CHAPITRE PREMIER
J'arrivai le 22 août à Tours, l'armée de Mayence y était -- *°"* ^^^^
Arrivée du géné-
venue en poste et se trouvait réunie en cette commune raïKiéberàiours. depuis plusieurs jours ^
Le général de brigade Aubert-Dubayet la commandait ^3, 24, 25 août. en chef, Merlin etReubell, représentants du peuple, furent attachés à cette colonne, qui, suivant les résolutions prises, devait rester intacte sous la dénomination d'armée de Mayence. Nous trouvâmes à Tours les représentants du peuple Glioudieu ^ et Richard ^, les généraux de division
1. Un seul bataillon, le 5= du Bas-Rhin, qui arriva à Tours le 10 août ijgS, fit réellement la route « en poste ». On reconnut, à l'expérience, que pour amener ainsi tous les Mayengais, il faudrait tenir en réquisition, pendant dix-huit jours, plus de chevaux et de charrettes qu'on n'en pourrait réunir sur la route de Nancy à Orléans. Encore, tous ces efforts aboutiraient-ils à peine à amener l'armée, le 27 août, dans cette ville. On employa un moyen mixte qui permit aux troupes de se trouver toutes réunies à Tours, aux environs du 20 août.
2. Pierre-René Choudieu, né à Angers le 26 novembre 1761. Après avoir pris ses grades universitaires, il devint gendarme dans la Maison du roi, avec rang de sous-lieutenant, passa dans l'artillerie, puis revint à Angers où il acheta une charge de substitut au Présidial. L'un des fondateurs de la Société des amis de la Constitution. Député du département de Maine-et-Loire à l'Assemblée législative, puis à la Convention. En mission à Saumur au moment de l'arrivée des Mayençais dans l'Ouest. Compris par le Directoire parmi les complices de Babeuf, puis inscrit sur une liste de suspects par Fouché, il se réfugia en Hollande en l'an IV. Rentré en France en 1814, lieutenant extraordinaire de Police à Dunkerque pendant les Cent-Jours. Exilé comme régicide en 1816; rentré en France après la révolution de juillet i83o, mort à Paris le 9 décembre i838. Il a laissé des Notes et des écrits divers sur les événements auxquels il a été mêlé. Ses manuscrits se trouvent aujourd'hui à la Bibliothèque de la ville d'Angers et ont été publiés en partie par M. E. Quéruau-Lamerie d'une part, et par M. V. Barrucand d'autre part.
3. Joseph-Etienne Richard, né à la Flèche, qui faisait alors partie de l'Anjou, le 28 septembre ij6i. Accusateur public près le tribunal de sa
go KLÉBER EN VENDÉE.
Menoii ï et Sariterre, avec Joly 2, général de brigade, tous de l'armée des Côtes de la Rochelle, et le représentant Philippeaux 3, de l'armée des Côtes de Brest. Cette rencontre occasionna quelques conférences, où il fut discuté s'il
ville natale en 1791, député delà Sarthe à la Convention. Envoyé en mission dans l'Ouest, il institua à Tours la première commission militaire, le 16 juin 1793, fit avec Ghoudieu partie de la commission des représentants, à Saumur. Préfet de la Haute-Garonne le 8 mars 1800 (12 ventôse an XII), membre de la Légion d'honneur le i4 juin 1804 (25 prairial an XII), baron de l'Empire le 9 mars 1810, préfet du Calvados pendant les Cent- Jours; excepté par faveur spéciale de la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides; mort à Saintes (Charente-Inférieure), le ly août i834-
1. Jacques-Fi'ançois de Menou, baron de Boussay, né à Boussay (Indreet-Loire), le i3 septembre 1^56, entré au service dès 1566, maréchal de camp en i;j8i, député de la noblesse de Touraine aux États Généraux de 1789, fut un des premiers de son ordre à se réunir au Tiers-État; commandant en second du camp sous Paris, en 1792; envoyé en Vendée en 1793, il dirigea la défense de Saumur le 9 juin, fut battu et blessé grièvement. On connaît son rôle à Paris et en Egypte, membre du Tribunat à vie, grand-officier de la Légion d'honneur, mort gouverneur de Venise le i3 août 1810.
2. Thomas Joly, né à Bayonne le 11 août ij48, soldat au régiment d'Auxerrois en 1775 ; quartier-maître en 1782; s'était distingué dans la guerre d'Amérique, capitaine au 12' régiment d'infanterie, chef du 4' bataillon de la formation d'Orléans; lors de la prise de Saumur par les Vendéens (9 juin i;j93), il s'était jeté dans le château avec quelques troupes et tint jusqu'au lendemain, où il obtint de se retirer avec les honneurs de la guenx. Nommé général de brigade à Tours, le 14 juin, il fut mis à la tête de la seconde brigade de l'armée de Saumur reconstituée. Destitué le t8 septembre suivant, malgré sa belle défense des Sables-d'Olonne; il réclama, en 1794, la mise en liberté de la fille de Louis XVI, et fut emprisonné pour cette démarche ; sauvé par l'amnistie, il ne fut pas réintégré dans l'armée. En 181 1, l'empereur lui accorda une pension de retraite de colonel. Mort en 182a.
3. Pierre Philippeaux, né à Ferrières (Oise) le 9 novembre 1^54, avocat au Présidial du Mans, puis juge au tribunal du district, député de la Sarthe à la Convention. Envoyé en Vendée pour y réorganiser les administrations; il partagea le plan de campagne de l'état-major de l'armée des Côtes de Brest à rencontre de celui de la commission de Saumur. On connaît sa lutte contre celle-ci et particulièrement contre Choudieu, Ronsin et Rossignol. Dénoncé par les jacobins, déclaré traître à la patrie par les clubs, il fut traduit devant le tiibunal révolutionnaire le 5 avril 1794, et condamné à mort comme complice de Danton, du duc d'Orléans et de Dumouriez. Après le 9 thermidor, Merlin, de Thionville, qui l'avait vu à l'œuvre en Vendée, fit réhabiliter sa mémoire par la Convention, le 24 janvier 1790.
