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Aubert-Dubayet, Reubell et Merlin, de Thionville

6. D'après les noms qui viennent d'être rapportés dans les notes précédentes, on voit que le conseil de guerre se composait de vingt-deux personnes ayant voix délibérative.

cette mauvaise raison prévalut, et il fut décidé que le chef d'état-major de l'armée des Côtes de Brest n'aurait pas voix délibérative. On lui laissa seulement la voix consultative, sur les représentations de son général en chef. On ne rapportera pas tous les avis qui furent émis dans cette assemblée qui dura depuis huit heures du matin jusqu'à dix heures du soir. Le général en chef de l'armée des Côtes de Brest appuya sur l'avantage de priver les Rebelles des secours des Anglais, en les séparant de la mer ; ce qui nécessiterait d'attaquer par Nantes. Les généraux Santerre et Menou, de l'armée de la Rochelle, essayèrent de faire concevoir l'avantage de cerner les Rebelles, de les attaquer en même temps par plusieurs points à la fois, ce qui était facile, disaient-ils, à l'armée de la Rochelle, qui était divisée en six colonnes, éloignées de dix à douze lieues l'une de l'autre. Surtout, ils appuyèrent sur l'avantage d'attaquer sur-le-champ, l'armée de Mayence étant déjà réunie à l'une des colonnes de l'armée de la Rochelle. Fayau i et Choudieu parlèrent longtemps, mais d'une manière qui prouvait qu'ils ne connaissaient ni le pays ni la guerre 2.

Enfin, on accorda la parole au chef de l' état-major de l'armée des Côtes de Brest, qui tint à peu près ce discours :

« Le pays, occupé par les Révoltés, est situé entre la Loire

1. Joseph-Pierre-Marie Fayau, né à Rocheservière, en Poitou, en i;;5i, commandant de la garde nationale de cette petite ville en 1791, membre du Directoire du département de la Vendée en septembre 1791; député de la Vendée à la Convention, siégea à la Montagne et vota la mort du roi. Comme commissaire de la Convention, il prit une part active à la guerre de Vendée. Décrété d'accusation après les journées de prairial an III ; non réélu aux Conseils. Mort le 27 mars 1799 à Montaigu (Vendée).

2. On trouvera les opinions de Choudieu, p. 421 »'t suiv. de ses Mémoires et Notes déjà cités. Consulter aussi La vie véritable du citoyen Jean Rossignol publiée sur les écritures originale»...., par V. Barrucand, p. 224 et suiv. , et les divers opuscules de Philippeaux.

et la chaussée de la Rochelle à Poitiers, entre la mer et la chaussée de Poitiers à Angers. Cet espace, de trente lieues de long sur vingt-cinq de large, n'est traversé que par la seule chaussée de Nantes à la Rochelle, quelques autres têtes de grands chemins s'avancent dans le pays, mais ne se joignent pas. On ne peut y pénétrer que par des chemins étroits, creux, impraticables dans l'arrière-saison. Le pays est coupé par une infinité de ruisseaux, de bois, de genêts, de collines escarpées, ce sont des halliers fourrés très connus des habitants, très peu des troupes Républicaines, dans lesquels, par conséquent, il est très dangereux de s'enfoncer, à moins qu'on n'y pénètre en masse et en corps d'armée capable de repousser les rassemblements des Rebelles.

« La Vendée est partagée en un certain nombre d'arrondissements, commandés chacun par un chef, entouré de quatre à cinq cents hommes soldés, qu'il appelle ses fidèles, ayant sous ses ordres les habitants des campagnes qu'il fait marcher de gré ou de force. Les chefs particuliers obéissent à un chef général, entouré comme eux d'une force armée soldée, pour vaincre la résistance à ses ordres. Lorsque le chef a résolu d'attaquer l'une des colonnes qui l'entourent, il indique un lieu et un jour de rendez- vous à chaque chef d'arrondissement, en lui marquant la quantité de troupes qu'il doit amener, et le nombre de jours pour lequel elles doivent porter des Advres. L'armée se trouve ainsi formée en un instant. On peut estimer qu'elle est forte de dix mille hommes de troupes soldées, et de trente mille paysans armés. Elle attaque, avec l'avantage du nombre, la colonne qui la pressait, la disperse après la victoire et la repousse souvent au delà du lieu d'où elle était partie. Les autres colonnes trop éloignées pour marcher au secours de celle qui est atta- j

