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HÉMIPLÉGIE

observé du côté non paralysé ou dès constatation que la déviation conjuguée de la tète et des yeux a cessé.

11 existe, en effet, après cette période apoplectique, quelquefois pendant la fin de cette période, et, c’est souvent de mauvais augure, des convulsions, des contractures précoces. La moindre intervention ne peut que mieux préparer ces complications et les accroître. C’est précisément la raison qui nous fait considérer l’apoplectique comme un malade à respecter.

2° Hémiplégie généralisée à tout le côté. — L’hémiplégie peut apparaître sans apoplexie antérieure, et le malade assiste à l’envahissement de la paralysie; et, sans aucune défaillance intellectuelle, en quelques minutes ou quelques heures, tout le côté est paralysé.

La face, le bras, la jambe deviennent inertes, à l’abdomen, au thorax, aux yeux; quelques mouvements associés à ceux du côté opposé sont conservés. Mais pendant une période de quelques jours, parfois quelques semaines, l’hémiplégie persiste avec cette généralisation, les membres demeurent ^fiasques et sans mouvements. L’hémianesthésie n’est observée que danse certaines fomes de lésions,: elle suit la distrib ution motrice, comme tous les troubles trophiques d’ailleurs.

Pour observer avec plus de rigueur notre abstention pendant la période apoplectique, nous conseillons de ne pas intervenir davantage pendant cette seconde période de début. Nous n’y serions autorisés que si sa durée se prolongeait au delà de quinze jours, d’autant plus que la paralysie conserve quelquefois le caractère de cette période de la généralisation hémiplégique.

3'^ Période de régression. — C’est surtout lorsque le médecin constate que le mouvement reparaît dans un segment de membre, dans un membre, dans le bras et la jambe et reste localisé à la face par exemple, ou bien au bras formant des monoplégies totales ou partielles, c’est à cette époque que nous devons nous attacher avec beaucoup d’attention an otre malade et le suivre quotidiennement pour gagner à temps le plus de mouvements, conserver à cette musculature ses propriétés diverses, sa vitalité d’abord et lui restituer, avec toutes ses qualités de direction, l’influence nerveuse, dont elle a été privée pendant quelques jours.

Malheureusement tous les muscles ne retrouvent pas leur fonction avec la même facilité, et même une partie du territoire frappé reste sans mouvement. Nous connaîtrons vite les régions qui ont tendance à guérir et nous aurons ainsi l’indication de notre intervention qui sera toute tracée.

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

Aux muscles qui doivent guérie, nous ferons du massage et de la mobilisation en rapport avec leur force, massage sur chaque corps musculaire, mobilisation passive, puis active, sans résistance, et enfin avec quelque opposition.

Au segment du membre qui semble le plus atteint, nous massons doucement chaque muscle pour entretenir sa vitalité, bien qu’il semble ne pas réagir, car nous ne savons pas si la lésion nous ])ermet d’espérer une guérison complète.

C’est à la région que nous appellerons limile, là où des muscles soûl ])arésiés, à côté de muscles (|ui se conti'actent bien, c’est en ce point qu’il faut surtout porter notre sollicitude ; api’ès le massage et après avoir exécuté soi-rnème le mouvement du muscle en observation, on fait quelques tentatives de mouvements. (Test là, en effet, ({u’on peut espérer obtenir f[uel([ue progi'ès, puisque au point de vue anatomo-[)alhologique, nous sommes sur les limites du mal, là où cellules et fibi'es nei’veuses ont le moins souffert, là où la comjiression [)eut éli*e levée par régression du caillot, etc. Sans nous illusionner, notre intervention, ((ui est venue à point, et non pas après les périodes de dégénérescence, gagne [ilusieurs muscles, et si un des muscles gagnés est, par exenqile, le fléchisseur des doigts nous u’avons jias travaillé en jiure jierle.

La mobilisation passive, ipù vient après le massage et le complète, est un excellent exej-cice préparatoii’e aux mouvements actifs, mais chez nos malades nerveux la mobilisation active demande de la part du médecin une attention toute spéciale qui a intéressé particulièrement certains kinésithérapeutes: ceux-ci ont recherché par l'analyse de notre éducation motrice, à connaître le mieux possible chacpie facteur de nos mouvements coordonnés pour réac- (^uérir des mouvements pai- une rééducation basée sur ces jirincipes normaux ( 1 ).

.Nous n'avons donc pas à nous étendre sur ce sujet ; cependant nous sommes d’avis que, si la rééducation motrice récupère beaucoup }>ar la mobilisation active, elle reçoit des mouvements passifs une très grande assistance; la volonté, l’attention et toutes les qualités intellectuelles du malade sont des auxiliaires jirécieux et la communion du médecin et du malade sont nécessaires pour progr(‘sser dans des moments laborieux pour l’un et l’autre. .Mais nous pensons que si la mémoire intellectuelle, dirons-nous, est un précieux argument, la mémoire musculaire du mouvementpassif, (jui vient de se produire et

(1) CoNSTENSoux, Rééducation motrice, in Physiothéi'ajtie, III, .Mécanolliérapie, rééducation, etc. Bibliothèque de thérapeutique de Gii.uèht et CAroor.

HÉMirLËGIE.

que le malade a vu s’exécuter en dehors de sa volonté, est d'un secours plus efficace encore.

