‹ Kléber en VendéeChapitre 11 sur 170 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

n'hésita jamais à prendre toutes les responsabilités dans un combat, éprouva, pour le commandement suprême, une aversion qu'il ne sut jamais plus dominer. Aussi, lorsqu'il apprit la réquisition des représentants du peuple du ^ octobre, sans aucun retard, il écrivit au ministre de la Guerre. « Me connaissant mieux que personne, lui disaitil, je dois à la cause sacrée que je défends, le sacrifice de mon amour-propre. Je dois dire que je n'ai ni assez de lumières, ni assez d'expérience, pour répondre d'une manière brillante à la marque de confiance des représentants du peuple. L'intérêt de la patrie m'est plus cher que ma réputation, et je le trahirais si je ne me dévoilais tout entier. Vous seriez plus coupable que moi, si vous n'aviez égard à la prière que je vous fais, de me soustraire au poids d'un fardeau trop lourd pour mes épaules i. »

Le même état d'esprit, la même pusillanimité selon le mot de Dubayet ^ lui fit, après la déroute d'Entrammes et de Ghâteau-Gontier, décliner l'offre des représentants et demander que le commandement fût confié à Chalbos. Plutôt que d'accepter pour lui-même, il eût préféré continuer à servir sous les ordres de Léchelle 3. C'est pour la même raison qu'on le voit, quelques semaines plus tard, trouver cette combinaison bizarre, qui fait de Marceau un général commandant d'armée, sous l'autorité nominale de Rossignol, à la condition que le « fils aîné du Comité de Salut public 4 » restera personnellement à Rennes. Et c'est lui, Kléber, qui guidera, en fait, le jeune Marceau. 11 n'en fait pas mystère. Il paraît tenir, au contraire, à ce que nul ne l'ignore. C'est pour le même motif que, plus tard, il se refusera à quitter l'armée de Sambre-et-Meuse pour prendre le commandement en chef de l'armée du Rhin devant Mayence, et qu'il s'irritera des instances de Marceau et d'Aubert-Dubayet. Enfin, on démêle un sentiment ana-

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