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l'ennemi avec assez de vigueur pour l'empêcher d'y porter ses forces.
Il a pensé qu'on ne pouvait argumenter de la nécessité de protéger Nantes : i° parce que cette ville, avec les seules forces qui sont en ce moment à la disposition du général Canclaux, avait déjà résisté à l'ennemi, qui était alors maître de la rive droite de la Loire et qui, par conséquent, l'attaquait sur tous les points; 2° parce que les Rebelles étant maintenant resserrés de l'autre côté de la rive gauche, Nantes ne peut être attaqué que par un seul point et que ce point est fortifié et défendu par un pont sur la Loire, qui a près d'un quart de lieue ; 3"" enfin, parce que l'armée de Nantes étant sortie et marchant en avant, il est prouvé par cela seul que Nantes n'est pas en danger. Il est prouvé également qu'on ne pouvait pas plus argumenter du danger des côtes, puisque l'armée de Boulard i avait résisté seule à l'effort de l'ennemi et que, réunie à celle de Nantes, elle n'avait rien à redouter et pouvait même attaquer avec succès. Enfin, il a fait sentir, comme l'un des préopinants, le danger de voir couper les com-
I. Henri-François Morille de Boulard, né à Paris en 1746, enseigne au régiment de Périgord en i;j62, capitaine dans celui de la Marche en l'j'jQ, chevalier de Saint-Louis en 1782, major du régiment de Royal-Marine en 1783. L'émigration de tous les officiers nobles de ce régiment, devenu le 6o« d'infanterie, fit que Boulard fut mis à sa tête avec le grade de colonel, en i;j9i. Il se trouvait en garnison à la Rochelle avec une partie de son régiment lorsqu'éclata le soulèvement Vendéen de mars ijgS. Dès le début, il fit partie de la petite armée du général Marcé, qui en fit son chef d'état-major. A la suite de la défaite de ce général, au Pont-Charrault, le 19 mars, Boulard réussit à rallier les troupes à Saint-Hermand et à reformer l'armée, qui le proclama général. Cette nomination fut confirmée quelques jours après par les représentants Niou et Trullard. Boulard ne cessa de déployer une activité et une énergie considérables pour organiser la résistance contre les royalistes. Il se multiplia pour constituer une petite armée, susceptible de défendre les Sables-d'Olonne et le pays environnant. C'est à cette armée qu'il fait allusion dans ce document. Boulard est mort à la Rochelle, en 1794.
munications, si l'ennemi se portait sur Saumur, et de manquer de subsistances.
Il a pensé, comme lui, que le seul mouvement utile était celui que ferait, par Saumur, l'armée de Mayence, parce qu'il pourrait s'effectuer en trois jours, tandis qu'il en faudrait plus de vingt pour arriver, par Nantes, à un point où elle ne serait encore qu'à la même distance du repaire des Brigands.
Sur quoi, le Conseil délibérant, il a été arrêté, à l'unanimité, que les observations ci-dessus, ainsi que le mémoire présenté par l'un des généraux, seront mis sous les yeux du Comité de Salut public et qu'à cet effet, un officier général, employé dans l'armée depuis le commencement de la guerre, sera député pour répondre aux observations qui pourront être faites, tant sur les localités que sur la position de l'ennemi, et que, cependant, l'armée de Mayence se mettra de suite en marche sur Saumur, d'où elle pourra suivre sa marche sur Nantes par la rive droite de la Loire, si le Comité de Salut public persiste dans son arrêté, ou attaquer l'ennemi par la rive gauche pour marcher également sur Nantes, si le Comité de Salut public prend une autre détermination.
Le général Joly a été choisi pour présenter au Comité de Salut public le présent procès-verbal dressé par le Conseil de guerre et lui présenter l'ordre de route de la garnison de Mayence déterminé par le général Dubayet, d'après les ordres qu'il a reçus i.
(Arch. Nat., AFii 272, rec. 2284, p. 27.)
I. En marge, on lit : « Remis le 3o août par le général Joly, de la part des représentants du peuple près l'armée des côtes de la Rochelle. »