DANS LES MALADIES GÉNÉRALES
Action du massage sur la nutrition. — Nous avons constaté expérimentalement que le massage avait une action sur les centres nutritifs, puisque les pressions répétées sur les téguments sains d'une région agissaient sur les viscères du thorax et de l’ahdomen ; la diurèse, l’accélération du pouls en sont les manifestations les plus évidentes, mais ce n’est pas seulement sur la sécrétion urinaire et la circulation générale que nous agissons, nous régularisons toute fonction du système sympathique, qu’il s’agisse de nutrition, c’està-dire de l’entretien de notre économie, ou de tout autre travail de développement et de réparation.
Nous savons que la fonction nutritive, dans bien des cas pathologiques, se trouve faussée : il est d’observation commune de constater l’irrégularité de développement de certains tissus, après évolution de phénomènes pathologiques. Notons bien en passant qu’on ne saurait dire qu’il y a anémie de ces tissus ; les uns s’atrophient, mais d’autres s’hypertrophient. C’est ainsi que le tuberculeux vit, dit-on, avec son système musculaire et développe à l’excès les productions épidermiques.
Or, il suffit de masser le membre supérieur d’un phtisique pour reconnaître le fait : après mensuration des muscles du bras et de l’avant-bras, après indication sur les ongles par un trait au nitrate d’argent, on exerce quotidiennement des pressions légères sur chaque groupe musculaire du bras et de l’avant-bras, puis on mobilise passivement épaule, coude, poignet et main, on fait exécuter quelques mouvements au malade pendant deux ou trois minutes, après un même temps de gymnastique suédoise. Au bout d’une quinzaine, une nouvelle mensuration donne déjà un centimètre de plus de circonférence brachiale et à la lunule de l’ongle on constate une dépression très nette de la surface unguéale; après un mois, les effets sont plus que doublés.
Cette expérience banale nous permet de conclure à l’utilité d’intervenir dans tous les élals de dépression, de cachexie physique, par suite de dénutrition ou, pour être plus exact, d’irrégularité de nutrition,
DAGRON
MASSAGE ET MOBILISATION
Nous aurons dans ces divers états généraux : 1” des effets, locaux certains (actions sur les muscles influencés) ; 2^ des résultats généraux, les uns d’impression locale (a, tissus de la région massée, peau ; 6, organes du membre, vaisseaux), les autres par effets réflexes éloignés (poumons, cœur, mu([ueuse digestive, reins, etc.).
Notre action est donc bien généralisée à toute l’économie, et nous ne saurions obtenir un effet plus absolu, puisque c’est une régularisation delà fonction nutritive que nous assurons au malade.
Nous j)oiirrions, d’autre manière, analyser notre action sur ces maladies générales, en constatant (|ue la plupai t des symptômes sont combaftus heureusement par notre j)rocédé lhéraj)eulique, rendant inutile la juxtaposilion de médicamenfs symptomati(iU(;s bien divers. Ainsi, l’intoxication saturnine bénéficie des avantages de la massothérapie dans ses manifestations ])aralyti(pies, dans son état adynami(iue, dans son hypoglobulie, etc., et bien d(‘s maladies fébriles seraient sans doute améliorées au moment même de la péiiode aigui*, car ralionnellement le massage général devrait surtout assister la lièvre dans sa lutte de défense contre le [>oison pathogéni(jue, et non plus seulement aidei' le malade à ré|)arer les désordres de cette lutte; ainsi secondée, l’économie combat avec plus d’énergie pour que sa victoire lui soit moins coûteuse*.
Toutefois nous nous boi-nons ici à notre idée de l’éparation, de renuti’ilion, et nous concluons aloi's à l’indication très généralisée de notre agent pliysiepie simple, pralieiue et si efficace.
Iii(lic*atioiis du iiiassa*ïe dans se.s effets généraux. — 11 semblei ait que cette conclusion devient exagéi*ée et(|u’elle aboutità faire du massage une panacée pour tout état pathologique. Nous ne reculons pas devant les conséquences de cette conclusion, car en l'ecom mandant le mouvement et l’exercice, nous ne serions pas taxés d’exagération, et qu’ajoutons-nous donc, sinon une mobilisation un |)eu plus rationnelle, précédée de quelques manœuvies (jui pré])ai (*nt au mieux les tissus à ces mouvements essentiellement physiologiques.
Nous pouvons donc donner, comme indication générale, (jue le massage doit être employé dans tous les états dystrophiques, (ju’il s'agisse de maladies essentielles, ou de coni])lications semblables à la suite de maladies générales graves, ayant occasionné une déchéance de l’économie. Nous prenons ici le mot de maladies générales dans sa plus entière acception, y comprenant tous les états locaux avec manifestation générale.
11 est évident (ju’un phlegmon du membre supérieur qui a nécessité plusieurs ouvertures et contr'ouvertures, qui a fait inonter je tlieiv