MASSAGE ET MOBILISATION DANS LES MALADIES DES MUSCLES
Myosites.
Nous UC [)cirlcrious [uis du rùlc du massage dans les iiillainmalions du muscle, si nous ii’avioiis pas souvent à parler de noire mélliode lliérapeulique dans des alïeclions (|ui ne sont que des symptômes (contractures) ou des consé(piences de leui’ évolution (ati'oj)hies, ruj)tui es).
I.a myosite aiguë a frigorc, de nature rliumatismale ou autre, dont nous verrons un type assez l‘ré(iuenl, localisé aux muscles du cou, est rare aux auti'es régions; la descriplion du tiailemeut de mobilisation dans le torticolis nous donnera d’utiles indications sur noire action dans tonte myosite aiguë.
Les myosites chroniques s’acconq»agnent de troul)b‘s vaso-moteurs, de lésions nerveuses (jui entraînent la dégénérescence du muscle. Les libres charnues atteintes se piésentenl parfois sous l’aspect (b; nodosités localisées à certains [)oints du muscle (insertion sur le tendon, sui* le périoste, coips charnu lui-même). Quelques faisceaux I)articipent au mal, ou bien d’autres fois le muscle en entier présente de ces foyers de contractures.
Ces régions sont douloureuses à la pression, comme toute contracture d’ailleurs, et le muscle malade se complique de contracture généralisée, quand la j)ression se piolonge ou augmente d’intensité.
Les nodosités se rencontrent assez rarement dans les myosites chi oniques ; en général la dégénérescence envahit le muscle en entier.
Deux variétés de dégénéi-escence achèvent de mettre lin à la vitalité de la fibre musculaire : ou bien le protoplasma cellulaire se charge de graisse, et le muscle devient gras, ou bien il subit les lois de la dégénérescence fibreuse; il se contracture, se rétracte et gialifie les membres de ces infirmités connues sous le nom de griffes, pieds bots paralytiques^ etc.
Si nous entretenons la vitalité de la fibi-e charnue, nous pouvons attendre sans crainte le retour de l’influence nerveuse, à moins de destruction irrémédiable, et le nerf retrouve un muscle capable de contraction. C’est ainsi que l’on doit opérer d’ailleurs dans les plaies des nerfs qui menacent de paralysie tout un teri-itoire nerveux.
MYOSITES.
Avant d’arriver à cet état de dégénérescence, le meml)re, atteint de myosite chronique légère, telle que nous l’observons chez les malades immobilisés pendant quelques semaines dans des appareils, même chez les fracturés mobilisés, chez les articulaires, rhumatisants ou traumatisés, est d’abord simplement amaigri; il y a hypoplasie, plutôt qu’hypotrophie, mais ce muscle souffre cependant et cet état s’accompagne bientôt d’hypotrophie avec dégénérescence, si le malade ne se soigne pas. Quelques-unes de ces atrophies évoluent avec rapidité (hydarthrose’i.
Le membre est faible, parésié, et surtout il est maladroit. 11 subit mal l’influence de la moelle et du cerveau. Ce sont ces contractions inopportunes qui prédisposent les malades à des accidents sérieux (fractures, entorses, luxations, ruptures musculaires, etc.). Un malade a une entorse du cou-de-pied, il se soigne avec négligence, et reprend la marche avec des muscles insuffisants. Pour ne pas fatiguer sa tibio-tarsienne sensible, il fixe sa jointure en contracturant son triceps sural, et par suite les jumeaux immobilisent son genou. Pour conserver sûrement sa position et ne pas être tenté de fléchir son genou, il se place en rotation externe de la hanche; il avance alors grâce à ses adducteurs, nombreux et suffisants, mais il ne trouve plus que le tenseur du fascialata pour faire l’opposition des adducteurs, muscle insuffisant pour une telle fonction : aussi se surmène-t-il, d’où apparition de douleurs dans toute la région externe du membre.
