est presque exclusivement musculaire, car, après le massage, les fragments se meuvent l’un contre l’autre avec bruit, et cependant n'incommodent nullement les malades, surpris de ce symptôme qu’ils perçoivent pour la première fois.

De légères oscillations de l’épaule, quelques mouvements du coude et du poignet avant de replacer l’écharpe sont les seules manœuvres du premier jour. Les jours suivants, le massage est encore pratiqué dans le but de mettre les muscles en résolution : si les exsudais descendent vers le coude, il est indiqué de faire quelques pressions en anneau pour déplacer les collections d’un certain volume qui gênent les mouvements du coude. Les exercices de la main, du poignet et du coude sont conseillés dans l’intervalle des séances, mais très limités au coude. On recommande au malade de ne pas chercher à immobiliser son épaule, de ne pas résister aux oscillations du bras, afin que la scapulo-humérale conserve sa «ouplesse.

Vers le dixième jour la région du cal est indolore, les muscles ne se contracturent plus etne sont plus sensibles; aussi agissent-il parfois sans que le blessé s’en méfie et si on ne surveillait pas chaque jour l’épaule, il se produirait par suite de la contraction ou même simplement de la tonicité du grand pectoral souvent actif un angle à sinus postérieur et interne. C’est le moment de recommander au malade de quitter de temps en temps l’écharpe dans la journée et de laisser plusieurs fois le bras pendre verticalement le long du

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

corps. Cette traction aide F effet du massage; le blessé en effet ne peut s’opposer à cei tains mouvements involontaires qui déplacent les fragments : le poids du membre rectifie leuis rapports.

De jour en jour la mobilisation passive est plus étendue à chaque jointure, et vers le vingt-cinquième jour, quand le cal commence à se solidifier, on peut permettre au blessé divers mouvements de j)ropulsion, de rétropulsion, d’abduction et d’adduction en maintenant coude et humérus. La rotation n’est exécutée par le malade qu’après consolidation. Enfin la souplesse de l’articulation sterno-claviculaire est entretenue aussi avec soin, pour que le malade retrouve ses mouvements d’élévation du bras.

Suivant les positions irrégulières que les fragments ont parfois tendance à prendre, le bras est placé dans Féchai-pe plus ou moins en propulsion ou en rétropulsion, en rotation interne ou externe : ces dernières rectifications suffisent pour régulariser la coaptation.

La consolidation est certaine vers le trente-cinquième jour : le blessé à cette époque exécute tous mouvements passifs; la plupaid des exercices actifs sont l'épétés par lui dans la journée ; la rotation interne et externe lui sont conseillées ; des mouvements d’élévation progressifs y sont associés. Enfin la force musculaire peu à peu regagne et le malade se sert de son bras dans la quinzaine suivante.

En plus des complications de nature musculaire (i)arésie ou paralysie deltoïdienne) qui se répare assez vite, le plus souvent, mais ([ui laisse parfois une faiblesse constante dans les mouvements d’abduction et d’élévation, il existe au corps de l’humérus des lésions du nerf radial qui se traduisent d’abord ]>ar de simples fourmillements de la main, puis des faiblesses dans l’extension des doigts, de la main et du poignet, ainsi que dans la supination. Si après quelques jours d’expectation, l’amélioration ne survient pas, et surtout si les symptômes augmentent d'intensité, il devient nécessaire d’aller voir au cal, si le nerf radial ne réclame pas assistance. Si la paralysie radiale secondaire remonte à plusieurs semaines, le blessé perd quelque force dans l’extension de la main et des doigts et dans la supination.

Fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus. — Les

variétés sont très nombreuses : le trait de fracture peut séparer la diaphyse de l’épiphyse, n’intéresser que la trochlée avec réj)itiochlée, le condyle avec l’épicondyle, ou même chaque apophyse sépai ément. Dans les fractures en T, le trait horizontal interdiaphyso-épi])hysaire. est rejoint à l’articulation par un ou plusieurs traits verticaux qui passent soit au milieu de la trochlée, soit entre la trochlée et le coiidyle, soit entre la trochlée ou le condyle et leur apojdiyse. Ct;s der-

FRACTURES DE L’ÉPITROCHLÉE

nières sont donc comminutives et compromettent singulièrement la souplesse de la jointure.

Le siège de ces fractures s’explique par la fragilité de l’os à cette région; c’est par la fossette olécranienne que passe le trait de fracture. Le bec coronoïdien dans une chute sur le coude en flexion ou le bec olécranien dans une chute sur le poignet en extension frappe avec violence l’humérus dans une région où l’os est réduit à une simple lamelle compacte, d’où fracture étoilée avec traits horizontaux et verticaux et traits simples ou multiples.

