‹ Kléber en VendéeChapitre 6 sur 170 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

obligé de ramener au même point, dans la matinée du lendemain, l'armée de Mayence qui occupait Glisson.

Les Vendéens, en effet, faisaient tête de toute part. Ils sentaient que la jonction définitive des corps d'armée, qui tentaient de les entourer, leur serait fatale. Ils s'efforcèrent de refouler en détail chacun de ces corps, avant que la soudure entre ceux-ci ne fût entière. Ils réussirent à disloquer la plus grande partie des divisions de Rossignol. Le 5 septembre, d'Elbée battait, à Ghantonnay, le général Tuncq et la division de Luçon. Dans les jours qui suivirent, Lescure occupait les environs de ïhouars. Le ii, d'Autichamp chassait le général Turreau et son second, le commandant Bourgeois, de la Butte d'Erigné et des Ponts-de-Gé. Le même jour, à la suite de ces divers échecs, et sans qu'on jugeât bon d'aviser Ganclaux des résolutions prises, un conseil de guerre, tenu à Saumur, arrêtait qu'il y avait lieu, pour l'armée des côtes de la Rochelle, de suspendre le mouvement en avant, vers Mortagne, décidé d'accord avec Ganclaux et Dubayet, le 2 septembre '. Des ordres conformes furent expédiés par Rossignol à ses divisionnaires 2.

Le 12, d'Autichamp repoussait, aux Ponts-de-Gé, une nouvelle attaque de Turreau, puis, le même jour, aidait La Rochejaquelein à battre, à Martigné-Briand, l'avantgarde de Rossignol, commandée par Salomon, qui se retirait à Doué-la-Fontaine. Le 14, les Vendéens étaient battus à leur tour aux environs de cette ville, à Soulanger, et le général Rey, qui commandait à Thouars, obligeait Lescure à évacuer les abords de cette place. Mais,

1. Le texte des décisions prises dans ce conseil de guerre a été donné notamment par M. Ghassin, Vendée patriote, III, 4o-4i.

2. « Je vous envoie, général, copie de l'arrêté qui vient d'être pris par le conseil de guerre tenu ce matin. Vous verrez par cet arrêté la marche que vous aurez à tenir. Vous voudrez bien vous conformer à ces dispositions, à moins que des circonstances impérieuses ne vous forcent à y apporter quelques légers changements de localités. Au surplus, je m'en réfère à ma dernière et je m'en rapporte à votre prudence et à votre patriotisme, pour l'exécution des différentes dispositions arrêtées dans le conseil de guerre. » {Rossignol à Chalbos, Saumur, ii septembre 1793. Arch. hist. de la guerre. V. Registre de correspondance de Rossignol, fol. 102.) Il semble que ce soit cet ordre dont il est question ci-après, p. 160-161 et 458. D'après la lettre de Rossignol, donnée p. 458-459, il aurait été réitéré, le i5 septembre.

Page 1