CANCER, TUBERCULOSE
exercices de respiration méthodique qui donneront à la circulation pulmonaire et aux bronches la résistance suffisante pour éviter Fenvahissement. Rendons les membres souples, adroits, agiles pour éviter le traumatisme, développons le territoire pulmonaire, étendons le champ de l’hématose. Nous dirons même, pour appliquer toujours l’adage aristotélique : le mouvement c’est la vie, mobilisons l’arbre bronchique, pour que la vitalité des troncs pulmonaires en soit accrue.
Donc tous les six mois, une série de séances de massage général suivies de mobilisation avec exercices respiratoires et sports divers, sans surmenage surtout, constitue la meilleure prophylaxie contre la tuberculose .
Malgré nos soins, ou plutôt malgré nos avis, si le bacille de Koch s’installe dans une de ses régions habituelles, aux épiphyses, au sommet du poumon, aux méninges, notre action variera suivant le lieu d’élection, et nous ne serons que des assistants de peu de mérite, si notre intervention se borne à terminer la convalescence d’un de ces jeunes malades; car il restera en général plus que des traces du passage du mal, en admettant même que le bacille n’aura pas vaincu la faible constitution à laquelle il s’est attaqué.
Ne parlons pas du méningitique qui a résisté, mais qui est toujours guetté par la récidive, du phtisique dont les désordres pulmonaires évoluent, mais suivons les enfants dont les os et les articulations deviennent malades.
La tuberculose articulaire, comme l’a très judicieusement montré Lannelongue, débute par une épiphyse voisine ; c’est, à la hanche, la tête fémorale ; c’est, au genou, un condyle du fémur, ou un plateau tibial; n’insistons pas sur les raisons, elles sont connues comme d’ailleurs l’évolution de la maladie. L’enfant souffre, mais ne se plaint qu’après fatigue, il boite le soir ; peu à peu l’articulation devient douloureuse à toute heure et l’enfant contracture ses muscles qui immobilisent la jointure. Le mal en reste là et l’enfant guérit avec une ankylosé plus ou moins complète, ou bien des désordres plus étendus compliquent l’ostéite; des abcès avec toutes les graves complications nécessitent des traitements souvent désespérés, dont les moins cruels se terminent par l’ankylose avec raccourcissement du membre, et les plus pénibles nécessitent l’amputation, et encore, si le chirurgien arrive à temps.
Ce tableau rapide nous montre que notre intervention, comme à peu près toutes, devient inutile une fois que la contracture s’est installée, car l’infirmité menaçante est alors confirmée. Le problème se pose donc plus simplement : U ne faut pas que la tuber-
DAGRON
MASSAGE ET MOBILISATION
culoso évolue au point d’amener des douleurs articulaires et des contractures.
Aussi nous demandons avec insistance que l’enfant qui se plaint de douleurs à la hanche, au genou, comme au rachis ne se tienne plus debout et surtout ne marche plus. Ce simple fait de ne pas traumatiser continuellement les surfaces articulaires, voisines du foyer tuberculeux intra-é])iphysaire, sufüt souvent pour que le membre qui commençait à s’enraidir au voisinage de la jointure, se remobilise au lit; nous conseillons alors de dirige)* cette mobilisation j)ai* des mouvements léguliei’s.
r.e])endant un ti’aitenumt local l'évulsif, un li'aitement généial doid l’huile de foie de morue est h* p! inci[)al remède, mais surtout lè séjour* à r)ei*ckavec absor[)tion, à chacpie mai’ée, de l’embr un delà vague montante forment une tiinité thé)*aj)eiiti(jue dont les effets sont à |)0u pr*ès cer*tains, siu’toutrprand la tuberculose est demeur*ée int)*a-é[)iphysai)*e ; et si (juelque abcès avait déjà évolué, c’est encor*e celte triple indication (jui j)er*mettr*ait au chiriu’gien de )*éussir* toutes ses interventions.
La mobilisation est continuée jus(|u’à C(‘ que la moindr*e sensibilité des épipliyses ait dispar*u ; elle a jrer tnis dr; conser ver* la souplesse articulair*e et a eutr*etenu la musculatin*e suffisamment ])our que l’eufanl t*etr*ouve la force de cornrrrencer de suite ses exer’cices méthodicpies de statiorr et de mar’cbe. Le massage général a été exécuté aux tr*ois membr es sains et aux r égions diverses du tronc. Il a un double but; il est propbylactiqrre et communique son jrouvoir vital.
L’enfant qui a commencé des lésions intr*a-articulair*es se remet avec quelque lenteur*; celui dont l’articulation est encore indemne se guér it rapidement, mais ne comrneltons pas l’imprudence d’abandonner tr’op tôt cette thé)*a[)eutique physique et climatérique.
Ce sont donc là tubei*culeux guéris et sans accidents locomoteur*s : la réussite est loin d’étre absolue, mais nous pensons que si la méthode était strictement observée, il y aur*ait peu d’ankylosés. Est-il besoin d’ajouter que ces enfants sont suivis, en dépit de leur* guérison, jusqu’à l’heur*e de la consolidation cornjrlète du squelette, que leur* démarche est en observation, et que plusieurs jour*s de repos sont nécessités à la moindre douleur?
Les enfants qui ont eu des lésions plus pr’ofondes, qui ont été entr’epris trop tar’divement, guérds aux dépens d’une ankylosé généralement complète, sont ti’aités de façon bien différente ; nous ne pouvons insister sur* les détails de toutes ces interventions chir*ui*gicales qui réussissent d’autant mieux que l’enfant est dans un