quée, séparées d'elle par des chemins impraticables, demeurent les témoins inutiles du désastre, et sont menacées d'en éprouver de semblables peu de jours après. C'est ainsi que les différentes colonnes de l'armée des Côtes de la Rochelle ont été battues successivement les unes après les autres, que leurs défaites ont aguerri les Rebelles, et qu'elles leur ont fourni une artillerie formidable. Eclairons-nous donc par nos propres fautes, et abandonnons le projet d'attaquer ainsi les Rebelles par des colonnes éloignées de plusieurs lieues les unes des autres, sous prétexte de les cerner. Le concert, l'accord et la protection mutuelle sont impossibles entre des colonnes ainsi distribuées.

« N'oublions pas, comme le général en chef Ganclaux vous l'a fait observer, que les Rebelles tirent des secours d'Angleterre, que nous en avons des preuves matérielles ; qu'il importe, par conséquent, de les séparer de cette puissance, en leur interdisant le rivage de la mer. N'oublions pas surtout que, pour terminer efficacement la guerre, il faut enlever aux chefs l'espoir de s'enfuir chez nos ennemis, ce qu'ils ne manqueraient pas d'exécuter s'ils pouvaient s'approcher de la mer après leurs défaites.

« La Vendée doit être attaquée en masse. Une bonne armée de dix-huit à vingt mille hommes suffit, s'il ne lui manque rien. L'armée des Côtes de Rrest, forte, environ, de six mille hommes, non compris les garnisons et les cantonnements, bien disciplinée, et qui a résisté jusqu'à présent aux Rebelles, malgré son infériorité, est digne d'opérer avec l'armée de Mayence, forte de douze mille hommes efïectifs.

(( L'armée des Côtes de la Rochelle se tiendra sur la défensive dans ses différentes positions, jusqu'à ce que ses diverses colonnes puissent se réunir successivement

à Tarmée agissante. La première opération devra être celle de balayer le rivage de la mer, elle sera d'autant plus facile que nous tenons encore le château d'Aux », Paimbœuf et Noirmoutier ; une chaussée qui se dirige sur Machecoul assurera la facilité des convois. La chaussée de Nantes à la Rochelle et celle de Nantes à Glisson rempliront le même objet, à mesure que l'armée resserrera les Rebelles dans l'intérieur de leur pays. La colonne des Sables, après cette première opération, se réunira à l'armée agissante ; après elle, celle de Luçon, celle de Niort, ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on soit devant Mortagne, principale place des Révoltés. L'armée se renforcera ainsi, à mesure que les opérations deviendront plus difficiles ; et, sa communication avec Nantes restant libre, elle ne manquera jamais de munitions ni de subsistances. En gardant soigneusement les passages de la Loire, on pourra pousser les Rebelles après la prise de Mortagne, et les mettre dans l'alternative, ou de se noyer ou de se rendre à discrétion ^. N'appuyez pas sur le prétendu avantage de commencer dès demain les opérations, si on attaque par Saumur.

I. Château appelé aussi la Hibaudière, et situé à l'extrémité de la commune de Saint-Jean-de-Boiseau, non loin de Bouguenais. Poste fortifié faisant alors partie de la défense avancée de Nantes vers la mer, sur le coteau de la rive gauche de la Loire qui domine Indret, à onze kilomètres environ, à vol d'oiseau, en aval de Nantes.

a. « Le plan que j'avais soumis n'était pas celui-là. Je voulais bien que toutes les colonnes fussent mises en mouvement et se tinssent serrées le plus possible, mais je disais que celle des Sables ferait sa jonction avec celles de Fontenay (Luçon) et Niort, commandées par le général Chalbos; celle d'Angers avec celle de Nantes, en bloquant Tennemi. A mon avis, l'armée de Mayence devait attaquer les Brigands en marchant droit de Saumur sur Gholet ; elle commençait l'attaque, puisque c'était la meilleure troupe. Suivant cette tactique, les Brigands n'avaient que deux ressources, c'était de nous repousser fortement et de marcher sur la seconde ligne qui aurait été établie, au lieu de rétrograder jusque vers le bord de la mer, qui était leur dernier refuge. » {Vie véritable du citoyen Jean Rossignol, a3o-a3i.)

