VARICES
sinueuse avec des dilatations ampulliformes, déterminant de véritables tumeurs molles, réductibles, donnant la sensation de paquets de macaroni.
A ces périodes correspondent des troubles spéciaux : ce sont d’abord des sensations de gène, de pesanteur, de douleur même, de fatigue à la marche avec gonflement des jambes. Puis vient la période des crampes, des coups de fouet, des faiblesses de jambes, enlin l’augmentation de ces symptômes, avec les troubles cutanés en plus, les périphlébites, les eczémas, les ulcères variqueux, etc.
Première période. — Les malades se plaignent de douleurs plus ou moins fortes, simples pesanteurs et parfois névralgies tenaces, le membre est déjà tuméfié, violacé, œdémateux le soir.
Le massage est le meilleur traitement à offrir à ces malades qui sont alors curables, car ils peuvent, par l’entraînement et la mobilisation, arriver à se passer du bas élastique.
Chaque soir, des pressions en anneau sur tout le membre, puis des manœuvres surchaque loge musculaire préparent le repos de la nuit et le matin le membre décongestionné est apte à rendre le maximum de service, surtout si le variqueux suit ponctuellement les conseils de mobilisation.
Pendant les vingt jours de traitement, le malade conservera la position horizontale, le pied plus élevé que le bassin, dans l’intervalle des exercices, marche, position assise, etc., qu’on lui ordonnera.
On commence par lui faire marquer le pas avec régularité trois minutes par heure ; il complète les cinq minutes d’exercices par deux minutes de mouvements d’assouplissement. Le lendemain, mêmes exercices, mais en plus,alternativementchaque demi-heure, cinq minutes d’exercices et cinq minutes de position assise. Puis peu à peu chaque jour on augmente de deux en deux minutes, pour arriver à faire par heure quinze minutes de marche et quinze minutes de station assise. Enfin on réunit les exercices de deux heures et le variqueux commence son entraînement de marche au pas accéléré.
11 fait i?50, 300, 400, 500 mètres, sur terrain plat, rentre chez lui pour se reposer en s’allongeant quelque temps.
Quand le variqueux atteint son vingtième jour de traitement, il fait une marche de 1 kilomètre, le matin, et une seconde dans la journée, il s’allonge une demi-heure le matin, une heure après le déjeuner, une demi-heure vers cinq heures. Le reste du temps, il s’assied ou marche en marquant le pas dans son appartement.
Après un mois et demi, le malade n’a qu’à continuer son hygiène de marche, c’est-à-dire marcher au pas accéléré, sans surmenage,
se reposer an moins une fois par jour après le déjeuner (une demiheure d'allongement) et faire matin et soir dix minutes d’exercices. 11 améliorera alors sa situation, aura une musculature à la hauteur de sa lésion veineuse et n’aura ]>as besoin de porter de bas élastiques.
Deuxième période. — Le vaiâqueux a de mauvais muscles qui sont le siège de ruptures (coup de fouet), (jui se contracturent (crampes), etc. Le même traitement peut être tenté, et le malade s'améliore encore souvent, surtout s’il se soigne avec discipline; en tout cas, il i*etarde l’évolution des varices superlicielles et par conséquent le port du bas élastique.
Troisième période. — Le membre est déformé, tumétié, bleuâtre, avec cicatrices, ou même ulcérations ; la peau est très liu(‘ et devient eczémateuse au moindre frottement.
(’es malades sont améliorés encore par une série de séances de massage, (jui active la guérison des ulcères en diminuant les œdèmes. Les exercices, l’hygiène de la juarcbe ne suffisent plus à assurer la guérison.
C’est le moment de ])orler le bas élasti(jue, sous peine d’assister à l’accroissement des dilatations des veines externes et aux complications secondaii-es, IVé(]uentes. Si le vari(|ueux demeure allongé une partie de la journée!, et marche avec, une régularité toute spéciale, comme nous l’avons indiepié, en un mot, se soigne sévèrement, it jeeut encore tenter de se séparer de son bas, mais le jeauvre nécessiteux, (|ui doit se tenir sui- ses jambes tout le jour, ne saurait se passer de son a|»|)areil de soutien et de compression.
Parmi les conq)lications des varices, la périphlébite est une des ])lus fréquentes ; le re[)OS, l’application de (juel([ues compiœsses humides suflisent pour faii-e disi)araître cette inflammation qui n’a pas la gravité de l’endoplilébite, ni surtout sa longue durée.
L'ulcèi'e vari(]ueux est long à guérir, précisément à cause de la circulation défectueuse de la jambe. Le massage du membre, la mobilisation, niais aussi le décubitus, les pieds plus haut que le bassin, facilitent la cicatrisation et l’épidermisation de la plaie. La cicatrice est bien fragile, et réclame pendant quebjues mois une protection toute spéciale. Le port du bas devient nécessaire.
Hémorroïdes.
Parmi les varices qui se localisent ailleurs qu’au membre inférieur, les hémorroïdes sont les plus fréquentes : occasionnées pai‘ la difficulté de la circulation au confluent du système porte et du système veineux général, les veines variqueuses du rectum s’en-
PHLÉBITES.
flamment souvent et occasionnent des douleurs pénibles qu’il est difficile de calmer. 11 y a donc d’abord varices du rectum et phlébites de ces dilatations veineuses.