En résumé, avant tout exercice de rééducation motrice, nous conseillons de donner passivement l’exemple du mouvement. Nous opérons d’ailleurs de la façon suivante :

Après avoir massé un territoire musculaire à fonction synergique (biceps et brachial antérieur), nous mobilisons passivement le coude, tenant la paume de notre main en gouttière contre le triceps pour éviter qu’il s’oppose au mouvement. Tout en mobilisant le coude, nous indiquons au malade le mouvement que nous pratiquons et l’analysons au besoin devant lui, pour attirer son attention, nous arrêtant de temps en temps, pour qu’il ressente mieux chaque état de passage, flexion, demi-flexion, extension. Après plusieurs flexions, nous prions le malade de tenter de faire le mouvement avec nous. Certes, au début, il ne fait pas de grosse besogne, car on ne reconnaît d’abord aucune action de la fibre musculaire; la main placée sur le biceps ne ressent même pas de contraction, et cependant il s’est produit un travail de la fibre musculaire, imperceptible, mais surtout dirigé heureusement au point de vue volontaire.

Au bout de quelques jours, si le muscle doit se régénérer, la main ressent une légère contraction qui augmente de jour en jour ; et, lorsque le médecin reconnaît que le muscle peut exécuter de luimême une partie des mouvements, il dirige les exercices actifs avec tous les soins que nécessite la rééducation motrice.

Cette rééducation comprend, à notre avis, deux indications : dans un premier degré, il y a nécessité à obtenir le mouvement exclusif du muscle ; ainsi recherche-t-on d’abord chez un fléchisseur des doigts, la flexion des doigts, de la main et du poignet, au besoin même y ajoute-t-on les mouvements complexes dus aux lombricaux et aux interosseux dorsaux et palmaires qui en dépendent, et ces mouvements sont exercés lentement, et très méthodiquement; on retrouve ainsi peu à peu la fonction. •

Ce muscle est donc sous faction de la volonté, mais celle-ci a besoin maintenant de participer à la gymnastique musculaire. C’est alors que le fléchisseur sera exercé au commandement, vite, avec arrêt brusque, avec mouvements contrariés, avec addition de réflexes sensitifs, auditifs, oculaires. Ainsi, on fait fléchir en pronation, puis en supination, avec rapidité, au commandement de la main levée.

Nous ne reviendrons pas sur ces détails à propos du tabes, mais on peut reconnaître la valeur de ces exercices, dans cette maladie, car l’ataxique trouve dans les organes sensoriels indemnes d’utiles suppléances à la sensibilité perdue.

DAGEON.

MASSAGE ET MOBILISATION

La rééducation a donc déjà ol)tenu un muscle adroit et obéissant ; c’est le moment de lui réapprendre son rôle dans la fonction du membre ([u’il doit mouvoir et c’est pi'écisément le but de cette seconde partie de notre travail. Puisque nous avons pris l’exemple du fléchisseur des doigts, nous dirigerons les exercices de la main et de l’avant-bras, de façon (jue la préhension soit exécutée avec ses exercices les plus usuels, ceux en rapport avec l’existence (alimen- (ation, toilette, etc.), enfin nous parachevons cette rééducation en restituant au pai’alytique, autant que possible, tous mouvements qui avaient pour but des travaux délicats où l’intelligence directrice exige autant de la qualité du muscle que de l’adresse musculaire, sinon bien davantage. On est déjà très heureux de rendre à un malade une main (jui peut lui ])ermeltie de se coiffer soi-même, de couper sa viande, mais on a une plus grande satisfaction de rendre son talent à une virtuose instrumentiste.

Dans les cas où il y a eu bémianestbésie, la sensibilité revient parallèlement : notre observation à ce sujet ])ermet de prévoir des améliorations motrices, (juand on reconnaît b; l’tdour d(^ la sensibilité.

(’ette recherclu» de la motilité est continiuo» le j)lus longtem|)s (ju’il est j)ossible ; exécutée av(*c priubmce, elle n’est cause d’aucune com|)lication ; mais si on veut ])rogi‘esser tro]) vile, on accélère l’arrivée des contractures.

4^ Hémîcoiif raetiire. — Ce sont souvent les contraclui’es apparaissant à une époques éloignée*, quebjues mois a[>rès l’hémorragie, (pu occasionneront notre jertmnère intervention chez l'iiémiplégique. Mais notie méthode massotbérapicpie, réclamée trop tardivement, trouve là une indication toute o[)j)Osée à celle (pie nous avons donnée précédemment : le résultat' en est aussi bi(m différent .

Ces contractures sont généralement douloureuses, localisées au bras, et plutôt du C(Mé de la flexion ; plus tard le membre inférieur est lui-méme atteint. Progressives, permanentes, causées }>ar une lésion médullaire consécutive à une lésion du (*erveau, elles ne se produisent que si le faisceau [lyramidal est atteint (*n un de ses jioints; la sclérose secondaire suit le cordon latéral de la mo(*lle et descend peu à peu, ce qui expliipie les contractures isolées du bras à une certaine époque.

L’exaltation des réflexes tendineux jirécède c(*s contractures et permet de les prédire, comme l’a dit Charcot.

Il est certain que, pendant le massage, les corps charnus, moins contracturés, sont moins sensibb's, et le maladi* é|)rouv(* un réel

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