L'armée de Mayence n'a pas de canons ; elle a besoin de changer quatre mille fusils ! Où est votre artillerie ? où sont vos arsenaux ? La petite armée des Côtes de Brest a été abandonnée par le ministre de la guerre à ses propres forces et à ses propres ressources ; mais, grâce aux représentants du peuple, Merlin, de Douai », et Gillet, du Morbihan ^, elle ne manque de rien. Nous avons perfectionné un arsenal de construction et une manufacture d'armes qui existaient à Nantes. Nous avons créé un arsenal de construction, une manufacture d'armes et une fonderie de canons, à Rennes. Non seulement l'armée des Côtes de Brest a suffisamment d'artillerie, mais elle peut encore céder vingt-quatre pièces de canon à l'armée de Mayence. Si nous n'avons pas assez de fusils, la garde nationale de Nantes changera volontiers les siens, qui sont en bon état, contre ceux de la brave armée qui vient la défendre et terminer la guerre. C'est donc réellement par Nantes que les opérations peuvent commencer le plus tôt et avec le plus d'espérance de succès. D'ailleurs, ne comptez- vous pour rien le découragement

1. Philippe-Antoine Merlin, de Douai, né à Arleux (Nord), le 3o octobre i^Si, avocat au Pai'lement de Flandre (lyjS), jurisconsulte éminent, député du bailliage de Douai aux États Généraux de 1789, député du département du Nord à la Convention; vota la mort du roi; fut envoyé en mission à Nantes (juin i;j93). Membre du Comité de Salut public après la chute de Robespierre; député au Conseil des Anciens, membre du Directoire après le 18 fructidor. Procureur général à la Cour de cassation en 1801, conseiller d'Etat à vie, comte de l'Empire, grand officier de la Légion d'honneur. Exilé par la seconde Restauration, il se fixa en Hollande sous un nom supposé et rentra en France après la révolution de i83o. Mort à Paris le 21 décembre i83o.

2. René-Mathurin Gillet, né à Rroons (Côtes-du-Nord), le 28 juin 1762, député du Morbihan à la Convention. Dans le procès du roi, il vota pour la détention et le bannissement. Envoyé avec Merlin, de Douai, en mission à Nantes, demeura après lui dans le pays et suivit les armées Républicaines. C'est lui qui fit envoyer Carrier à Nantes. Élu député du Morbihan au conseil des Cinq-Cents. Mort à Paris le 4 novembre 1795.

qui se manifeste dans l'armée des Côtes de la Rochelle ? Ses colonnes ont toutes été battues ; elles sont toutes plus ou moins désorganisées ; quel serait l'espoir de la bonne cause, si l'armée de Mayence, une fois enfoncée dans le pays difficile de la Vendée, était abandonnée à ses propres moyens, et que le défaut de secours l'obligeât de revenir sur ses pas ? Je ne m'étendrai pas davantage sur cette matière. Il est plus que douteux que la guerre puisse se terminer en unissant l'armée de la Rochelle à celle de Mayence, et commençant les opérations par Saumur ; au lieu que l'espoir du succès est réel, en unissant l'armée de Mayence à celle des Côtes de Brest, et commençant les opérations par Nantes. J'opine donc pour le maintien du premier arrêté du Comité de Salut public. »

Ce discours entraîna les avis d'Aubert-Dubayet, commandant l'armée de Mayence, et des représentants Reubell et Merlin. Mieszkowski, commandant de la division des Sables de l'armée de la Rochelle, vint dire tout bas au chef d'état-major de l'armée des Côtes de Brest, qu'il se rangeait de son avis. Salomon, delà même armée, vint lui faire le même aveu, mais ajouta qu'il n'oserait voter pour, et qu'il se contenterait de ne pas voter du tout. Rossignol se mit au lit au moment d'aller aux voix, de manière qu'il n'y eut que huit voix pour attaquer par Saumur i. Les cinq voix de l'armée des Côtes de Brest, les trois de l'armée de Mayence et celle de Mieszkowski, emportèrent la balance, et il fut décidé que l'armée de Mayence se réunirait à celle des Côtes de Brest, et que les opérations commenceraient par Nantes 2.