serait plus avantageux que l'armée de Mayence se réunît à celle des Côtes de la Rochelle, sous les ordres du général en chef Rossignol, ou si, conformément à l'arrêté du Comité de salut public, elle suivrait sa destination en allant se réunir à l'armée des Côtes de Brest, sous les ordres du général Canclaux '. Ce qui, autrement parlant, voulait dire : attaquera-t-on par Saumur pour acculer l'ennemi contre la mer, en descendant la Loire, ou l'attaquera-t on par Saumur et du côté de la mer en même temps, pour le détruire au centre du pays révolté, dans les environs de Mortagne et Cholet? Dans cette dernière hypothèse, l'armée de Mayence devait être réunie à celle de Canclaux, afin que ce général eût assez de forces pour agir olTensivement. Reubell, Merlin et Dubayet penchaient pour la réunion à l'armée de Canclaux. Ce projet de campagne faisait, en effet, augurer beaucoup de succès, surtout en supposant un concert parfait dans les opérations des deux généraux. Après quelques pourparlers, il fut décidé que les généraux divisionnaires des deux armées des Côtes de la Rochelle et de Brest se réuniraient à Saumur, pour tenir, en présence des représentants du peuple, un conseil de guerre sur cette importante question et, à l'instant même, on me donna le commandement de l' avant-garde de l'armée de Mayence, forte d'environ deux mille quatre cents hommes d'infanterie, de soixante chasseurs à cheval et de quatre pièces de campaarne, avec ordre de partir de Tours le -^ ^^ût.
^ ^ ^ ^ Départ de Tours.
I. Jean-Baptiste-Camille, marquis de Canclaux. né à Paris le 2 août 174O; d'une famille originaire du Roussillon, volontaire dans un régiment de cavalerie en 1^56, colonel en 1772, chevalier de Saint-Louis en 1783, maréchal de camp en 1788, général de division en 1791, général en chef de 1 armée des Côtes de Brest en i^gS, destitué comme ci-devant noble. Commandant en chef de l'armée de l'Ouest le 7 septembre 1794 ; ambassadeur en Espagne en 1797, grand-officier de la Légion d'honneur le i4 juin 1804, grand-aigle en i8o5, comte de l'empire et sénateur le aa octobre suivant, pair de France le 4 juin 1814. Mort à Paris, le 27 septembre 1817.
26 août, pour être rendu le 28 à Saumur, où je devais attendre de nouveaux ordres.
27 août. Leg deux logements intermédiaires étaient Azay ^ et
Départ d'Azay. ^
Arrivée à Chinon. GllinoU ^.
28 août. L'armée entière devait partir de Tours un jour après
Départ de Chi- . , . .
non. Arrivée à moi. Arrivés à une licue de Saumur, nous vîmes venir auaumur. devant de nous les représentants du peuple Ghoudieu et
Richard, les généraux Santerre. Joly et Turreau 3, tous à cheval et accompagnés d'un nombreux état-major, tandis qu'à une demi-lieue de la ville, les corps administratifs et toutes les autorités constituées nous attendaient avec des couronnes civiques.
1. Azay-le-Rideau, chef-lieu de canton, arrondissement de Chinon (Indreet-Loire), sur la rive droite de l'Indre. A vingt-quatre kilomètres sudouest de Tours; vingt et un kilomètres nord-est de Chinon; quarantecinq kilomètres, environ, est de Saumur.
2. Chinon, ancienne ville forte, chef-lieu de distinct, puis d'arrondissement du département d'Indre-et-Loire. Sur la rive droite de la Vienne. A quarante-cinq kilomètres ouest-sud-ouest de Tours ; vingt-cinq, environ, sud-est de Saumur.
3. Louis-Marie Turreau, baron de Garambouville, né à Evreux (Eure) le 4 juillet 1756. Entré de bonne heure dans l'armée, il prit part à la guerre d'Amérique. Chef du 4* bataillon de l'Eure le 16 septembre 1792; général de brigade employé à l'armée des Côtes de la Rochelle le 3 juillet ijgS; général de division, commandant en chef l'armée des Pyrénées-Orientales, le 18 septembre 1^93; commandant en chef de l'armée de l'Ouest le 28 novembre 1793 (8 frimaire an II) ; rejoignit cette armée seulement après la déroute de Savenay, à la fin de décembre, et s'occupa surtout à mettre à l'écart Kléber et Marceau. Turreau fut l'inventeur, l'organisateur et le metteur en œuvre des colonnes dites infernales, en 1794. Baron de l'Empire et grand-ofificier de la Légion d'honneur en 1804, ambassadeur de France aux États-Unis, de 1804 à 1811, il fit la campagne de i8i3. Il fut un des premiers à saluer de ses acclamations la Restauration de i8i4- Louis XVIII fit chevalier de Saint-Louis cet ancien bourreau des Vendéens, et son gouvernement eut l'impudeur de le désigner pour faire partie de la suite du duc d'Angoulême, dans le voyage que ce prince fit en "\ endée. On peut facilement penser quels sentiments animèrent les populations de l'Ouest en comparant les honneurs dont ce lieutenant général était entouré, aux faibles marques de condescendance que le prince royal leur mesura si chichement. Turreau mourut à Conches (Eure), le 10 décembre 1816.
Dès que nous nous lûmes joints, ils nous témoignèrent combien ils comptaient sur nous pour mettre tin à une guerre si désastreuse sous tous les rapports, et pour infliger à la horde Rebelle le juste châtiment que méritait sa scélératesse. Ils nous décernèrent des couronnes en honneur de la défense mémorable de Mayence. Ma réponse fut analogue aux circonstances et je fis attacher ces couronnes aux drapeaux des différents bataillons, composant mon avant-garde.
11 y avait tout lieu de croire que l'armée resterait à Saumur, jusqu'à ce que le conseil de guerre eut prononcé définitivement sur sa destination ; mais comme dans l'un et l'autre cas il n'y avait aucun inconvénient de faire filer l'avant-garde jusqu'à la hauteur des Ponts-de-Cé, j'eus ordre de partir de Saumur le lendemain pour être rendu, -^ ^°ût.
