AUTRES NÉVRALGIES
exacerbations à la première pression, qu’il faut cesser et se contenter de ne masser qu’après l’accès.
Les séances sont alors pratiquées par séries de vingt. Les muscles moins contracturés, le nerf moins sensible, les articulations plus souples permettent des manœuvres moins délicates et d’effet plus général; cependant, au début, les mêmes précautions sont nécessaires, afin d’entraîner le malade à exécuter des mouvements déplus en plus étendus et à reprendre rapidement la fonction locomotrice, car il est aussi très important que les névralgiques puissent, par l’exercice, lutter contre les méfaits de la diathèse rhumatismale.
C’est d’ailleurs pour éviter les atrophies musculaires et tous les troubles trophiques accompagnant les névralgies que la première série de séances doit être suivie d’une nouvelle cure qui améliore aussi la circulation du membre.
Cette mobilisation répétée entretient jointures et muscles, voire même veines etpeau, sansparler desoneffetutile surlasanté générale.
Nous laissons de côté les désordres articulaires, les difformités secondaires avec infirmités dues à des dégénérescences par rétraction àla suite de névralgies de longue durée, de névrites incurables. Ce sont là des troubles articulaires contre lesquels nous pouvons peu de chose, mais que nous avons cependant entrepris d’améliorer, comme nous l’avons signalé en étudiant les affections articulaires.
Autres névralgies.
Parmi les névralgies qui présentent quelque fréquence, la névralgie intercostale ainsi que sa voisine la névralgie iléo-lombaire méritent de nous arrêter un instant.
Les rapports de la région que parcourent les nerfs intercostaux et les quatre branches superficielles du plexus lombaire, c’est-à-dire la paroi thoraco-abdominale, expliquent comment la douleur de ces nerfs en impose souvent pour des douleurs viscérales et occasionne parfois des difficultés de diagnostic. Mais l’intérêt qui ressort de ce voisinage est tout autre pour nous : il réside dans les manœuvres de mobilisation qui correspondent aux parties des muscles qui ont des rapports intimes avec le thorax et l’abdomen et même jouent des rôles importants dans la respiration, l’émission de J a voix et surtout feffort.
Les contractures des muscles du thorax et de fabdomen sont pénibles pour le malade et le massage les met facilement en résolution.
La technique consiste en manœuvres de massage sur les grands Physiothérapie. III. 12
DAGRON
MASSAGE ET MOBILISATION
muscles superficiels du thorax (épaule, cou) et de l’abdomen, c’està-dire deltoïde, grand pectoral, sterno-mastoïdien, trapèze, grand dorsal et même biceps et triceps du bras, puis grand droit antérieur, grand et petit olibques.
Les mouvements de l’épaule, du cou, du rachis, flexion, extension, inclinaison, torsion, elc., enfin des exercices respiratoires, inspiration lente et protonde, sans et avec mobilisalion du liras, du cou et du (liorax, complètent ces exercices [lassils et actits, auxquels on joint des mouvements du membre intérieur, si la névralgie est iléolombaire.
Le zona qui accompagne souvent cette névralgie ne gène aucunement ce traitemenl. Au contraire, des manœuvres de massage localisées autour de la plaipie d’herpès zoster semblent activer sa guérison : d’ailleurs le massage agit dans un but prophylactique contre celte complication lro[)hi(|iie, ipii se présente jilus rarement, lorsque la massothérajiie est intervenue de bonne heure.
La durée de la névralgie intercostale est moindre ([lie la sciati(|ue: le malade est suivi jus([u’au joui' où ses douleurs disparaissent, cai‘ il ressent un ettet d’autant [iliis manifeste du massage ([lie la dyspnée s’améliore vite a[irès la dis[)ai-ition des contractures musculaires.
Paralysies radiales
La névralgie n’est observée communément ([ue sur ([uel([ues nerfs; la [laralysie peut les alleimlre tous. Cepimdant, à cause de leur’ situation plus ex[iosée aux elfets du traumatisme (plaies, compri'ssions, etc.), à cause des localisations habituelles des lésions centrales 1 hémorragies cérébrales), etc., ([uel([ues-uns sont [)lus .souvent gênés dans leur fonction de conduclilité. Les nerfs des membres sont plus facilement blessés : parmi eux, le nerf radial est le plus fré([uemment paralysé. C’est la paralysie radiale qui nous servira de modèle pour expliquer notre mode d’intervention dans les paralysies nerveuses.
Paralysies a frî^ore. — Il est utile de spécifier encore notre description ; nous pourrions f étendre à toute paralysie de ce nerf, mais avant de généraliser sur la cause et [lar suite sur notre intervention, nous pensons qu’il est préférable de sim[)litiei* encore, en n’étudiant d’abord que la paralysie radiale dite a frûjore ou rhumatismale, qui forme d’ailleurs une afTection typique, puisqu’elle suit toujours le même cycle avec guérison. Nous généraliserons ensuite avec plus de facilité.
En quelques mots, rappelons rapidement le tableau du malade :