1. Les généraux Rossignol, Rey, Duhoux et Salomon s'abstinrent lors du vote final.

2. Kléber n'assistait pas au conseil de guerre. On trouvera, dans la suite de ce volume, le procès-verbal officiel des deux séances du con-

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Le lendemain fut employé à régler les opérations entre les généraux. L'ordre de marche fut donné aux différentes colonnes de l'armée de Mayence, et le chef d'état-major de l'armée des Côtes de Brest partit pour aller régler tout ce qui était nécessaire et devait être remis à l'armée de Mayence, suivant la promesse qu'il lui avait faite.

« L'armée de Mayence étant réunie à celle des Côtes de Pian d'opéra- Brest, sortira de Nantes le ii ou le 12 septembre. Elle arrêté en°reTesgéaura à sa droite une colonne de l'armée de Brest, qui, "éraux Canciaux

^ et Rossignol i.

rassemblée à Paimbœuf et, partant de là, balaiera toute la côte de Bourgneuf, se portera sur Port- Saint-Père, qu'elle enlèvera, et, de là, sur Machecoul.

« Cette opération peut avoir lieu dès le 12; elle sera soutenue par la présence de l'avant-garde de l'armée de

seil. Voici la version de Choudieu : « On alla aux voix.... Bourbotte déclara que ses instructions ne lui permettaient pas de voter. Sur dix généraux, sept votèrent pour l'entrée en campagne par Saumur, et trois, savoir : Canciaux , Mieszkowski et Aubert-Dubayet, pour l'entrée par Nantes. Sur dix représentants, sept votèrent pour l'entrée en campagne par Nantes. Trois seulement, savoir : Richard, Fayau et moi, pour l'entrée en campagne par Saumur. Dix voix pour, dix voix contre. Nouvelle difficulté, qui n'avait pas été prévue, car les voix se trouvant ainsi partagées, par qui devait être décidée la question? Il me semble que l'opinion de sept généraux contre trois eût dû être prépondérante. Il en fut autrement, et les préventions qu'avait élevées Philippeaux contre l'armée de Saumur étaient telles, que le président fut investi du droit de départir les opinions, ce qui était décider la question par la question ; car il est évident que le président, ayant déjà voté la première fois pour la marche sur Nantes, voterait une seconde fois de la même manière. — Ainsi l'opinion d'un avocat de Colmar, Reubell, qui n'avait jamais mis le pied dans la Vendée, trancha par son double vote cette grande question. Et le plan d'un autre avocat du Mans, Philippeaux, qui ne la connaissait pas davantage, fut préféré à celui de sept généraux qui faisaient la guerre dans ce pays depuis le commencement des hostilités. A quoi tiennent les destinées des empires ! Ne pourrait-on, si la chose était moins sérieuse, parodier ainsi ce que Beaumarchais fait dire à Figaro ? Il fallait des militaires pour juger la question, elle le fut par des avocats. » (Choudieu, loc. cit.,

I. Ce document a été déjà publié notamment par Savary, loc. cit., II, p. &3-9J; par Beauchamp, loc. cit., p. 416, et par M. Aulard.

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Mayence qui se sera portée le même jour sur la hauteur de Saint-Léger ï, qui domine Port-Saint-Père, et d'où ce poste pourra être canonné et bombardé s'il est nécessaire. Une colonne partie de la Hibaudière ^ en fera en même temps l'attaque de front, et, s'en étant emparée, y restera pour se réunir à la colonne de droite, dont elle doit faire partie.

« L'occupation de Machecoul doit décider la marche en avant de la colonne de l'armée des Côtes de la Rochelle qui en tient la gauche.

« Cette colonne, dite armée des Sables, et maintenant à laRoche-sur-Yon, après avoir attaqué Aizenay et le Poiré ^, se portera sur la droite de la colonne de Tarmée de Brest, jusqu'à Saint-Fulgent, le i3 et, le 14. aux Herbiers, où elle se trouvera à la hauteur de Tiffauges, et, de là, marchera, toujours sur la droite de la même colonne, pour se porter devant Mortagne, le 16.