Le .triceps de la cuisse se contracte de plus en plus rarement, devient inhabile et toute cette musculature, mal éduquée, au moment voulu ne peut plus fournir le travail demandé : un jour notre malade veut sauter sur le trottoir pour éviter une voiture, il risque une fracture de rotule, une entorse du genou, des fractures du tibia, des bimalléolaires, des entorses tibio-tarsiennes, etc.
Ces malades doivent donc être massés et rééduqués avec soin. Une vingtaine de jours de séances quotidiennes leur rend la marche sûre, parce qu’elle est exécutée par des muscles suffisants.
La dégénérescence ou l’hypotrophie est plus rebelle à notre traitement. S’il existe encore quelques fibres saines dans le corps charnu, elles seront le point de départ d’une hyperplasie de restauration, mais si la dégénérescence est très ancienne, toute tentative de réparation est inutile. Cependant on doit toujours tenter une am.élioration, même après des années de dégénérescence, car le muscle a quelquefois subi une sorte d’entraînement par voisinage, qui a conservé à quelques-unes de ses fibres la vitalité de ses éléments.
Cette rééducation varie suivant que le muscle est gras ou rétracté. Le muscle graisseux doit être massé principalement et les exer-
DAGRON. — MASSAGE ET M OlilLiS ATION.
cices n’ont quelque utilité qu’api'ès une amélioration du tissu musculaire.
Le massage est pratiqué par pressions en i-apport avec l’état des lésions. On peut établir que les manœuvres sont en raison directe du nombie des fibres saines et on i)eut assimilei* un muscle à i)eu près gras à celui d’un nouveau-né, avec cette ditrérence que si le massage li'ès léger agit avec un résultat fort encourageant dans la premièi*e enfance, chez Latro[)bié sou action est beaucoiq) [)lus lente. Mais lous (leux réclament une intervention particulièrement légère.
La même juTidence est observée pour la mobilisation passive et active : on comj)rend facilement qu’un tel muscle cla([uei‘ait vite |)ai‘ surmenage, ([ue les piogrès doivcmt éti‘e modéi’és ; ils seront encoi’e plus ralentis, (luand la dégénérescence musculaire sera la conséipience de maladies nerveuses.
La rétiaction demande une intervention toute ditTérente. Il ne s’agit plus de patienter avec un corps musculaiie mal doué [)our la rééducation contractile; il faut d’abord lutter contre la douleur qu’occasionne la contracture, vaiuci‘(‘ la rétractiou tibreiise, (pii est la cousé(pience de la dégénérescence du muscle contracturé ; entin, si le muscle a encoi-e un leste de \ilalité, le réédiuiuer ou donner une éducation de suppléance aux territoires musculaires voisins.
Le massage a donc un rôle liien elfacé ; il n’(‘sL em[)loyé ([u’au cas où le muscle n’est encore (pie contracturé, ou tout à faitau début delà rétraction. Par lagymnaslique d’assouplisseimmt, on s’elforce en [u emier lieu de donner aux muscles leur plus grande étimdue, pour (pi’il n’y ait aucun obstacle aux mouvements passifs de chaque articulation : ces exercices sont progressifs, jamais viobmts, et, si on doit recourir à la force, mieux vaut employer le chloroforme et les interventions sanglantes ; nous ne parlons pas, tout naturellement, de ces affections, comme la rétraction de l’aponévrose palmaire, qui sont progressives, en dépit de toute intervention. Ces rétractions, chez lesquelles on peut d’ailleurs admettre quelques tentatives d'intervention pour améliorer l’état du malade en donnant jilus d’étendue aux mouvements d’extension de la main, ont d’ailleurs une pathogénie bien différente, où la fibre musculaire n’est jamais en cause.
Lorsqu’on juge que les articulations ont atteint le maximum de la souplesse possible, on observe chaque corps musculaire et, d’après son état anatomique, on commence sa rééducation. Le massage aura plutcjt pour but de modérer les effets de la mobilisation qui tend à reproduire des contractures ; quelques pressions de contact sur le muscle, pendant qu’on le mobilise, suffisent pour le calmer. Les