Départ de Saule 3o, à Angers. mur. Arrivée à TVT -» 1 A «1 11 Saint-Mathuria '.
JNous y reçûmes le même accueil que dans la commune 30 août. de Saumur, Le «général Ganclaux, passant au moment de Repart de Samt-
*-^ ^ Matnurin. Arrivée
notre arrivée pour se rendre au conseil dont j'ai parlé, à Angers.
, . , •! /• ^ ' n • • 1 Rencontre du
voulut voir les troupes ; il en lut très satisfait et considéra générai Canciaux. surtout avec infiniment de plaisir les deux bataillons de tirailleurs, connus sous le nom de chasseurs de Kastel 2 et de Légion des Francs 3, deux corps, en effet, inappréciables
1. Saint-Mathurin, sur la rive droite de la Loire, alors chef-lieu de canton du district d'Angers, aujourd'hui simple commune du canton des Ponts-de-Cô. A trente kilomètres ouest-sud-ouest de Saumur; dix-sept, est des Ponts-de-Cé; dix-neuf, est-sud-est d'Angers.
2. Dénommés aussi chasseurs de Cassel, corps de volontaires formé pendant le siège de JMayencc, le i"' mai i;93, par le général Meusnier, sous le titre de i6^ bataillon d'infanterie légère, destiné à faire le service de la rive droite du Rhin. Le chef en était le capitaine Tyrant. A leur arrivée en Vendée, leur effectif s'élevait à six cents hommes environ.
3. La Légion des Francs avait été formée de volontaires également pendant le siège de Mayence, antérieurement aux chasseurs de Kastel. Elle s'appelait primitivement : Volontaires du siège, et était constituée de plusieurs compagnies indépendantes. Le général d'Oyré réunit celles-ci en un
Arrivée à Ancenis.
pour le genre de guerre que nous avions à faire. Le général Ganclaux continua sa route pour Saumur, et je fis prendre le logement à Angers ^ i*' septembre. Le 3i, ie reçus l'ordre du srénéral Ganclaux de me ren-
Départ d'An- . ,
gers. Arrivée à In- drc, le lendemain à Ingrandes ^ et le jour suivant à Ance-
grandes. . «
2 septembre. ^^^ •
Je jugeai alors qu'il était décidé que notre armée serait réunie à celle de Brest. Le soldat se félicitait d'être associé à des troupes qui s'étaient toujours bien montrées, et les chefs, d'obéir à un général qui jouissait d'une très bonne réputation; car, tandis que des déroutes, aussi complètes que nombreuses, avaient annoncé la honte de l'armée de la Rochelle à l'Europe entière, l'armée de Brest avait déjà signalé son courage en plus d'une occasion.
seul corps, et leur adjoignit un escadron de chasseurs à cheval. Le nom de Légion des Francs prévalut. Elle fit des prodiges de valeur pendant tout le siège. Sous les ordres de son commandant, Bouin de Marigny ; lors de la venue de l'armée de Mayence en Vendée, son effectif comprenait cent vingt hommes à cheval et trois cent quatre-vingt-dix-neuf, à pied.
1. « Dans ce mois (de septembre), arriva à Angers la garnison de Mayence.... Ils furent logés dans chaque ménage. J'en avais six pour ma part. On établit au Ronceray une ambulance ou hôpital militaire; quinze cents lits furent dressés et fournis par les habitants en vingt-quatre heures.... Ces braves soldats, qui venaient de faire la guerre aux frontières et qui ne se faisaient aucune idée de la guerre civile, nous disaient que nous étions des lâches de n'avoir pas battu des paysans en sabots. C'était ainsi qu'ils étaient mal prévenus en notre faveur....» (Berthe, Histoire de la garde nationale d'Angers, manuscrit de la Bibliothèque de la ville d'Angers.) ♦
2. Ingrandes, sur la grande route de Nantes, qui longe la rive droite du fleuve, commune du canton de Saint-Georges-sur-Loire, arrondissement d'Angers. A cheval sur la limite extrême de la Bretagne et de l'Anjou. La partie bretonne est comprise dans la commune de JNIontrelais (Loire-Inférieure). A treize kilomètres ouest de Saint-Georges ; trente-trois, ouestsud-ouest d'Angers; dix-huit, est d'Ancenis; cinquante-quatre, est-nord-est de Nantes.
3. Ancenis, chef-lieu d'arrondissement du département de la Loire-Inférieure, sur la rive droite de la Loire, en face du bourg de Lire, situé sur la rive gauche appartenant au département de Maine-et-Loire. A trentehuit kilomètres est-nord-est de Nantes; cinquante-huit, ouest d'Angers.
Je reçus ordre à Ancenis de quitter la grande route de ^ septembre.
^ Arrivée à Saint-
Nantes, très difficile à Oudon ', par une batterie que Ten- Mars-du-Désert.
nemi avait établie à Ghantoceaux 2, sur la rive gauche de la Loire, et je pris une route de traverse dans la direction d' Ancenis à Nort 3, pour arriver à Saint-Mars-du-Désert 4 et dans les fermes des environs. J'entendis alors les soldats s'écrier hautement, que q;ielques coups de canon ne devaient pas leur l'aire faire le moindre circuit; que cette musique ne leur était pas étrangère, etc. Mais Canclaux, de retour de Saumur, passant à l'instant à Ancenis, persista dans l'ordre qu'il avait donné de prendre ce détour. Le logement fut on ne peut plus désagréable ; le soldat était dispersé en cent endroits différents, fort éloignés les uns des autres, et manquant de tout.
J'avais eu la précaution de prendre plusieurs tambours avec moi, et cette prévoyance ne me fut pas inutile.
A dix heures du soir, je reçus une lettre du général Vergues ^.chef-d'état-major de Canclaux, datée de Nantes;
1. Oudon, commune du canton d'Ancenis (Loire-Inférieure), sur la rive droite de la Loire, au confluent du ruisseau le Havre ou le Donneau ; en face du poste important de Ghantoceaux, sur la rive gauche du fleuve, et dans le département de Maine-et-Loire. A vingl-sept kilomètres nordest de Nantes et neuf, ouest-sud-ouest d'Ancenis.
