Rossignol au Comité de Salut public
Vitré^ 3o germinal an II (19 avril 1594).
Citoyens Représentants,
Le ministre me demande aussi des détails sur la guerre des Chouans, dont il paraît qu'on exagère à Paris le nombre et l'influence.
Le caractère que cette guerre paraissait prendre, l'événement malheureux arrivé à la diligence de Rennes, m'ont déterminé à venir moi-même sur les lieux, pour prendre une connaissance exacte de l'état des choses. Je vous ai déjà fait passer la carte des cantonnements que le général Kléber a placés. Je joins à cette lettre une copie de son dernier rapport et je vais vous soumettre les réflexions et les observations que j'ai eu lieu de faire.
Les Chouans sont jusqu'ici plutôt une troupe de voleurs et de déserteurs qu'un corps de révoltés redoutable par son influence politique. Des communes fanatisées, effrayées par la première réquisition, leur ont prêté des secours en hommes et en vivres, et leur ont donné une sorte de consistance. Mais ce qui doit rassurer à leur égard, c'est que, même alors que le petit nombre des troupes qu'on leur opposait empêchait de donner aux postes toute la force nécessaire, ils n'ont tenté avec avantage d'en surprendre ou d'en désarmer aucun