Le massage de la paroi de l’abdomen, en aidant la circulation porte, a déjà une action utile pour prévenir les hémorroïdes : des soins d’hygiène locale évitent les inoculations qui enflamment ces veines. Quand ces phlébites anales sont apparues, la massothérapie n’a aucune action sur leur évolution.
Phlébites.
Nous ne pouvons nous étendre sur la pathogénie de cette affection si intéressante dont s’est emparé le traitement de mobilisation, en dépit de tous les anciens préjugés, que l’on immobilisait à outrance autrefois, qui se prolongeait et s’aggravait de sa terrible complication, l’embolie, en raison directe de la durée de ces soins alors qu’elle peut, en des mains adroites, se terminer en peu de temps sans récidive ni complications, par guérison absolue.
Les kinésithérapeutes n’ont longtemps connu la phlébite que par les soins de réparation qu’ils donnaient à des ankylosés, des atrophiés, desenraidis, encore bienheureux de sortir de cette terrible affection qui rendait infirme, quand elle ne tuait pas d’embolie.
Ankylosés secondaires. — Les malades étaient quelquefois atteints de simples raideurs qu’un traitement de mobilisation avec massage améliorait en un mois. Mais le plus souvent un ou deux membres étaient complètement ankylosés et c’était pour obtenir quelques mouvements de marche ou de préhension que ces infirmes imploraient notre assistance. Pour ces malades, on ne saurait formuler de traitement précis; suivant le membre, suivant les lésions, l’atrophie musculaire, etc., le massage et la mobilisation sont exécutés avec plus ou moins de force. Toutefois, si le malade avait encore delà fièvre dans les jours précédents, nous conseillons encore de la réserve, car, comme nous le verrons, ce n’est qu’après une semaine de température normale qu’on peut intervenir.
S’il est possible, le massage par pressions assez légères, aidé d’une mobilisation sans violence, est employé et peut suffire. Ce n’est qu’au cas où l’ankylose est complète, lorsque le malade demande avec insistance qu’on le mobilise, que la force est employée pour faire mouvoir les surfaces articulaires, et le traitement est analogue à celui que nous avons décrit pour toutes les ankylosés.
Traitement de la phlébite au début. — Mais nous pouvons beaucoup plus dans le traitement de la phlébite. N’est-il pas en
DAGBON. — MASSACrE ET MOBILISATION.
effet préférable (renipêclier rinfirmité plutôt (pie de la guérir ou plutôt l’améliorer?
Comme je le démontrai en discutant l’intervention de la mobilisation précoce (1), en mobilisant le plus tôt possible cette affection veineuse, la récidive devient l’exception et l’embolie devient d’autant plus rare. Or l’anatomie pathologique nous apprend que le caillot adhère aux parois veineuses vers le dixième jour. Il devient alors évident que l’on peut mobiliser le membre malade, naturellement avec précaution pendant quehiue temps; mais il faut le mobiliser le plus vite possible, ])our (|ue la (drculation rétablie n’autorise j)as la récidive, car c’est la mauvaise circulation qui a été la cause du bouillon de cultiue stable, tei*rain propice, prêt à recevoir l’inoculation microbienne.
Donc pendant huit jours, on prend la lemjiéialure pour être certain que la malade n’est |)as en puissance de pldébite pendant une semaine. On est assuré qu'il n’y a ]>as de caillot non adhérent et on peut mobiliser sans crainte.
Première période. — (i’est la période inllammatoire. Ce sont les huit jours de lutte entre le microbe et l’organisme. On ajrplique des compresses humides; on iiumobilise avec soin le membre malade. On pr’errd la températrrr-e : le tlrer‘momêlr*t* accuse 38°, 38°, 5, 39°, ou 39°, 5. La pr’emièi’e poussér» jrhlébitirjue est toujour-s jrlus fébrile. Nous n’insistorrs jras sur‘ la descr'iption de ru*dème blanc douloiu’eux, [)uis(|ue notrs n’inter venorrs [>as darrs celte jrremière période.
Deuxième période. — La lièvre tombe, l’oMlème persiste, la sensibilité veineuse de môme : cette deuxième jrhase est une jrériodc d’obser'vation. On pouir’ait rtrobiliser* sarrs cr-ainte la phlébite (jui a évolué la semaine précédente; son caillot est adhér'ent, mais qiri nous assure qu’une récidive ne se pr*épar*e pas? Nous ne le cr’oyons pas, mais la prudence exige cette attente, et chaque jour, matin et soir*, le thermomètre doit mar*quer 36°, 5-37° envir on. Une r*eprise de la température annoncer*ait une nouvelle poussée.
l.e panseiuent a été t*enouvelé chaque jour* pendant cette pér*iode ; le malade n’a pas remué le membt*(* phlébité autant que possible.
Troisième période. — Huit joui*s se sont écoulés sans incident ; il n’y a pas de récidive; il faut alor*s se hâter de mobiliser le malade. Dans cette première semaine de mobilisation, noirs jrensons fair’e lever le malade ; c’est le passage du décubitus à la station debout.
(1) Dacro.n, Mobilisation précoce dans le traitement de la jihlébite. Paris, 1800.