2. Ghantoceaux ou Ghamptoceaux, chef-lieu de canton alors du district de Saint-Florent-le-Vieil, aujourd'hui de Farrondissement de Gholet (Maineet-Loire). Sur le faîte du coteau qui domine la rive sud de la Loire à quatrevingt-dix mètres d'altitude, environ. A quarante-neuf kilomètres nord-nordouest de Gholet ; trente, environ, est de Nantes.
3. Nort, petite ville sur la rive droite de l'Erdre, au point où cette rivière devient navigable; chef-lieu de canton dépendant alors du district de Nantes et actuellement de l'arrondissement de Ghâteaubriant (Loire-Inférieure). A trente-sept kilomètres sud-sud-ouest de cette ville ; trente, nord de Nantes; vingt-cinq, ouest-nord-ouest d'Ancenis; vingt, nord-ouest d'Oudon; treize, nord-ouest de Saint-Mars-du-Désert.
4. Saint-Mars-du-Désert, commune du canton de Nort (Loire-Inférieure). A treize kilomètres sud-est de cette ville; quarante-trois, sud-sud-ouest de Ghâteaubriant; vingt et un, nord-nord-est de Nantes; quatorze, ouestnord-ouest d'Oudon.
5. Jacques-Paul Vergnes, né à Tonneins (Lot-et-Garonne), le 19 avril 1765,
il me disait de me mettre en marche sur-le-champ, avec mon avant-garde, que Nantes avait été attaqué et, bien que les troupes républicaines eussent repoussé l'ennemi d'une manière victorieuse, qu'il était à craindre que celui-ci ne revînt à la charge dès le lendemain matin. 4 septembre. J'envovai de suite mes tambours sur toutes les hauteurs
Départ de Saint- Mars -du -Désert, des environs, pour battre la générale. Vers minuit, toute
Arris'ée à Nantes. i-ifj 1 . i-ii
ma brigade lut sous les armes et en marche ; j en donnai le commandement à un de mes adjudants généraux et, piquant des deux, je me rendis à Nantes avec beaucoup de célérité, très étonné de trouver les généraux profondément endormis, et la ville dans la plus parfaite sécurité. Je me rendis chez Dubayet, arrivé de sa personne depuis la veille, et conséquemment témoin d'une partie de l'aftaire; il me dit que tout était fini, que l'ennemi avait été mis en fuite, et qu'on pouvait être persuadé qu'il n'oserait tenter une nouvelle attaque ^
entré à l'École militaire du génie de Mézières le 3i janvier 1^74» capitaine en 1786, colonel en 1793, chef d'état-major à l'armée des Côtes lorsqu'éclata la guerre de Vendée; général de brigade le 5 mai 1793, en même temps que Beysser, avec lequel il avait mission de seconder Canclaux qui manquait d'officiers généraux. Proposé en juillet par Merlin, de Douai, etGillet pour remplacer Bouchotte au ministère de la guerre. II dirigea tout l'étatmajor de Canclaux et ce fut lui qui entraîna la majorité du conseil de guerre tenu à Saumur, le 2 septembre, à décider que l'armée de Mayence irait à JXantes. Lorsque Rossignol devint général en chef de l'armée des Côtes de Brest, il devint son chef d'état-major. Mais Rossignol, qui n'aimait pas les officiers de carrière, le lit mettre en réforme. 11 fut même arrêté comme responsable de la déroute de Tribout à Pontorson (novembre 1793). Réformé en 1800. Préfet de la Haute-Saône. Enfin commandant de trois cohortes de garde nationale, à Ostende,en 1S09.
I. « Les chefs vendéens, profitant de l'absence des généraux républicains appelés au conseil de guerre de Saumur, étaient parvenus à former des rassemblements nouveaux dans la haute et la basse Vendée, pour attaquer et enlever les postes républicains établis en avant de Nantes et de Luçon.... L'attaque (de Nantes) fut différée et fixée au 5 septembre. A son retour à Nantes, le même jour, à deux heures du matin, Canclaux fut instruit que le camp des Naudières était menacé d'une attaque prochaine. Il s'y rendit aussitôt, et apprit de Beysser que l'ennemi avait
Je pris donc deux heures de repos, car il n'était que trois heures du matin; après quoi, remontant à cheval,
fait de grands préparatifs pour une attaque combinée sur plusieurs points. Vers les six heures, le général étant monté à cheval pour faire une reconnaissance, aperçut bientôt une troupe de paysans armés qui descendaient des hauteurs de Vertou (sous les ordres de Monnier, lieutenant de Lyrot de la Patouiilère), et se portaient à la gauche du camp. Il ordonna à Beysser de marcher à leur rencontre. Beysser, à la tête du ^j» régiment et de cinq compagnies de grenadiers, sous les ordres de Boussard, lieutenantcolonel du II" bataillon de la République, passa la Sèvre en tournant la colonne ennemie. Canclaux fit avancer une pièce de la et engagea l'affaire par plusieurs décharges; Beysser attaqua en même temps par le flanc. Alors on commença un feu de mousqueterie très vif et soutenu. Le i3* bataillon de Seine-et-Oise et la Légion nantaise furent envoyés pour soutenir l'attaque sur la gauche, tandis que l'adjudant général Cambray attaquait, sur la droite (les bandes commandées par Lyrot lui-même), avec une partie du 7^^ et du ia« bataillon de la République. L'affaire fut bientôt décidée, l'ennemi fut repoussé et poursuivi jusqu'à la chaussée de Vertou. — Pendant ce temps-là, une autre colonne ennemie (commandée par M. de Goulaine) attaquait le poste des Sorinières, où se trouvait l'avantgarde commandée par l'adjudant général Blosse. Canclaux envoya à son secours le général Grouchy, avec le premier bataillon du 34' régiment et le 12" bataillon de Seine-et-Oise. — Deux colonnes de Vendéens (commandées par Charette) se présentaient sur les routes des Sables et de la Rochelle avec plusieurs pièces de canon. — La colonne sur la route de la Rochelle, après une fusillade et une canonnade très vives, fut