Le gonflement et la douleur sont les premiers et principaux symptômes; la raideur articulaire accompagne toute fracture où la jointure est intéressée : l’impotence» fonctionnelle, la crépitation, la recherche de la douleur permettent de faire le diagnostic, qui réclame pour sa précision l’aide de la radioscopie.

Chez l’enfant, l’arrachement épiphysaire ne donne, comme symptôme, qu’une mobilité sans crépitation; le. périoste maintient les fragments en place mais la souplesse articulaire semble très exagérée.

Un seul traitement est indiqué pour ces fractures juxta-articulaires : c’est la mobilisation préparée par le massage. 11 suffît en effet de négliger quelques jours la mobilisation pourque les mouve ments du coude soient en grande partie perdus : d’ailleurs cette articulation demande beaucoup desoins attentifs, car elle s’ankylose avec une très grande facilité.

Le massage est commencé dès le premier jour ; la mobilisation de suite exécutée ne doit jamais aller jusqu’à douleur, alin de ne pas réveiller de contracture. Les exercices actifs sont de même très modérés. Si le coude paraît sensible, mieux vaut attendre une ou deux semaines avant de faire de la mobilisation active; la force et la souplesse sont entretenues par les mouvements passifs de chaque jour. L’avant-bras est placé au repos sur une écharpe, en demi-flexion sur le bras, afin d’éviter les contractures du brachial antérieur et du biceps ; on choisit aussi ce mouvement de demi-flexion dans le but d’éviter l’extension, douloureuse à ces blessés.

Fractures de l’épitrochlée ou de l’épicondyle.

Ces deux apophyses, l’épitrochlée surtout, sont souvent arrachées dans les entorses des ligaments latéraux du coude; le traitement ne varie d’ailleurs pas, mais demande une durée plus longue, pour permettre à l’apophyse de se fixer à l’extrémité de l’humérus.

Comme toute fracture de la région du coude, les mouvements sont difticilps à conserver en totalité, et on peut même dire qu’il est de

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

règle ([ii’imc partie de l’extension manque après la gnèrison, en dépit du ineillenr traitement. Dans la fracture de répitroclilée, si le nerfcubital cause quelques douleurs irradiées sur son trajet, à cause d’exsudats qui encombrent la gouttière posléro-interne, les pressions massotliérapiques sei'ont répétées plus longtemps et spécialement dans cette région.

Fractures de Dolécrâne.

On discute encoi’e aujourd’liui sur le traitement de choix des fractures de l’olécràne. Au genou, dit-on, la fracture de rotule en disjoignant les fragtnenls empêche la mai*clie; un cal osseux est nécessaire, la suture s’im])ose et encore est-elle souvenl insuffisante! Au coude la jonction ne réclame pas une solidité aussi absolue ; la souplesse de l’article est la principale qualité que nous recherchons. VA on conclut : à la rolule, il faut faire la suture, et au coude, il vaut mieux masser.

On ne saurait être aussi exclusif. Il est des fractures de rolule où les lésions sont bien minimes et on le massage serait suffisant pour assurer une guérison parfaite. Au coude certaines fractures de l’olécràne s’accomj)agnent d’une déchirure très élendue du U‘ice])S (jui permet l’ascension du fragment ai raché, et l’intervention sanglante peut seule rétablirles rapports des deux portions olécràniennes. D’ailh'urs ce n’est pas l’écartement des fragmenis qui procure les |dus grands ti-oubles fonclionnels : il faut coni[)ter aussi avec les déchirures des coi*ps chai nus et des tendons. Ces tendons peuvent éli‘e désinsérés ou rompus sans entraîner de parcelles osseuses et donner des syiuptomes analogues aux fractures.

En lésumé, le mieux est de suturer les ru|)tures du triceps et les fractures derotuleciui ont (luehjue impoidance, puis les masser après sutures guéries; de masser d’emblée le triceps et h' genou des blessés peu atteints. Quant àl’olécràne, on massera de suite en cas de fracture ou de rupiine tendineuse du Iriceps, recourant à la suture si l’écartement des fragments motive des troubles graves dans les mouvements du coude ou dans la force du bras.

1ai tout cas, l’immobilisation par l’appareil plâti’é n’a aucun sens, puistpie son but est de fixer en positions vicieuses des fi*agmen(s, qui ne sauraient se coapter, sans tju’on agisse directement sur eux (sutur'e) ou sur la cause de leurécai tement (massage de la conli-acture du Iriceps).

Le rôle de la mobilisation semble a priori nuisible au rapj)rocbement des fragnients, mais si on veut bien réfléchir (|ue la sédation

Page 1