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MASSAGE ET MOBILISATION DANS LES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Du jour où la méthode de mobilisation fut employée dans les tiaumatismes osseux et articulaires, la massothérapie scientifique devint un procédé d’intervention de choix dans les diverses affections nerveuses. Douleurs, contractures, faiblesse musculaire, que Championnière nous apprenait à combattre par manœuvi’es de massage et l'ééducation, sont des symptômes d'ordre neur’o-musculaire. Le massage devenait par la même occasion un nouvel agent thérapeutique dans les maladies des centres nerveux et des nerfs, puisqu’on y rencontrait des signes identiques.

Chez les fracturés, la méthode intervenait contre les divers symptômes nerveux (douleur, contracturées) au début ; plus tard, pour la r'égularisation de la fonction réparatrice (formation du cal) ; le neul’ologiste s’occupa de même de soigner particulièrement chaque symptôme parle massage et la mobilisation, reconnaissant d’ailleurés que le même malade pouvait réclamer à des périodes variables, à des heures différentes, un traitement spécial. Ainsi l’ataxique ne saurait être soigné de semblable manière le matin et le soir, au début, au cours ou vers la fin de sa maladie.

Le nerveux devenait donc un terrain nouveau d’inter’vention t’éclarnant du kinésithérapeute des soins particuliers suivant les indications du moment.

Action du massage sur les symptômes névropathiques.

— C’est en effet de la sorte qu’il faut concevoir toute thérapeutique des maladies du système nerveux: Agir sur l’anesthésie ou l’hyperesthésie, sur la contracture ou la paralysie, avec les mêmes moyens, mais par des procédés en rapport avec le symptôme observé. Il devait en être du massage comme de tout moyen thérapeutique : calmer ou stimuler. L’hydrothérapie, l’électricité, le médicament modèrent la douleur et la contracture, ou réveillent l’anesthésie et raniment la paralysie. Charcot ne donnait-il pas cet excellent conseil à ses nerveuses qui se plaignaient de lassitude le matin, après desnuits cruelles

DAGROIS.

MASSAGE ET MOBILISATION

d’insomnie et d’agitation : « Le matin, à peine levée, prenez une douche froide stimulante et le soir, avantde vous coucher, restez trois quarts d’heure dans un hain chaud à 35" ».

Le massage agit avec les mêmes etfets, aussi ne traiterons-nous pas l’ataxie locomotrice progressive, ni l’hémorragie cérébrale, mais nous soignerons un ataxi(|ue et un hémiplégi(iue, en les suivant tous deux, sans espoir de guérison de la maladie, mais avec certitude de l’amélioration des symptômes et du retard de l’évolution moi*bide.

La technique ii’a rien de (spécial. — Nous n’avons [>as, de ce fait, à décrire spécialement les manœuvres de massage que la main doit employer, quand elle intervient dans les divers états névropathi(|ues ; cependant nous pouvons rap{)eler ({u’en général les pressions de simple contact et les effleurages donnent la sédation musculaii-e et des pressions d’intensité moyenne excitent la vitalité de la libre musculaire.

La contracture musculaire est rarementlocalisée àun seul muscle, surtout lors(|ue les elfets sont dus aune action nerveuse; un teriitoire, une région, un membre sontalorsen contracture. Mais comme nous obtenons le calme musculaire pai* une action réflexe, un sim[)le contact ou ([uelques manœuvi'es sur un seul muscle peuvent suflii’e |)our (|ue tout le membre ou tout le territoire entre en résolution.

Un peut l’observer dans une contracture des muscles du bras, à la suite de surmenage pai- exemple : biceps et triceps sont tous deux indurés et fixent le coude dans une demi-flexion. 11 suffitd’agir sur le biceps en appli(juant très légèremenlla main en gouttière longitudinale (fig. l)pendant(juel(]ues secondes ; on répété ce contact plusieurs fois, et, s’il ne suffit pas, on le remplace par un effleurage lent, dirigé le long de ses fibres, du coude à la coulisse bicipitale, pour ([ue la face palmaire de cette main qui masse constate peu à peu le changement de consistance du corpscharnu et que l’autre main qui tenait et fixait l’avant-hras ressente la diminution de la raideur du coude. Il est inutile de répéter les manœuvi’es sur les autres muscles du bras: le brachial antérieur, adjuvant du biceps, et le tricej)S, son opposant, ont bénéficié des mêmes effets.

Nous ne reviendrons pas sur les résultats obtenus dans les contractures par l’union du massage et de la mobilisation passive : en parlant du traitement du torticolis et des contractures, nous avons signalé ce procédé, comme nousavons indiqué les caractères particuliers des exercices physiques qui com[)lètent ces mouvements.

Nous pouvons c(jnstater déjà, (pi’il y a des rapjtorls cous-

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