chargée à l'arme blanche par trois compagnies de grenadiers, sous les ordres du commandant Verger, et par une quarantaine de chasseurs et hussards américains (hommes de couleur recrutés à Nantes). L'ennemi perdit une pièce de canon et un drapeau et fut poursuivi à plus d'une lieue. Un chef, que l'on disait Charette lui-même, ne dut son salut qu'à la vigueur de son cheval. — Le général Grouchy repoussait en même temps, sur la route des Sables, une colonne ennemie que l'on estimait à dix mille hommes, avec trois pièces de canon. Il la poursuivit jusqu'à Villeneuve, secondé par l'adjudant général Blosse, qui reçut une blessure légère. — Le général Canclaux fut alors averti qu'une autre colonne menaçait le poste de la Barbinière; il y courut et trouva les dispositions pour recevoir l'ennemi déjà faites par l'adjudant général Lautal. — Le général en chef alla, avec l'adjudant général Lautal, reconnaître la droite de la position par laquelle il paraissait que le dessein des Rebelles était de la tourner. Il était occupé de quelques dispositions lorsqu'il entendit sur sa gauche un feu considérable de mousqueterie et d'artillerie. C'était une nouvelle colonne de l'ennemi (guidée par de Couétus et de La Cathelinière) qui, passant entre l'avant-garde et le camp de la Barbinière, attaquait les derrières du camp des Naudières vers sa droite. Un poste du i2« bataillon de Seine-et-Oise, s'étant replié trop précipitamment, avait porté dans le camp quelque désordre qui aurait pu avoir des suites funestes sans la fermeté du 3' ba-
j'allai au-devant de ma colonne que j'amenai et mis en bataille sur le cours, promenade superbe et très vaste à l'entrée de la ville. A peine y était-elle rangée, que le général Ganclaux, son état-major, tous les corps administratifs et une députation du Club, s'y rendirent et haranguèrent la troupe. Les cris de : Vive la République ! Périssent les tyrans et les Brigands ! furent mille fois répétés ; je reçus l'accolade fraternelle, pour les braves soldats que j'avais l'avantage de commander, de tous ceux qui m'entouraient; des citoyennes me présentèrent des couronnes de chêne, que je fis encore attacher aux drapeaux. Elles voulurent me charger de la mission de transmettre leurs baisers à mes braves compagnons d'armes. Je me rendis sans peine à leur demande.
5 septembre. L'arrivée du corps d'armée offrit, le lendemain, des
Arrivée du COI ps ^
d'armée à Nantes, scèucs uon moins intéressantes, ce fut un jour de fête et on n'oublia rien pour lui donner toute la pompe et tout l'éclat possible. Le temps était calme et serein; Ganclaux fit développer l'armée en ordre de bataille, dans une vaste prairie i, presque sur le bord de la rive droite de la Loire, de manière à ce que l'ennemi, qui occupait des postes sur la rive opposée, pût être spectateur d'une scène, qu'il devait regarder comme un présage de sa destruction prochaine.
taillon de l'Orne, dont le premier l'eu arrêta l'ennemi. Bientôt arriva le général Beysser, ramenant de la gauche des troupes victorieuses. Le général Vergues, chef de l'état-major, disposait de ce qui restait de troupes dans le camp, ainsi que de l'artillerie, pour sa défense. Les bonnes dispositions de ces deux généraux ne laissèrent plus à l'ennemi l'espoir de pénétrer dans le camp, malgré tous ses efforts; il fut enfin mis en fuite et poursuivi plus d'une lieue par la Légion nantaise. — Toute la journée avait été employée à combattre; il était six heures du soir, lorsque le général donna l'ordre de faire rentrer la troupe dans ses postes. » (Savary, loc. cit., II, III-II5.)
I. La prairie de Mauves, formée par les alluvions de la Loire, sur la rive droite, en amont des faubourgs de Nantes.
Les corps administratifs et les généraux haranguèrent les soldats ; ceux-ci répondirent, et par l'organe de Dubayet et par leurs cris d'allégresse, dont les airs retentirent au loin.
L'armée se retira ensuite, et prit son logement à Nantes, ^ et 7 septembre.
Séjour.
où elle séjourna trois jours. Ce court espace de temps fut soigneusement employé aux réparations de l'habillement les plus urgentes.
La troupe rentrée, Merlin fit la proposition d'aller reconnaître, de la gauche, un poste ennemi, sur la rive opposée, dans les environs de Saint-Sébastien i. Il y fut, accompagné par plusieurs représentants, officiers généraux et autres. Dès qu'ils parurent à la portée du fusil, l'ennemi les accueillit par un beau feu de file ; Merlin met sur-le-champ pied à terre, saute dans la canonnière établie au milieu de la Loire pour en défendre le passage, et riposte à la fusillade par quelques coups de canon. Après ce petit jeu militaire, chacun courut au banquet auquel il était invité.
Je crus devoir profiter de mon séjour à Nantes pour étudier le caractère des personnes avec qui je devais faire la guerre et surtout des généraux dont je devais être le coopérateur. Ceux qui se trouvèrent à Nantes étaient le général en chef Ganclaux, Beysser et Grouchy 2, généraux
1. Saint-Sébastien, alors chef-lieu de canton du district de Nantes, aujourd'hui commune du quatrième canton de la même ville, sur un tertre élevé de vingt mètres au-dessus de la rive gauche de la Loire; en face des faubourgs d'amont de Nantes; à quatre kilomètres et demi, est-sud-est de cette ville; vingt-deux kilomètres, ouest de Vallet; quatre kilomètres cinq cents nord-est de Pont-Rousseau; deux kilomètres nord du château de la Jaunais, où fut signée, entre Ganclaux et Chai'ette, la pacification du 19 février i;;95.