« L'armée de Brest se sera portée, le 11, devant Villeneuve 4. Son avant-garde aura été le même jour au châ-

1. Saint-Léger, commune du canton de Bouaye, arrondissement de Nantes (Loire-Inférieure) ; sur la rive droite de TAcheneau, à deux kilomètres et demi de sa sortie du lac de Grand-Lieu, presque en face de Port-Saint-Père; à trois kilomètres sud-ouest de Bouaye et dix-neuf, sudouest de Nantes.

2. La Hibaudière. Habitation importante plus communément appelée le château d'Aux, du nom du gentilhomme qui la fit construire en I7j4- (Voir p. iio, note 1.)

3. Le Poiré-sous-la- Roche-sur- Yon, ou le Poiré-sur-Vie, chef-lieu de canton du district, aujourd'hui arrondissement, de la Roche-sur-Yon (Vendée). A treize kilomètres nord-ouest de cette ville; cinquante et un kilomètres nord-ouest de Fontenay-ie-Comte ; sept kilomètres sud de Legé ; un kilomètre et demi sud de la Vie.

4. Villeneuve, château, commune des Sorinières, arrondissement de Nantes. Sur la droite de la route de Nantes aux Sables-d'Olonne ; à treize kilomètres sud de Nantes; quatre kilomètres sud des Sorinières; dix-sept kilomètres nord-nord-est de Pont-James ; six kilomètres est de Pont- Saint-Martin, sur le lac de Grand-Lieu; trois kilomètres ouest-sud-ouest de Touffou ; quatorze kilomètres nord-ouest d'Aigrefeuille.

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teau de la Limouzinière S ea avant de Pont-James ^, où l'armée se portera le jour suivant, laissant sa réserve à Villeneuve.

« Sur la route de Nantes aux Sables, l'attaque de Legé aura lieu à même jour, par une colonne qui partira de Machecoul et qui pourra se diviser en deux parties pour l'attaquer parle côté de Palluau, en même temps que celui de Machecoul, et que l'avant-garde de l'armée deMayence l'attaquera par le chemin de Nantes. Vertou 3 pourra aussi être attaqué le même jour par la colonne de gauche de l'armée de Brest, ainsi que le château de la Louée 4; elle y prendra poste. La Légion nantaise et une partie de la garde nationale, sortie de Nantes, feront une diversion sur Saint-Sébastien et Basse-Goulaine 5.

1. Château de la Touche-Limouzinière en la Limouzinière, alors chef-lieu de canton du district de Machecoul, aujourd'hui commune du canton de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, arrondissement de Nantes. Au-dessus de la rive gauche de la Logne, dans une vaste plaine. A six kilomètres sud-est de Saint-Philbert; vingt-sept kilomètres sud de Nantes; dix-huit kilomètres est de Machecoul ; quatorze kilomètres nord de Legé. Le château de la Touche a été détruit pendant la guerre de Vendée.

2. Pont-James, village sur la rive droite de la Boulogne, dans la commune et à un kilomètre nord-nord-est de Saint-Colombin, canton de Saint- Philbert -de -Grand -Lieu (Loire-Inférieure), A vingt-trois kilomètres et demi sud de Nantes; six kilomètres est-sud-est de Saint-Philbert; seize kilomètres nord de Legé.

3. Vertou, chef-lieu de canton du district de Clisson, puis de Tarrondissement de Nantes. Au sommet et sur la pente d'une éminence dominant la rive droite de la Sèvre Nantaise. A six kilomètres de la Loire ; neuf kilomètres sud-sud-est de Nantes; dix-huit kilomètres nord-ouest de Clisson ; seize kilomètres ouest de Vallet.

4. La Louée, hameau situé au sud de la Loire, sur la droite de la route de Nantes à Saumur, à treize kilomètres sud-est de Nantes ; trois kilomètres est-sud-est de la Plée; dix kilomètres ouest-nord-ouest de la Chapelle-HeuIin ; six kilomètres est-nord-est de Vertou ; trois kilomètres sud de Haute-Goulaine. Pendant la guerre de Vendée, un camp y fut établi que royalistes et républicains occupèrent alternativement. Le château n'existe plus.

