I. Gétigné
a. Cet ordre a été déjà donné à peu près en entier par Pajol (KLéber, 48). Savary (loc. cit., II, i8o) en lait deux documents distincts qu'il arrange à sa façon, sans cependant en dénaturer le sens.
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ser des patrouilles sur la droite, pour aller à la découverte de la colonne de Beysser ; mais il fut impossible à mes éclaireurs de m'en donner des nouvelles.
Dans la désagréable perspective de me voir seul encore, avec mes dix-huit cents hommes, enfoncé dans le pays et éloig^né de quatre heures du corps d'armée, je pris le parti d'appuyer ma droite au cimetière de Boussay, et, formant avec ma troupe un carré, je la déployai dans un vaste champ retranché par des levées de terre et des fossés très larges. Je plantai un drapeau au milieu d'un pré, et j'y établis mon quartier général avec soixante chasseurs à cheval et quarante chevaux du 7^ bataillon d'infanterie légère.
Le temps était très froid, je ne pus défendre que l'on fît du feu, mais j'employai la ruse du faible, et j'ordonnai qu'on en fît beaucoup et sur un très grand développement. A une heure après minuit, Saint-James et Lavallette, aides de camp du général Ganclaux, vinrent m'éveiller pour m'apprendre que Beysser avait été attaqué et surpris à Montaigu, et que son armée, en déroute complète, s'était dirigée sur Nantes i. Ils me communiquèrent ensuite l'ordre du général Ganclaux de me replier à l'instant sur Clisson. Je fis aussitôt prévenir la troupe de notre départ, dans le plus grand silence. Elle fut bientôt
I. Ce même jour, 31, « Le plus grand désordre se mit dans les troupes (Républicaines, à Montaigu); chacun s'enfuyait de toutes ses forces. Les Brigands, qui n'avaient point de canons d'abord, nous prirent plusieurs de nos pièces avec lesquelles ils nous poursuivirent pendant cinq heures à ma montre... Nous ne nous arrêtâmes qu'aux Sorinières, à une lieue de Nantes, et nous avions couru depuis Montaigu. Jugez dans quel état j'étais, ainsi que tous les autres! » {Lettre de Broussais, volontaire national, sur la campagne de Beysser, aS septembre i;;93, loc. cit., 12, reproduite par Chassin : Vendée patriote, III, io4)-
« Chacun avoua que si la troupe de Torfou (les Mayençais de Kléber) eût formé la garnison de Montaigu, nous n'aurions point eu la victoire. » (Lucas de la Championnière, loc. cit., 5o.)
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1" vendémiaire gous les armes et en marche; le jour commençait à paraî- (22 septembre), trc loFsquc j 'arrivai sur les hauteurs de Clisson ; là, je fis
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gné, retraite de i^ire haltc, ct je pcrmis cju on s occupât de la cuisine. toute l'armée, ar- jy^^ q^g toutcs Ics précautious militaires, nécessitées
rivee aux camps ^ '■
de la Louée et de par Ics circonstanccs, me parurent suffisamment prises,
la Plée. L'armée . , . , ,
est attaquée dans je n cus ricu dc plus prcssc quc de me transporter chez sa retraite. Ganclaux, pour savoir de lui les détails relatifs à la dé-
route de Beysser. J'appris que, dans la journée du 20, l'ennemi avait battu la division des Sables aux ordres du général Mieszkowski, proche Saint-Fulgent; et, après cette victoire, il s'était porté sur Montaigu i. La troupe deBeys-