2. Emmanuel, marquis de Grouchy, né à Paris le 23 octobre 1766, entré à quatorze ans dans le corps royal de l'artillerie, capitaine dans Royal- Étranger en 1784, sous-lieutenant dans les gardes du corps du roi en 1786, colonel du ia« chasseurs à cheval en 1792, maréchal de camp la même année, chef d'état-major général de Ganclaux en 1793, blessé dans le combat du 5 septembre 1793 cité plus haut. Après s'être distingué en Vendée,
lOO KLEBER EN VENDEE.
de ', brigade. Beysser commandait six mille hommes au camp des Naudières i, à une lieue de Nantes; sa gauche était appuyée au ravin de la rivière de Sèvre et sa droite à la route de Montaigu. Grouchy avait à ses ordres un camp de deux mille hommes; par sa position au camp des Sorinières 2, il formait l'avant garde du corps de Beysser. Les deux camps avaient pour objet de couvrir la ville de Nantes. C'est cette avant-garde de Grouchy qui repoussa si vigoureusement l'ennemi, lorsque, la veille de mon arrivée à Nantes, celui-ci osa concevoir, pour la seconde fois, le projet de s'emparer de cette ville. Ce petit corps était principalement composé de grenadiers immédiatement commandés par l'adjudant général Blosse 3, dont j'aurai occasion de parler dans la suite de ce journal.
il fut suspendu de ses fonctions en même temps que Ganclaux et Dubayet, comme ci-devant noble. Il demeura simple soldat dans la garde nationale, jusqu'à ce qu'il fût rétabli général de division en 1794. Fut l'un des agents les plus actifs et les plus habiles de Hoche dans les pacifications de 1800. Le reste de sa carrière est trop connu pour qu'il soit besoin de la rappeler plus amplement. Pair de France pendant les Gent-Jours, exilé par la Restauration. Mort à Saint-Etienne le 29 mai 1843-
1. Les Naudières, au sud de la Loire, un peu en amont et à une lieue de Nantes, où Canclaux établit un camp, entre la route de Nantes aux Sables à droite et la Sèvre Nantaise à gauche.
2. Les Sorinières, commune du canton de Nantes, au sud de la Loire, à l'intersection des routes de Nantes aux Sables-d'Olonne, et de Nantes à la Rochelle. Grouchy en avait chassé les Vendéens le 20 juin 1793 et y avait établi un camp à deux kilomètres et demi en avant de celui des Naudières. Ce camp des Sorinières s'étendait en avant du village, sur la lande de Ragon, appuyant sa droite à la route de Nantes aux Sablesd'Olonne, et sa gauche à celle de Nantes à la Rochelle,
3. Louis Blosse, né à Troyes, en Champagne, le 18 janvier lySS. Engagé au dépôt des colonies le i5 septembre 1770; retiré avec un congé absolu, le 10 juin 1775; engagé au régiment de la Guadeloupe le i" décembre 1778; lieutenant de chasseurs le i" avril 1785. 11 avait fait campagne aux Indes Orientales et aux Antilles. Le régiment de la Guadeloupe devint, à la Révolution, le 109" d'infanterie, qui se distingua en Vendée; Blosse, capitaine le 16 septembre 1792, fut nommé adjudant général chef de bataillon, le 8 avril 1793. 11 eut le commandement des dix-sept compagnies de grenadiers réunies, à l'avant-garde de l'armée de Mayence. Ala déroute d'Entrammes, le a3 octobre 1793, il se fit tuer, ne voulant pas survivre à la défaite.
KLEBER EN VENDEE. lOI
Toutes ses dispositions étaient généralement très militaires et parfaitement bien senties. Grouchy, âgé de vingt-neuf ans, ayant servi comme colonel dans un régiment de dragons ou de chasseurs à cheval, avait été élevé au généralat par son tour d'ancienneté de grade. Il a des talents et tous les agréments que donne une éducation soignée et le grand usage du monde.
Beysser est un Roger Bontemps ; le dieu du plaisir comblait tous ses vœux ; il encensait tour à tour, et souvent d'une manière peu délicate, Bacchus et l'Amour. Très insouciant pour l'état militaire, il n'en connaissait pas d'ailleurs les premiers éléments. 11 était peu estimé et peu estimable. Tels étaient les généraux de l'armée de Brest, que nous trouvâmes à Nantes, et avec lesquels nous avons commencé la guerre de la Vendée.
Ceux de l'armée de Mayence étaient Dubayet, commandant en chef la division, ainsi que je l'ai déjà dit plus haut ; moi commandant lavant-garde, Vimeux ^ commandant la première brigade, Beaupuy 2, la seconde, et le général Haxo 3, la réserve.
1. Louis-Antoine Vimeux, né à Amiens le i3 août 1^3;. Engagé au régiment de Bassigny, sergent en 1760, capitaine le i" janvier 1791, chef de brigade le 11 janvier i7Ç)3, prend part au siège de Mayence. Général de brigade le 3o septembre de la même année, général de division le 4 mars 1794, commandant provisoire de l'armée de l'Ouest: commandant la 22« division militaire en i^g"], commandant d'armes de la place de Luxembourg du 10 octobre 1802 au 6 mars i8i4; mort d'apoplexie à Metz le 23 juin i8i4-
2. Michel-Armand de Bacharetie de Beaupuy de Chauland, né le 5 mai 1702 à Mussidan, en Périgord, engagé le 10 juillet 1571 au régiment d'Aunis; premier lieutenant de grenadiers, dans Bassigny, le 27 mai 1789, nommé provisoirement, par Gustine, lieutenant-colonel du 4" régiment de grenadiers le 21 septembre 1792. Il brilla pendant le siège de Mayence, particulièrement à Kostheim. Il ne cessa de se distinguer pendant toute sa campagne en Vendée. Blessé deux fois à la bataille d'Entrammes, il contribua, quelques semaines après, à la défense d'Angers. Général de division à l'armée de Rhin-et-Moselle (1795); emporté par un boulet au combat d'Emmendingen, en 1796.