5. Haute-Goulaine, commune du canton de Vertou, sur une colline de quarante mètres d'altitude au-dessus des marais bas de Goulaine. A un kilomètre et demi ouest de ces marais, six kilomètres est-nord-est de

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« Le i3 OU le 14, le corps d'armée se portera sur la route de la Rochelle, vis-à-vis Aigrefeuille. La colonne de droite ira à Montaigu qu'elle enlèvera. Le i4 ou le i5, elle se portera sur Tiffauges, et, le 16, devant Mortagne.

« Le même jour, le corps d'armée ayant passé la Moine, attaquera Glisson et, y passant la Sèvre, se portera devant Mortagne.

« Le 16, la réserve qui aura été passer la Sèvre au pont de Vertou, viendra attaquer Glisson par le chemin de Nantes ; s'il est nécessaire, sa droite se réunira à l'armée.

« Gomme l'armée des Gôtes de la Rochelle doit se porter simultanément, des différents points qu'elle occupe, sur Mortagne, les forces combinées se trouvant alors rassemblées, ainsi que les généraux, on prendra pour la continuité de la campagne tel plan qu'on avisera être bon.

(( Pour exécuter les premiers mouvements dans un ensemble nécessaire, il faut qu'ils soient arrêtés d'une manière fixe, invariable, et sous la responsabilité de chaque chef, à moins d'obstacles de guerre, dont chaque colonne sera prévenue par une correspondance journalière et par des courriers extraordinaires portant des dépêches écrites.

« Fait et arrêté au conseil de guerre, à Saumur, le 3 septembre 1793.

« Le général en chef de l'armée des Gôtes de Brest.

« Ganclaux. »

« J'adopte pour le bien général le plan proposé, me réservant d'attaquer Mortagne, si je le juge convenable. « Le général en chef de l'armée de la Rochelle.

« Rossignol. »

Vertou; neuf kilomètres est-sud-est de Nantes; six kilomètres et demi au sud de la Loire; sept kilomètres sud-est de Saint-Sébastien; neuf kilomètres nord-ouest de laChapellc-Heulin.

« L'armée des Côtes de la Rochelle se tiendra sur une Pian concerté

TVT' • iT'« 1 ''ii»/i« entre les généraux

défensive active. JNeanmoins la division du gênerai Miesz- canciaux et Rossikowski opérera offensivement jusqu'à sa jonction à l'aile ^Te des*CôLs dé droite de l'armée des Côtes de Brest, et à l'aile gauche de •* Rochelle. la division de Chantonnay. Elle dirigera sa marche de la manière suivante :

« Le II, elle s'emparera d'Aizenay ; le 12, elle marchera sur le Poiré ; le i3, aux Essarts ^ ; le 14, à Saint-Fulgent, où elle prendra poste et se gardera militairement.

« La division de Chantonnay ^ sera chargée de balayer tout le pays qui se trouve entre Chantonnay et la Rochesur- Yon, de manière qu'elle ne laisse aucun ennemi derrière elle, et que ses subsistances soient assurées ; les postes de sa gauche correspondant avec ceux du corps commandé par le général Mieszkowski.

« La même division de Chantonnay enverra occuper les postes de Mouilleron 3 et de Bazoges 4 de la manière qui

1. Les Essarts, sur la route alors en construction de Cholet à la Rochesur-Yon par Mortagne, les Herbiers et les Essarts. Chef-lieu de canton du district, puis de l'arrondissement, de la Roche-sur- Yon. A dix-neuf kilomètres nord-est de cette ville ; quarante-huit kilomètres nord-ouest de Fontenay-le-Gomte ; trente-trois kilomètres ouest de Pouzauges; vingtdeux kilomètres est du Poiré-sous-la-Roche; trente-deux kilomètres est d'Aizenay ; vingt kilomètres sud-ouest des Herbiers ; dix kilomètres à vol d'oiseau, au sud-ouest de Saint-Fulgent.

2. Commandée à ce moment par le général Tunck. On sait qu'elle fut battue et mise en déroute le surlendemain du jour où ce plan était arrêté.

3. Mouilleron-en-Pareds, chef-lieu de canton du district, aujourd'hui commune, du canton de la Châtaigneraie, arrondissement de Fontenayle-Comte (Vendée). A quarante-cinq kilomètres est de la Roche-sur-Yon; seize kilomètres ouest de Chantonnay; vingt-cinq kilomètres nord de Foatenay; trente-deux kilomètres sud-est de Bazoges-en-Paillers; trentecinq kilomètres sud des Herbiers.

