TECHNIQUE DU MASSAGE GÉNÉRAL
momètre à 40°, 5, ne laisse pas seulement dans le bras des traces de son passage ; l’état général demande assistance et le massage local se chargera d’ajouter ses effets à distance ; mais il devient d’autant plus nécessaire.
Nous diviserons donc ces maladies générales en maladies locales à manifestations générales (phlegmons, ostéomyélites, etc.), en maladies générales proprement dites (fièvres éruptives, fièvres typhoïdes), en maladies telluriques virulentes et infectieuses, comme la fièvre paludéenne, la diphtérie, la rage, etc., en maladies dystrophiques et dyscrasiques (rhumatisme, diabète, anémie, lymphadénie, etc.), enfin en intoxications (alcoolisme, saturnisme, etc.).
Nous ne détaillerons certainement pas tous ces états, nous décrirons quelques types qui pourront servir de modèles pour des cas analogues, nous réservant de discuter la question du cancer et de la tuberculose, qui ont été considérés comme des contre-indications, et qui en rappelleront sans doute un jour.
Technique du massage général. — Chez un adulte en santé normale, le massage général est dit hygiénique, physiologique. C’est d’ailleurs un homme bien portant que nous allons masser, modifiant plus ou moins nos manœuvres chez des malades de résistance variable.
Notre action est le plus souvent générale et s’adresse à toutes les parties du corps, membres et tronc, mais on peut agir de façon générale sur une partie de l’organisme. Ainsi fait-on, quand on veut obtenir quelque effet sur la circulation générale d’un cardiaque: on ne masse que les membres supérieurs. On peut ne faire de pressions que sur la paroi abdominale, quand on désire influencer la fonction digestive, l’urination ou la circulation porte.
En tout cas, on ne saurait masser le corps entier dans la même séance, sans opérer trop vite, ou sans fatiguer le sujet : mieux vaut diviser le corps en deux zones: a) l’une comprend le membre supérieur gauche avec l’épaule et le côté du cou correspondants, puis le membre inférieur droit avec le dos et la région lombaire ; 6) l’autre zone comprend le membre supérieur droit avec l’épaule et le côté du cou correspondants, enfin le membre inférieur gauche avec la paroi antéro-latérale de l’abdomen.
Chaque séance ne doit pas excéder une demi-heure, pour ne pas fatiguer le patient. Celui-ci est allongé pour le massage des membres inférieurs et fabdomen, mais il est assis pour le massage du bras et du cou.
Au membre inférieur, les pressions s’adressent aux ligaments des jointures, aux loges musculaires de la jambe et de la cuisse (fig. 16, 17) ;
Physiothérapie. III. 15
DAGRON
MASSAGE ET MOBILISATION
le sujet reste bien allongé, la tète basse, respirant largement pour ne pas faire elToi’t. La main du masseur évite les veines saphènes, la région poplitée, le lit de l’artère fémorale et le triangle de Scarpa. A l’abdomen, la main i*especte la région hypogastrique, l’hypocondre droit et la moitié droite de la région épigastrique pour éviter le foie, organe sensible et fragile ; elle suit d’ailleurs la direction des libres des grands droits antérieurs de l’abdomen et des gi*ands obliques. Au membre supérieur, les pressions s’adressent de même aux ligaments des articulations, puis aux loges musculaires de l’avant-bias el du bras, aux muscles de l’é[)aule et du cou, suivant la direction des libi’es, comme nous l’avons indi([ué dans nos figures 13 à 15. Le })atient se retourne et se couche sur l’abdomen pour ([ue les mains du masseur suivenl les masses charnues des gouttières vertébrales, des lombes, du dos et de la niKpie.
Ces mouvemenis sont suivis de mo])ilisation passive de chaque jointure el d’exercices actifs prati(iués [)ai'les malades, sans haltères, ni poids d’aucune sorte. Le matin est la meilleure heui’e de choix ; c'est aussi la ])lus commode pour les personnes bien ])ortantes qui ne recherchent dans le massage (ju’un exerciee modéré et rationnel. Les pressions varient de durée et d’iulensité, suivant l’état général et local du malade. Rappelons ([ue, chez l’enfant et l’adolescent, les j)ressions doivent fuir les régions osseuses et articulaires.
Maladies locales avec phénomènes généraux phlegmons diffus).
11 arrive fréquemment ({ue des phlegmons en voie de cicatrisation nous sont conliés, afin d’améliorer la souplesse des articulations et la force des muscles du membi e. Mais ce sont là travaux de réparation que nous counaissons déjà, oii nous pouvons d’ailleurs lendre de grands services. Or le phlegmoneux peut proliter davantage de notre intervention ; avant, pendant et après sa convalescence, il a intérêt à être soumis à un traitement complet de massage et mobilisation. Examinons successivement nos procédés massothérai)i(|ues (|ui varient avec chaque période de la maladie.
Technique. — a) Période aiguë. — Nous pourrions diviser en un très grand nombre de périodes l’évolution de la maladie, car nos manœuvres sont bien différentes dans la période de début de l’affection et au moment de l’élimination du tissu cellulaire si>hacélé; mais ces diverses péi iodes sont mal délimitées, quand le pblegmon devient diffus ; et il y a des régions du membre supérieur qui commencent seulement à être envahies, alors que tout à C(Mé les tégu-
PHLEGMONS DIFFUS.
ments sont déjà mortifiés et laissent s’écouler des lambeaux de muscles ou de tendons. Nous ne pouvons donc mieux faire que diviser en deux périodes la marche de cette maladie ; la période aiguë ou de résistance au mal, et la période de réparation.