3. Nicolas Haxo, né vers 1749 à Etival (Vosges): enrôlé dans Touraine-
Avant de passer à la seconde partie, il me reste un mot à dire deTarmée des Côtes de la Rochelle. Lors de notre arrivée, Rossignol la commandait en chef; elle était partagée en quatre divisions principales, savoir : celle de Saumur, commandée par Santerre, celle de Niort, par Beaufranchet- Dayat ^ et Chalbos 2, celle des Sables, par Mieszkow^ski 3,
infanterie le i3 février 1768; congédié le aS février ijy7 avec le grade de fourrier; lieutenant-colonel du 3" bataillon des Vosges le 29 avril 1791, chef de brigade. Adjudant général chef de brigade pendant le siège de Mayence, général de brigade employé à Tarmée des Côtes, le ij août 1^93. Destitué en même temps que Kléber, au commencement de décembre 1^93, Carrier ne permit pas que cette destitution fût transmise. Tué aux Clouzeaux (Vendée), le 20 mars 1^94, en luttant seul, blessé, contre dix Vendéens. La Convention lui décerna les honneurs du Panthéon. Il n'apparaît pas, comme on l'a cru d'abord, qu'il se soit suicidé pour éviter d'être fait prisonnier. Savary {loc. cit., III, i83, i84) a fait victorieusement justice du récit de Turreau à son sujet.
1. Louis-Charles-Antoine de Beaufranchet, comte d'Ayat, né en ijSj, à Saint-Hilaire-d'Ayat, en Auvergne. Il aurait été fils de Louis XV et de M"' Morphy, mariée depuis à un gentilhomme auvergnat qui aurait donné son nom au futur général. Capitaine de cavalerie au moment de la Révolution, chef d'état-major de Berruyer, commandant en chef de l'armée de l'intérieur, il assista en cette qualité à l'exécution de Louis XVI et déclara plus tard à Mercier du Rocher que c'était lui qui avait ordonné le roulement de tambours qui empêcha le roi de se faire entendre. Envoyé en Vendée à la fin de mars 1793, il rallie par son énergie les débris de l'armée Républicaine défaite le 25 mai, à Fontenay-le-Comte, par les Vendéens. Suspendu comme officier noble en août 1793. Député du Puy-de-Dôme au Corps législatif en i8o3 et en 1809, puis inspecteur général des haras. Mort à la fin de 1812.
2. François-Alexis Chalbos, né à Cubières, en Gévaudan, le 6 mars 1736. Enrôlé volontaire dans Normandie-infanterie le 1" juillet ijSi. Libéré le 6 juillet 1756; volontaire dans le régiment du Roi-cavalerie le 22 septembre de la même année, se distingua à Hastenbeck (1757), Minden, Crevelt (1758), Langenfeld, où il fut blessé. Chevalier de Saint-Louis le i3 janvier 1788, capitaine aux chasseurs de Guyenne le 7 juin 178g; adjudant général chef de brigade le 8 mars 1793; envoyé en Vendée, général de brigade le 6 mai suivant, général de division le 22 du même mois. Kléber demanda que le commandement provisoire de l'armée de l'Ouest fût attribué à cet officier général (28 octobre 1793) ; employé à l'armée du Rhin en 1794, à l'armée des Côtes de Brest en 1795, retraité d'office le i" janvier 1796. Commandant d'armes à Mayence, où il mourut le 17 mars i8o3.
3. Jean-Quirin Mieszkowski, né le 3o mars 1744 à Korgewo, en Pologne, engagé dans les Uhlans de Pologne en 1761. Entré dans les hussards de la Légion de Conflans, au service de la France, en 1766. Capitaine de hus-
KLÉBER EN VENDEE. Io3
et ensuite par Dutruy ^ , enfin celle de Luçon , par Tunck ^ , et successivement par Lecomte ^ ,
sards dans le corps des volontaires étrangers de la marine, le i" novembre 1777, capitaine commandant aux hussards de Lauzun le i»' avril 1780; aide de camp du général Biron, le 23 juillet 1792; appelé à l'armée des Côtes de la Rochelle le 17 juin i^gS; suspendu le 10 octobre suivant; retraité le 7 mai 1799; mort à Vassy (Haute-Marne), le 25 juin 1799. Il avait succédé à Boulard dans le commandement de la division des Sablesd'Olonne.
1. Jacques Dutruy s'appelait vraiment Ducruix. Suisse, né le 20 novembre 1762, à Genève, d'un père émailleur dans cette ville. Soldat au régiment suisse en 1788; commandant également d'un corps suisse, le 27 février 1793. Générai de brigade le i3 juin 1793 et envoyé aussitôt en Vendée, il remplaça Mieszkowski à la tête de la division des Sables-d'Olonne et guerroya en Vendée jusqu'en mai 1794. Employé en 1800 par Brune, à Quiberon et dans la presqu'île de Rhuys; officier de la Légion d'honneur ; baron de l'Empire le i5 août 1809; mort à Ferney le 27 avril i836. Vrai général sans-culotte, il montra cependant une modération relative dans l'application des mesures révolutionnaires aux populations vendéennes et cette conduite lui attira l'animadversion du général Turreau, aux instructions duquel il résista de tout son pouvoir. On raconte, sans que j'en aie trouvé la preuve nulle part, que, pour mieux braver ses ennemis, il chargeait à cheval à la tête de ses troupes, ayant pour tout costume son chapeau, son ceinturon et ses bottes. Sous la Restauration et la Monarchie de juillet, il se laissait appeler baron d'Utruy.
2. Augustin Tunck, né à Conteville (Somme), le 27 août 1746, enrôlé volontaire dans Provence-infanterie, le 7 février 1767 ; capitaine de la garde nationale de Chatou (Seine-et-Oise), à la formation de celle-ci, au mois d'août 1789 ; envoyé en mission en Bretagne en 1792, capitaine à la Légion des Pyrénées; adjudant général le 16 février 1793; général de brigade le 19 juin; il remplace le général Sandoz à la tête de la division de Luçon ; général de division le 17 août; suspendu et arrêté le 7 septembre 1793, comme responsable de la déroute de l'armée Républicaine à Chantonnay, le 5; mis en liberté au mois d'août 1794; réintégré dans son grade le 22 juillet 1795, à l'armée de l'Ouest, sous Hoche; réformé définitivement le 2 décembre 1799. Mort à l'hôpital du Val-de-Grâce le 9 février 1800.
