PARALYSIES RADIALES
c'est un homme, souvent en état d’ébriété, qui s’est couché sur le sol, la tête appuyée sur une pierre, mais, ayant glissé son bras sous sa tète, en guise d’oreiller. 11 dort profondément, ne ressentant ni le froid, ni les fourmillements consécutifs à la compression du bras, lise réveille frissonnant, le bras inerte avec de l’engourdissement, demande conseil au médecin qui constate l’attitude caractéristique de la main ; le poignet retombe, quand on le relève en extension. Les mouvements d’adduction et d’abduction sont impossibles, ainsi que ]a supination.
Les troubles de sensibilité sont en rapport avec la distribution des nerfs sensitifs.
Mieux vaut intervenir le plus vite possible. Le massage est, ànotre avis, le meilleur traitement de choix: comme nous avons pu l’observer sur une paralysie radiale bilatérale, son effet est plus rapide que toute méthode électrique. La technique massothérapique comprend d’abord le massage du nerf radial que l’on peut suivre de la gouttière externe de l’avant-bras à l’aisselle; comme il se divise en un bouquet des rameaux moteurs, en sortant du court supinateur, on ne saurait l’atteindre à la région dorsale de l’avant-bras. La branche sensitive peut être suivie par la main qui masse, depuis la tabatière anatomique jusqu’au pli du coude.
Après les quelques pressions exercées sur la branche sensitive et le tronc du nerf, le massage s’adresse aux muscles où se rendent les branches motrices, long abducteur, court extenseur, extenseur commun, extenseurs propres du pouce, de l’index, du petit doigt, long supinateur et radiaux. Nous ne parlons pas du court supinateur qui est inaccessible. Mais le massage du triceps et même du deltoïde, innervés tous deux par des branches du nerf radial (rameau du triceps et nerf circonflexe), agit utilement sur tout le système moteur de ce territoire.
L’action du massage sur les nerfs est évidente; mais son effet est plus étendu, car son action sur la fibre musculaire est de même indéniable, et il aidera le muscle à conserver le plus longtemps possible son irritabilité hallérienne : grâce à ces manœuvres, s’il y a quelque retard dans le retour de la fonction, le nerf ne trouvera pas alors un muscle dégénéré. Cette double action a son importance dans les plaies des nerfs, comme nous le verrons.
La mobilisation des articulations qui sont sous la dépendance des muscles innervés par le radial est ensuite pratiquée passivement et, dès que le paralytique le peut, il s’exerce lui-même pour que la force musculaire revienne rapidement. Si la paralysie est incomplète, les mouvements des muscles respectés sont sollicités en plaçant le
DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION
menil)i*e dans des ])osirK)ns (jiii aideni leur eoidraclion, comme on le l'ail d’ailleurs pour exeiTer les muscles voisins qui dépendenl du (erritoire du cubital ei du médian. Ainsi la llexion de la main ne se l'ait avec quelque puissance que si le poignet est redressé; la synergie musculaire exige la communion d’action des (rois nerfs.
La})aralysie ra<liale essentielle dure rai emenl plus d’un mois,(|iLand elle est soignée de suite : le malade est sui\ i Jus(ju’à guérison complète.
2” Autres variétés «le paralysies radiales. — 1" Plaies du membre supérieur. — Le nerf i-adial p(*ut être blessé j)ai- ins- Irutnenls pi({uanls ou li*anclianls dans tout son leri'itoire, de l’aiss(dle jus(iu’à sa dernièia^ branclu': bi Irailemenl vari(‘ra peu. (k‘j)endant si la i)laie lu'iveuse, méconnue (out d’aboi‘d, est Ciudiée pai‘ des légumenls cical risés, b* i‘elour des mouveimuds ne saurait èlre assuré, car b^ nerf pcud élrt‘ seclionné, et les deux extrémités éloignées l’inu' de l’aulrc'. Le cbiiairgien intervient alors pour fairt‘ la sidure, mais, dans l’inliM-valle, b‘S muscles ont tout b; tetnps de dégénérer'. Aussi doit-on (*nti (d(MUi- b'ur ir r itabilité le plus longtemps |)ossible, afin rpie la r'égénér;»liori ner\euse r*etr“ouve un rnusclerpii contienne encor-e (piebjues tibr’es char-nues.
Le massage (‘st sur-tout musculaire; mais il peut s’adresser- aussi aux tissus nerveux, aün d’aidru- la vitalité des jrar-ties (jui le constituent et par- suite sa régénér ation.
Dans le cas où l’extr-émité ner-\euse pér iphéi-iijire n’aur-ail pu étr-(* sutur-ée au jroint jtrincipal, la r ééducation motr ice doit êtr e t(‘nté(‘ le plus longtemps possible, pour solliciter- la motilité par- d’autr-es nei-fs (pii peuvent avoir des anastomoses avec le ner f sectionné, comme nous l’avons obser\é dans un cas de jilaie de la main.
2° Plaies ou compression du plexus brachial. — D’autres pai-alysies radiales peuvent ètr-e encor-e observées dans des cas de jdaies ou de compi-ession du jdexus dans l’aisselle, mais le tr-aiternent devient plus complexe, car- des muscles du tei-r-iloir*e du cubital et du médian sont aussia ttcunts. La par-alysie est moins corn])lète et la question intér-essante (*st de savoir si la cur-(‘ est possible ])ar suite de guér-ison de la plaie ou de sa sutur-e et ajir-ès ablation de la cause de compr-ession f tumeur extirpée, ganglions, cancer, etc.).
En cas de] plaie de l’aisselle ou de la région sus-cla\ iculair-(‘. |>arun instrument pi(iuant, la ])aralysie consécutive a pour- or-igine luu' bémorragie : le sang épanché comjrrirne b*s lilets ner vi'ux voisins, mais sa résoi-])tion est une (j[üeslion de temps et le massag(! a un rôle d’entretien xital. La blessui'e elle-même d’un ner f du plexus