‹ Kléber en VendéeChapitre 2 sur 170 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

géantes. De tous côtés, on insistait auprès des pouvoirs publics, pour que les défenseurs malheureux de Mayence fussent dirigés sans délai sur la Vendée, où les troupes régulières faisaient défaut. Officiers et soldats avaient été héroïques. Les amis de Reubell et de Merhn aidant, on s'explique aisément le succès de celui-ci, lorsqu'il parut à la tribune, noir de la poudre du combat et de la poussière de la route, encore vêtu de ce costume théâtral, mi-parti d'artilleur et de représentant du peuple en mission, qu'il avait accoutumé de porter quand il était à l'armée. On comprend mieux encore l'enthousiasme soulevé par la comparution à la barre d'Annibal Aubert-Dubayet, le brave Annibal, comme on l'appelait. Passant d'un extrême à l'autre, la Convention décréta, le i^'" août, que la garnison de Mayence avait bien mérité de la patrie et qu'elle serait transportée en poste, jusqu'à Tours, pour être employée dans l'Ouest, avec ses chefs.

On sait que le même décret prescrivait la destruction de la Vendée par tous les moyens.

A ce moment-là, deux armées principales s'efforçaient de lutter contre les insurgés : l'une, celle de Nantes, dite des côtes de Brest, était de beaucoup la moins forte numériquement. Mais elle comprenait quelques régiments aguerris, tels les 77*" et log*' d'infanterie, et des bataillons de volontaires, qui avaient déjà fait leurs preuves. Elle était commandée par un militaire d'ancien régime, brave et prudent à la fois, le comte de Caudaux, et, sous ses ordres, par Grouchy, Vergues, Beysser, qui tous avaient donné des gages indiscutables de la confiance qu'à des degrés divers on pouvait avoir en eux. Cette armée avait à son actif une belle et heureuse campagne dans le Morbihan et sur les deux rives de la Loire. Elle avait surtout pour elle sa glorieuse défense de Nantes, où elle avait vaincu et repoussé sur tous les points, le 29 juin précédent, les efforts combinés des Vendéens, qui étaient venus se briser contre sa résistance.

L'autre armée, dite des côtes de la Rochelle, beaucoup plus nombreuse, et dont la partie principale était stationnée depuis peu à Sauniur et dans les environs, ^avait alors

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