3. René-François Lecomte, né le i4 mai 1764, à Fontenay-le-Gomte, où son père tenait la poste-aux-chevaux. Pilotin à bord du vaisseau le Saint- Michel en 1779; il fait partie comme timonier de l'expédition du bailli de Suffren dans l'Inde en 1780, soldat dans Austrasie pendant la campagne à terre, il entre le premier dans les retranchements de Goudelour, défendus par les Anglais; fait sergent-major après ce fait d'armes, il rentre en Poitou et on le retrouve, en 1785, régisseur chez M. de Maynard, baron du Langon. Chef de bureau à l'administration du département de la Vendée en 1790; lieutenant au 3* bataillon de volontaires des Deux-Sèvres en 1791, commandant du premier bataillon le Vengeur, quelques mois après, il se distingue à la bataille de Luçon le 28 juin 1793; adjudant général en
Bard ^ et Marceau 2, ce dernier étant adjudant général. Je pense que voici la place que doit occuper le plan de campagne arrêté par le conseil de guerre tenu à Saumur par les généraux des deux armées réunies. Je le ferai précéder par la relation que m'en a fournie le général Vergues.
juillet, général de brigade au mois d'août, pour sa brillante conduite au Pont-Charrault, le 24 juillet; il prend Marceau comme adjudant général. Criblé de blessures le ii octobre 1793, à l'attaque de Ghâtillon-sur-Sèvre, dirigée par Chalbos, il meurt, le i5 octobre, à Bressuire, où ses soldats l'avaient transporté. Les représentants du peuple déposèrent sur son cercueil le brevet de général de division et la Convention décréta qu'il avait bien mérité de la patrie
I. Antoine-Marie Bard, né le 21 janvier 1759, à Montmort, près Toulonsur- Arroux, au diocèse d'Autun; gendarme dans la compagnie bourguignonne le 29 mars 1778; retiré le 3o août 1781, commandant de la garde nationale le a6 juin 1791 ; lieutenant au 43° d'infanterie le x5 mai i;j92 ; blessé à Jemmapes le 6 novembre suivant; capitaine quelques jours après, commandant du lo"^ bataillon de la formation d'Orléans le a;; mai 1793. Il était lieutenant-colonel à la bataille de Chantonnay, le 5 septembre; général le 4 octobre 1793, il reçoit le commandement de l'armée de Luçon après l'arrestation de Tunck (7 septembre 1793) et conserva Marceau comme second. Conformément au plan arrêté par le conseil de guerre de Saumur et si tardivement mis à exécution par Rossignol, il marcha sur Mortagne ; grièvement blessé à la Tremblaj^e, entre cette ville et Gholet, le i5 octobre, il dut abandonner le commandement à Marceau. Il protesta contre le système des colonnes volantes et les massacres ordonnés par Turreau, qui le suspendit de ses fondions le 24 mars 1794. Emprisonné, il fut sauvé par la révolution du 9 thermidor. Général de division en 1795, réformé le I" septembre 1795 (i5 fructidor an III), à raison de ses blessures. Il fut placé en 1814 à la tête des gardes nationales de Saône-et-Loire et sut tenir tête aux alliés. Mort à Toulon-sur-Arroux le 9 novembre 183^.
a. On a vu dans la note qui précède que Marceau, adjudant général de la colonne commandée par Bard, dut prendre le commandement après la mise hors de combat de ce général, pendant la bataille du i5 octobre 1793, au moment le plus critique. Le jeune officier sut prendre des dispositions qui lui permirent d'attendre l'arrivée de Beaupuy et de faire ainsi sa jonction avec les Mayençais. « Marceau avait un peu plus de cinq pieds quatre pouces, il était très bien fait et robuste. Il excellait dans tous les exercices. Sa figure était parfaitement ovale; ses yeux étaient grands, bruns, son regard doux, aimable; son nez avait une forme grecque; sa bouche, jolie, annonçait de la fierté; son front était haut et noble, son teint fort beau; sa tenue était ordinairement abandonnée; mais, sous les armes, il prenait un air martial et audacieux. Son commandement était ferme mais sans dureté. » (Sergent-Marceau : Notice historique sur le général Marceau, 28.)
KI.ÉBER EN VENDÉE. Io5
L'armée de Mayence s'avançait pour venir terminer Relation de ce
Ti^ .,,^, ,,. . qui s'est passé au
la guerre de la Vendée. Le Lomite de Salut public avait conseil de sauarrêté ^ que cette armée se joindrait à celle des Côtes de bl-ri795 1!^^^*"" Brest qui, malgré sa faiblesse, avait défendu Nantes avec gloire, et s'était maintenue en campagne contre les Rebelles.
L'armée de la Rochelle, qui n'avait éprouvé que des malheurs, devait rester sur la défensive ; mais les représentants du peuple, en mission près de cette armée, désirant conduire la brave armée de Mayence, et croyant qu'avec elle ils auraient la gloire de terminer la guerre, persuadés, d'ailleurs, que la nullité du général en chef Rossignol ne pourrait leur ravir cette gloire, obtinrent du Comité de Salut public ^ un arrêté interprétatif du premier, qui ordonnait d'assembler un conseil de guerre à Saumur, auquel seraient appelés les chefs des trois armées, pour décider définitivement s'il convenait d'attaquer les Vendéens par Nantes ou par Saumur. Le jour de ce conseil de guerre fut indiqué pour le 2 septembre. Le général en chef de l'armée des Côtes de Brest et les représentants du peuple en mission près de cette armée j furent invités. On y appela le général en chef et les commandants de chacune des six divisions de l'armée de la Rochelle, le commandant de l'armée de Mayence, Aubert- Dubayet, et les représentants du peuple Reubell et Merlin, de Thionville, qui avaient partagé sa gloire et ses tra-
1. L'original de cette relation forme douze pages, petit in-4, entièrement écrites de la main même de Kléber. Il se trouve, avec la copie des Mémoires de celui-ci, dans le carton des Mémoires sur ta Vendée, aux Arch. hist. de la guerre. Une copie, de la même écriture que celle du reste des Mémoires, en est comprise dans ceux-ci, à la place où je l'insère moi-même dans la présente publication. Le texte en a déjà été publié par M. Chassin, Vendée patriote, III, aj-So.