‹ KinésithérapieChapitre 73 sur 198 · ATAXIE LOCOMOTRICE PROGRESSIVE · texte numérisé non relu

ATAXIE LOCOMOTRICE PROGRESSIVE

l’avant-bras, du coude, de l’épaule, mouvements répétés et pratiqués à fond avec une certaine force, sans violence toutefois. Au membre inférieur, le médecin mobilise seulement le pied et le cou-de-pied; le malade exécute lui-même dans le décubitus les mouvements du genou et de la hanche, et fait plusieurs fois par jour des exercices de marquage de pas.

Ataxie locomotrice progressive.

Cette affection a servi de modèle pour démontrer les effets de la rééducation motrice; avec force détails les divei’s exercices ont été analysés, expliqués et conseillés pour achever le traitement physiothérapique institué dans le but de retarder ou de modérer les symptômes du tabes.

Mais, pour que cette rééducation soit entreprise dans les meilleures conditions, la musculature doit d’abord être préparée ainsi que le système nerveux d’ailleurs, et le massage joint à la mobilisation passive et active commencera utilement cette préparation. D’autre part, il n’y a pas seulement à lutter contre l’incoordination et les troubles moteurs parétiques; au début les douleurs fulgurantes, les douleurs en ceinture peuvent être combattues par la massothérapie. Nous devons considérer que notre intervention ne saurait être uniforme; ici, comme dans toute affection du système nerveux, les symptômes nous guident et, si la rééducation motrice, ou mieux l’éducation motrice de suppléance, est indiquée dès qu’apparaît l’ataxie, les douleurs, les troubles sensitifs, etc., ontdéjà nécessité une intervention toute spéciale.

Le tableau clinique nous fournit d’ailleurs les meilleures divisions de notre travail, non pas que les périodes de la maladie y soient nettement tranchées, mais parce que certains symptômes y sont plus particulièrement prédominants. On doit d’avance prévenir contre toute généralisation exagérée, car les formes de cette affection sont bien nombreuses.

Première période. — C’est à la période du débutqueles malades se plaignent des douleurs fulgurantes, lancinantes, térébrantes, aux membres inférieurs; au tronc les douleurs sont dites en ceinture ; le malade est serré comme dans une cuirasse, ou bien ce sont des crises viscérales localisées à l’estomac, à la vessie, au rectum. A la face, des névralgies du trijumeau s’installent de façon intermittente.

La massothérapie calme l’intensité de ces douleurs, sans prétendre les empêcher. Une série de vingtséances de massage léger de la région du sciatique ou des nerfs intercostaux, ilio-lombaires, du trijumeau.

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

suivie de mobilisation passive et active, diminue l’intensité des douleurs etles espace. Ces manœuvres ont de plus un rôle important: elles diminuent les phénomènes d’incoordination qui apparaissent bientôt et constituentles principaux caractères de la seconde période.

Seconde période. — Le malade conserve sa force musculaire, sa volonté, exécute les mouvements, mais il ne connaît plus la force, l’étendue et la diiection du mouvement. Peu à peu les sensations s’émoussent, la sensibilité d’abord, qui disparait dans certaines régions, puis le sens musculaire et articulaire s’annihile au point que le malade doit regarder sa jambe pour savoir comment elle se trouve placée dans le lit. Que les troubles sensitifs soient ou non la cause de l’incoordination, ils gênent singulièrement le malade, car il doit su])pléer aux l'éllexes qui lui manquent de ce fait. La sensibilité de la plante du pi(ul est perdue, sensibilité tactile et sensibilité de pression, donnant cette sensation de tapis épais, décrite parles auteurs; or celte sensation de contact du sol est le point de départ du réflexe de la mai clie, (pii se trouve ainsi faussé déjà par rinsuftisance de la partie sensitive du neurone.

Notre action sur cette scmsibilité par le massage et la mobilisation retarde les troubles ataxiques comme nous l’avons vu, et en continuant le plus longtemps possible nos manœuvres pai* série de vingt séances, répétées à trois mois d’intervalle, nous entretenons àlafois tous les éléments qui constituent le neurone du mouvement de la marche, et c’est précisément |)arce(jue nous connaissons l’évolution progressive de la maladie que nous prenons, chemin faisant, des jalons de rééducation motrice, en donnant de bonne lieure au malade, par l’étude de la perspective des objets, des points de départ oculaires pour les mouvements réflexes de la marche.

On peut pendant quelque temps, par l’usage de la canne, alois que le membre supérieur n’a encore présenté aucun trouble sensitif, suppléer au contact plantaire, mais lorsque la sensibilité de la main éprouve les mômes troubles qu’on observe au pied, hypoesthésie, anesthésie, retard de la perception, perversion de cette sensibilité, etc., la rééducation ne peut plus se faire que par les organes sensoriels.

En dehors de la rééducation motrice, le massage et la mobilisation passive viennent aider la musculature qui est alors soumise à une rude épreuve. L’ataxie suppose l’exagération du mouvement; pour ne pas être inférieur au degré de contraction nécessaire, le malade fournit une contraction violente, d’où contracture musculaire le soir, et, le matin après le repos au lit, courbature du muscle.

11 est donc indiqué de masser avec douceur le soir et avec de

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