I. 11 y a là erreur de dates et confusion dans l'ordre des événements. C'est le 21 que Beysser fut mis en déroute à Montaigu, et le 22, dans la soirée, que Mieszkowski, commandant la colonne dite armée des Sablesd'Olonne, subit le même sort à Saint-Fulgent. Cette division n'appartenait point à l'armée des côtes de Brest et n'était point, par conséquent, aux ordres de Canclaux, ainsi que le dit, à tort, Poirier de Beauvais (loc. cit., 125). Elle dépendait de l'armée des côtes de la Rochelle, dont le général en chef était Rossignol. Mies/kowski avait reçu, dans la nuit du 19 au 20 septembre, à Saint-Fulgent, la communication de l'ordre de retraite envoyé par Rossignol (Voy. plus loin). Mais comme les instructions antérieures, conformes aux décisions qu'il avait votées au conseil tenu à Saumur, les 2 et 3 septembre, lui prescrivaient de faire sa jonction avec l'armée des côtes de Brest, il ne voulut pas quitter Saint-Fulgent, si près de Canclaux, et rétrograder sans s'être entendu avec ce général. Il lui dépêcha l'adjudant général Dufour. Mais cet officier ne put joindre le général en chef de l'armée des côtes de Brest que dans la soirée du 20 septembre, à Clisson, après les défaites éprouvées le 19 par les diverses colonnes Républicaines à Torfou (Kléber), au Pont-Barré (La Barolière), et à Coron (Santerre et Ronsin). Canclaux, prévoyant que les Vendéens allaient, à la suite de ces victoires, se rejeter sur ceux de leurs adversaires qui pouvaient encore les gêner, réexpédia Dufour à Mieszkowski avec le conseil de se retirer de Saint-Fulgent, où les circonstances rendaient son séjour très périlleux. Malheureusement l'adjudant général, trouvant toutes les routes occupées par les royalistes, dut revenir à Nantes, s'embarquer pour rejoindre par mer l'armée des Sables.... La déroute de Saint-Fulgent était consommée depuis plusieurs jours.
« L'attaque de Montaigu faisait partie du plan de campagne arrêté par les chefs royalistes dans le conseil tenu à Tiflauges le 20 septembre. M. de Lescure, à la tête de la Grande Armée, s'en était chargé et avait avec lui Charette et son armée, bien moins nombreuse que la sienne. L'une et l'autre ensuite devaient se porter à Clisson, pour attaquer l'armée de
ser étant logée en ville, sans aucune espèce de précaution, avait été surprise, et n'avait pas eu le temps de prendre position ; de sorte que la déroute se manifesta au moment même de l'attaque. Sa perte fut considérable, mais elle l'eût été encore davantage sans la valeur des 79® et 109^ régiments qui soutinrent courageusement la retraite. (( Quant à notre armée, ajouta Ganclaux, elle ne peut pas se soutenir dans le pays, ainsi en flèche; je vais donc donner les ordres pour la retraite sur Nantes, où nous combinerons un nouveau plan de campagne. »
En effet, vers les neuf heures du matin, l'armée reçut l'ordre suivant :
« La première division ^ partira sur-le-champ, suivie de l'avant-garde 2, pour aller occuper un bivouac à la lande Pelée 3, au-dessus de la Louée. La deuxième division, commandée par le général Beaupuy, aussitôt après l'évacuation des eftets de l'armée, se mettra en route pour occuper une position dans la même lande, faisant l'arrièregarde avec toutes les précautions nécessaires.
« Le général Haxo, commandant la réserve qui occupe
Mayence à sa sortie de Clissoa, pendant que M. de Bonchamps arrivant par Vallet l'attaquerait sur son autre flanc C'est ce plan qui fut entièrement manqué, quand, au lieu de se rendre à Clisson, la Grande Armée et celle de Charette se portèrent à Saint-Fulgent; quand même l'estafette envoyée par Lescure à Bonchamps lui fût parvenue, le plan n'en était pas moins avorté. » {Note manuscrite, dans les Papiers laBouère, déjà publiée par le signataire de la présente publication dans Mémoires et documents concernant les guerres de la Vendée, 90.)
« C'était là le cas d'écraser la garnison de Mayence encore étonnée de sa défaite (du 19 septembre); mais M. de Lescure, par un entêtement dont les suites furent bien funestes au pays, s'opiniâtra à marcher sur cinq mille hommes qui étaient dans Saint-Fulgent, Trop inférieurs en nombre, ils furent presque entièrement détruits et nos armées (vendéennes), harassées de fatigue, furent congédiées jusqu'à nouvel ordre. » (Solilhac, loc. cit., 3i-32.)