4. Bazoges-en-Paillers, commune du canton de Saint-Fulgent, arrondissement de la Roche-sur-Yon (Vendée). A douze cents mètres de la rive droite de la Grande Maine ; trente-cinq kilomètres nord-est de la Roche-sur-Yon; sept kilomètres nord de Saiat-Fulgent; dix kilomètres jouest-nord-ouest des Herbiers; dix-sept kilomètres sud-ouest de Mortagnesur-Sèvre,

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lui sera prescrite par le général de division Chalbos. La division commandée par Chalbos se portera à la Châtaigneraie, où elle arrivera le i4 ; elle balaiera ses derrières et ses deux flancs, et les postes de sa droite correspondant avec les postes de gauche de la division du général Rey ï ; il en sera de même des postes de sa gauche à l'égard de la division de Ghantonnay.

c< La division commandée par le général Rey ira à Bressuire, où elle devra arriver le i4 ; sa droite occupera Chambroutet 2, et sa gauche, le château de la Forêt-sur- Sèvre ^, ce dernier poste correspondra avec la di'oite de la division Chalbos. La division de Saumur fournira un poste à Argenton 4; il y sera rendu le 14 et occupera les

1. Antoine-Gabriel-Venance Rey, né à Milhau en 1768, engagé dans le régiment du Roy-cavalerie en 1^83. Adjudant-major au 5' bataillon de volontaires du Calvados en 1791; adjudant général, envoyé à Chinon vers le mois d'avril 1993, suspendu par Ronsin le 3o septembre 1793 ; rétabli en fonctions le 3 septembre 1794, il combattit la chouannerie sous Hoche ; c'est lui, notamment, qui arrêta Cormatin. Passé en juillet à l'armée dltalie; revient en Normandie en 1798 et continue la guerre aux Chouans. Peu partisan du coup d'État de brumaire, il fut envoyé consul de France aux États-Unis. On le retrouve en 1808 général de division à l'armée d'Espagne. Chevalier de Saint-Louis en 1814, il sert l'Empereur pendant les Cent-Jours. Nommé commandant de la 19' division militaire, en 1816, puis de la 21'; retraité en 1820 ; mort en i836.

2. Chambroutet, commune du canton de Bressuire (Deux-Sèvres). A sept kilomètres nord-nord-est de cette ville; soixante-dix, nord de Niort; vingt et un kilomètres environ nord-est de la Forêt-sur-Sèvre.

3. La Forêt-sur-Sèvre, alors chef-lieu de canton du district de Châtillonsur-Sèvre, puis de Bressuire, aujourd'hui commune du canton de Cerizay, arrondissement de Bressuire (Deux-Sèvres). A sept kilomètres sud-sud-est de Cerizay; cinquante-cinq kilomètres nord-nord-ouest de Niort. Le château, baigné par la Sèvre Nantaise, avait été construit en i623 par Duplessis-Mornay. Au début du soulèvement vendéen, il servit de dépôt de prisonniers et de suspects au District de Bressuire. Lorsque les Vendéens s'en furent emparés, ils en firent également un dépôt de prisonniers Républicains. Incendié pendant la guerre et en grande partie détruit, il a été reconstruit en 1819.

4. Argenton-le-Château, dénommé un instant Argenton-le-Peuple, cheflieu de canton, alors, du district de Thouars, et aujourd'hui de l'arrondissement de Bressuire. Ses fortifications avaient encore une certaine impor-

hauteurs qui sont derrière cette ville, au lieu dit le Breuil i. La gauche des postes de cette division correspondra avec ceux de la droite de la division du général Rey.

(( La division de Saumur se portera à Vihiers, où elle sera rendue le i4 ; sa gauche correspondra avec la droite de la division d'Argenton ; elle occupera le château et les hauteurs qui avoisinent Vihiers.

« La division du général Duhoux ^, laissant une garde suffisante aux Ponts-de-Gé, se rendra, le i4, sur les hauteurs de Beaulieu, et occupera les ponts de Barré 3 et de

tance au moment de la guerre de Vendée; elles ont été détruites, ainsi que le château, pendant cette guerre. A dix-huit kilomètres nord de Bressuire; dix-huit kilomètres ouest de Thouars; vingt-quatre kilomètres est-nord-est de Châtillon-sur-Sèvre; trente-neuf kilomètres est de Mortagne ; vingt kilomètres sud de Vihiers ; quarante et un kilomètres sudsud-ouest de Saumur.

