‹ KinésithérapieChapitre 91 sur 198 · FIÈVRES ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

FIÈVRES ÉRUPTIVES

muscle inutile, la massothérapie n’a pas encore donné son dernier conseil: les suppléances musculaires et articulaires peuvent restituer des fonctions qui semblaient condamnées.

Mais dans cette période de réparation, le membre malade va demander à l’organisme les matériaux nécessaires pour régénérer tissus et fonctions locales ; or, nous avons déjà lutté contre l’agent infectieux, et l’économie épuisée est insuffisante pour une réparation immédiate ; elle fera attendre quelquefois longtemps le membre affaibli et les lésions vont se fixer et même proliférer. C’est donc précisément l’instant d’actionner l’état général, de lui donner son maximum de résistance, pour qu’il puisse tendre de plus en plus à l’équilibration de ses forces. L’action locale est déjà un excellent point de départ réflexe nutritif, mais le massage général, et non seulement sur le membre supérieur du côté sain, comme nous le faisions discrètement pendant la période aiguë, mais sur tout le corps et surtout à la paroi abdominale, réveillera toutes les fonctions nutritives qui tonifieront le convalescent et lui rendront rapidement toute sa résistance.

Rappelons qu’à ce massage sont jointes une mobilisation passive et surtout une mobilisation active sous forme d’exercices d’assouplissement des deux membres sans poids, d’une durée ascendante de une, deux, trois, quatre et cinq minutes, jamais davantage, les faisant répéter deux ou trois fois par jour, et que ces exercices seront vite remplacés par un ou deux sports faits avec modération, marche, bicyclette sur terrain plat.

Nous aurions pu ajouter ici les diverses affections inflammatoires localisées aux jointures, aux os, aux vaisseaux, et qui présentent aussi des manifestations générales, ostéomyélites, arthrites, phlébites, etc. Elles sont susceptibles d’un traitement général, comme le phlegmon diffus, pendant qu’on soigne le membre malade.

Fièvres éruptives (rougeole).

Nous prendrons, comme type, la rougeole, parce que nous avons déjà parlé de la variole aux cicatrices de la face et que nous pensons utile de rappeler que la mobilisation thoracique ne doit pas être oubliée, quand elle est aussi nettement indiquée.

Tout malade atteint de fièvre éruptive présente, au moment de la convalescence, un état de dépression qui nécessite un traitement réparateur. Toniques, suralimentation ont été déjà indiqués; nous pensons que le massage doit être de règle dans la convalescence d’un enfant atteint de variole, de rougeole, de scarlatine. Le poison correspon-

DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION

dant à chaque fièvre s’éliminera mieux, si les divers émonctoires ronctioniienl hien, et voilà encore une nouvelle indication de la massothérapie qui favorise la sécrétion sndorale et l’élaboration urinaire.

Enfin chez le rubéolique, dès les premiers jours, la gymnastique resjiiratoire modifie heureusement les synqttômes bronchiques. Pendant la période fébrile, recommandons de faire plusieurs fois ]>ar joui’, pendant deux minutes, (t’amples ins])ii*ations, sans excès, avec mouvements des bras, ceux-ci étant exécutés j)endant l’inspiration ou après l’inspiration, ])ar conséquenl aidant ou gênant l’ampliation lhoraci(|ue. Plus lard ces exei'cices seront répétés eu mai'chant.

Sitél après hi premier bain, le massage général (piolidien est commencé et est continué pendant un mois, avec exercices consécutifs. Les exercices respiratoires sont aussi continués j)endant la durée des massages généraux.

Il est inutile d’ajouter (jue toutes complication viscéi’ale demande (|uel(iue réserve : le médecin reste juge de l’indication, quand le massage doit être cessé ou rej)ris, modéré ou accentué.

rdiaque fiè\re éruptive est massée de la sorte au moment de la ])éiiode de convalescence: larésistancede Piuifantaux complications et aux inoculations diverses (|ui lui font pai fois contracter des séric's de fièvres éruptives ou de maladies graves, se rencontrerait plus fré(|uemment, si par la massothérapie générale il était placé dans des conditions meilleures.

Fièvres virulentes (fièvre typhoïde;.

Les fièvres éruptives ont été surtout utilement massées dans un l)ut général; mais, parmi les fièvres viiulenles, il en est qui ont une action beaucoup plus manifeste sur l’organisme, qui l’obligent à une résistance toute spéciale, le plaçant dans un état de dépression qui demandera un certain temj)S à disparaili*e, s’il disparaît, et qui fra[)pent des appareils sur lesquels le massage aune action évidente. Il en est ainsi pour la fièvre typhoïde qui i*etentit longtemps sur l’organisme et sur le tube digestif en particulier, la diphtérie (jui anémie tant par son poison et frappe l’appareil musculaire, la fièvre paludéenne qui cachectise par ses désordres sur le globule sanguin.

En dehors des conseils de respiration méthodique donnés au typhique, pour qu’il résiste aux affections bronchi(jues dues à l'hydostase et au man([ue d’ampliation thoracique, le malade est abandonné à lui-même pendant sa période fébrile, jusqu’à ce que la tem-

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