‹ Kléber en VendéeChapitre 21 sur 170 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

il obtenait peu de résultats. Car les Chouans, connaissant les moindres sentiers du pays, les plus petits halliers, les « caches » les plus secrètes, échappaient le plus souvent aux recherches. Répartis en une infinité de petites bandes, composées parfois de quelques hommes seulement, ils disparaissaient au moindre mouvement des troupes Républicaines et surgissaient tout à coup, nombreux, là où on les attendait le moins.

Ils étaient partout et nulle part ï. Très convaincu de la nécessité de suivre, dans la répression, une méthode raisonnée et dont il ne faudrait pas se départir un seul instant, Kléber avait dressé un nouveau plan, dont l'exécution aurait, sans doute, là encore, amené peu à peu la fin des hostilités et la pacification du pays ^. Malheureusement, ni son général en chef, ni les représentants en mission n'étaient capables de comprendre que des mesures purement révolutionnaires ne suffisaient pas pour remédier à l'état de choses existant. D'ailleurs le Comité de Salut public, qui avait besoin de rassurer immédiatement l'opinion générale, inquiète, harcelait les commissaires de la Convention et Rossignol, et ceux-ci, à leur tour, se retournaient vers Kléber. Des tiraillements inévitables en résultaient : celui-ci en était excédé.

D'autres difficultés lui furent suscitées par Turreau. Toujours haineux et jaloux, le général en chef de l'armée de l'Ouest n'entendait pas lui laisser poursuivre ses opérations contre les Chouans, dans les régions de Laval,

1. « Je vous adresse aujourd'hui, 4 floréal an II (23 avril 1794). quelques rapports qui n'ont aucune importance. S'ils passaient par les mains de Rossignol, il en ferait des victoires. Il n'en serait rien et les Chouans se riraient toujours de notre jactance. J'ai reçu d'eux beaucoup de coups de fusil, qui ont porté. J'ai riposté, et je n'ai pas eu le bonheur de venger nos frères morts. On ne voit les Chouans qu'à leur loisir... La guerre des frontières est un jeu auprès de celle des Chouans. » {Kléber au Comité de Salut public; lettre citée par Pajol, Kléber, p. loi.)

2. « Le général Kléber a réduit la guerre que nous faisons aux Chouans à un système, au moyen duquel on peut la terminer avec avantage. Il ne faut pas être étonné si dix mille hommes y sont employés, parce qu'ils sont divisés sur une surface d'environ trois cents lieues carrées, dans le pays le plus couvert, le plus coupé de la France. » (Rossignol à la Commission du mouvement des armées. Laval, i" mai 1794. Lettre citée par Savary, loc. cit., III, 5i6.)

KLÉBER EN VENDEE. h.

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