1. Le Breuil-sous-Argenton, commune du canton d'Argenton-le-Château; à deux kilomètres nord-est de cette ville. Le château dominait la rive gauche de l'Argenton,

2. Charles-François Duhoux d'Hauterive, né le i3 août ij3<J, lieutenant dans la milice de Lorraine le i" février i:;46; réformé avant d'avoir pris son service; cadet du roi de Pologne le ai novembre 1749; engagé dans les volontaires royaux le 21 novembre 1753; lieutenant de dragons le 9 décembre 1^56; capitaine en 1761 ; retiré du service en 1768. Retraité comme maréchal de camp le i" mars 1791 ; réemployé dans son grade le 19 mars 1792 à l'armée du Nord; nommé le 19 mars 1793, parle Conseil exécutif, général de division « près les troupes qui composent l'armée de la Réserve, dans le département de Maine-et-Loire », il se présente au District de Saumur le 29 mars. Grièvement blessé à la jambe, lors de l'attaque de Chemillé, le 11 avril, il fut encore blessé d'une balle au travers du corps, à Saumur, le 9 juin. Il commandait les troupes Républicaines au combat du Pont-Barré, le t8 septembre suivant, et fut complètement battu par les Vendéens, dont l'un des chefs était son propre neveu, le chevalier Duhoux. Accusé de connivence avec celui-ci et de trahison, il donna sa démission le 26 du même mois, demandant sa retraite, qui lui fut accordée seulement le 3 février 1795 (i5 pluviôse an III). Au i3 vendémiaire, il aurait, dit-on, commandé une partie des sections de Paris soulevées contre la Convention. D'après son dossier personnel, aux archives administratives de la guerre, il aurait compté cinquante ans, un mois et six jours de service.

3. Barré, village de la commune de Beaulieu (Maine-et-Loire), sur la rive gauche du Layon. Le pont auquel il donne son nom est établi sur cette rivière, entre Angers et Saint-Lambert-du-Lattay, à moins d'un kilomètre de ce bourg, sur la route, alors en construction, qui d'Angers conduit à

Bézigon ^ ; la gauche de ses postes enverra de fréquentes patrouilles pour correspondre avec la droite de la division de Vihiers. Elle s'éclairera sur sa droite, pour connaître la marche et la position des ennemis sur la rive gauche de la Loire.

« La correspondance sera extrêmement active entre toutes les divisions et le général en chef qui tiendra son quartier général à Doué ; la même correspondance aura lieu avec le général en chef de l'armée des Côtes de Brest, et entre les divisions, colonnes et postes des deux armées qui s'avoisinent, de manière que toutes les troupes puissent opérer de concert les mouvements qui leur seront ordonnés et qu'elles puissent se porter des secours réciproques suivant l'urgence des cas.

« Les différentes divisions et les postes se garderont par des retranchements et auront soin de s'éclairer par des patrouilles fréquentes et soutenues entre elles.

« Fait et arrêté en conseil de guerre, à Saumur, le 3 septembre 1793.

« Le général en chef de l'armée des Côtes de la Rochelle.

« Rossignol. »

Il est essentiel d'avoir ce plan toujours sous les yeux afin de voir où, comment, quand et pourquoi on y a dérogé.

Cholet et dans la Vendée. Il est situé au bas de l'une des côtes les plus rapides de l'Anjou, au dire de M. C. Port. Ses trois piles massives qui supportaient, au moment de la Révolution, un tablier de bois, subsistent encore à cinquante mètres en amont du pont actuel, construit en i838. Le Pont-Barré est célèbre dans l'histoire des guerres de la Vendée ; il constituait le seul passage important entre Angers et la région insurgée.

I. Le pont de Bezigon, sur le Layon, en aval du Pont-Barré, dépendait du château et des moulins de Bezigon, situés sur la rive droite, dans la commune de Saint-Lambert-du-Lattay. Il était entièrement en bois. Il fut détruit lors du combat du Pont-Barré, le 18 septembre 1793. Depuis, il a été reconstruit en pierre.

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