Dès que nous soupçonnons par la température, parles symptômes locaux et généraux qu’un phlegmon va évoluer, nous devons chaque jour mobiliser nous-même chaque articulation du membre, afin d’être bien certain qu’il n’y aura pas oubli de quelque article, et nous recommandons au malade ou à son entourage de mobiliser le plus possible entre les deux pansements, entre les deux séances de mobilisation toutes les articulations des doigts, de la main, du coude, de l’avant-bras. Ces mouvements sont parfois assez douloureux, surtout si les gaines de la main sont envahies ; on recommande alors au malade de profiter du bain antiseptique pour faire ces exercices : ils seront moins pénibles.
11 n’y a pas de comparaison à établir entre un malade qui a été mobilisé pendant toute sa période aiguë et celui qui sort d’appareils ouatés. Ces pansements immobilisent d’autant mieux la main que le malade a bien protégé son avant-bras, en le cachant dans une écharpe, d’où il aura bien soin de ne le sortir que le soir en se couchant. Car il sait, dans sa pusillanimité, que le moindre mouvement est sensible, et comme on n’a pas spécialement parlé de mobilisation, que parfois même on a recherché de l’immobilité en faisant de la compression, la période aiguë s’achève pour le malade dans des conditions déplorables; la durée de son évolution a permis des ankylosés d’autant plus accentuées, qu’il y a eu des arthrites par voisinage, et on nous présente à la période de convalescence des mains de justice dont nous obtiendrons peu de mouvements utiles, malgré de longs et patients efforts.
Nous ne voudrions pas qu’on en conclût que, si la mobilisation est conseillée dès le premier jour, les mouvements sont assurés pour favenir; il est des cas où les lésions sont telles qu’il est impossible de ne pas obtenir d’ankyloses. Ces phlegmons où tout un groupe de muscles et tendons sont éliminés, où les articulations sont ouvertes, en un mot les vastes phlegmons diffus de tout un membre ne sont jamais guéris ad integrum, mais nous pouvons encore affirmer que la mobilisation est un des meilleurs garants du maximum des mouvements à recouvrer, et nous dirons même, sans crainte d’être démenti, que la mobilisation favorisera la lutte contre l’envahissement.
Dès que les phénomènes aigus s’amendent, avant même que la période d’élimination des escarres soit terminée, nous conseillons de
DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION
faire du massage général sur le bras du côté opposé, tout en continuant la mobilisation des arlicutations du membre malade. De ce coté, pendant le pansement, il est bon de faire des pressions le long des loges musculaires, au-dessus des parties malades ; nous ne parlons pas des manœuvres évacualrices (jui accompagnent tout pansement des régions qui suppurenl.
Période de réparation. — La part du mal est faite : le segment du meml)re atteint nous présente des raideurs simples et de la faiblesse musculaire, si les lésions sont très peu étendues. IVlais c’est rexc('|)tion : en générai, des muscles et des tendons ont été détruits en par tie et, leiii’S gaines disparues, ils adhèi’ent aux plans voisins; les synoviales ar ticulair-es se sont entlammées par voisinage et il y a des ankylosés complètes ou rncomplètes, la peau adhère aux tissus voisins, etd’ailleiu'sla cai'actérislique de cet état estdueàcette adhérence des diver s tissus entr-e eux, résultat de la disparition du tissu cellulair’e lâche de la r-égion.
Le massage entre alor-s en jeu; des pr*essions moyennes vont mobiliser la |»eau sur- les muscles, et les muscles entrée eux. Des jrressions seront exei’cées sur les muscles de la main, éminences et interosseux, tendons des tléchisseurs (d des extenseurs, puis sur les coi'irs musculaires de l’avant-br-as. Des mouvements sont exécutés sur les tendons ayant pour etfel de les faii'e rouler les uns sur les autres au niveau du poignet, et de les faire glisser sur les plans jn ofonds aux doigts et à la main. On mobilise aussi la peau des cicatrices.
Aces manœuvres très importantes fait suite une mobilisation passive de cha(|ue jointure, en insistant sur tout sur celles qui ont été enraidies ou même ankylosées. On tente de la mobilisation sans douleur, mais s’il est nécessaire de dépasser la douleur, pour obtenir des mouvements im])ortants, on exécute ces manœuvres douloureuses, sans bimlalisalion toutefois, et sur tout en ne cherchant jras à gagner en une séance toute l’étendue d’un mouvement.
Les conditions sociales du malade, ses occupations, sa profession sont autant d’indications pour nous dicter notr-e conduite.
On peut ainsi arriver à faire soutfrir longtemps un malade fort ankylosé qui ne demande cependant qu’à signer des actes, c’est-àdire à pouvoir tenir un porte-plume, et un vir tuose, peu atteint, mais qui désir'e retrouver une main aussi souple qu’avant l’évolution d’un phlegmon des gaines du poignet.
La durée du traitement dépendra du but qu’on se propose en pareil cas, d’autant plus qu’apr’ès avoir essayé de mobiliser et de j'ééduquer une main, un poignet, s’ilexistequelque jointure défectueuse, ({uelque