‹ Kléber en VendéeChapitre 66 sur 170 · Six cents mètres environ · texte numérisé non relu

Six cents mètres environ

différentes directions, proche de Montaigu, ayant sa droite appuyée à la route de la Rochelle, et sa gauche à celle de Clisson. La réserve de Haxo, campée en deçà de Montaigu, avait sa gauche appuyée à la même route de la Rochelle, sa droite se prolongeant jusqu'à celle de Clisson qu'il couvrait ; il faisait, par conséquent, face en arrière. Nous étions suffisamment garantis, sur la droite de la route, par le ravin profond et les bords escarpés de la Maine.

Ces dispositions nous mettaient à même de pouvoir, par les mouvements les plus simples, repousser l'ennemi partout où il se serait présenté. Deux bataillons de grenadiers furent placés dans Montaigu, pour la garde du château; l'ingénieur en chef Vérine i, par son active intelligence, mit ce poste en état de défense, autant qu'il en était susceptible. Murs de clôture, maisons, arbres, haies, en un mot tout ce qui aurait pu favoriser l'approche de l'ennemi fut démoli, coupé ou incendié. Montaigu n'était plus reconnaissable ; aussi des bataillons de la colonne de Reysser, venant à y passer quelque temps après, furent forcés d'admirer nos précautions, en gémissant sur leur négligence. Je ne crois pas devoir omettre que nous trouvâmes le puits du château rempli de cadavres des soldats de ce malheureux corps ^.

1. Vérine avait pris une part brillante et utile à la défense de Mayence, où il s'était lié d'amitié avec Kléber. Il se trouvait à Angers avec l'armée de l'Ouest le 3o novembre 1793 et fut envoyé à Rennes par le conseil de guerre et les représentants, pour concerter avec Rossignol la jonction de cette armée avec celle des côtes de Brest. Il assistait également à Angers au conseil tenu à son retour, le 5 décembre, et qui ordonna la marche en avant.

2. Les écrivains républicains et royalistes ont beaucoup discuté sur la question de savoir si les Vendéens avaient jeté dans cet ancien puits des blessés patriotes vivant encore, ou seulement des cadavres dont il s'agissait de débarrasser le sol par crainte d'infection.

« Ce sont les Rebelles, écrit en 1393 l'adjudant général Legros, qui, après

11 vendémiaire Le II Vendémiaire ^ Targe me fit prévenir que les

Reconnaissance avant-postes dcs Brigand S s'approchaient des nôtres jusfaite par les fféné- i> i , > i /» -i t /> • i\ i^ > . r^

raux Canciaux et ^ ^ ^^ portce de lusii. Je tiis jusqu a baint-Georges me Kieber au delà de çQj^yj^^j^^^pg moi-mêmc de Timpudcnce de l'ennemi; dès

Saint-Georges. ^

que je l'aperçus, je le fis attaquer, mais il se replia. J'en instruisis Canciaux, qui, dans l'après-midi du même jour, vint également en reconnaissance : il résolut alors de

12 vendémiaire faire partir, le 12, à deux heures du matin, Marigfnv avec

(3 octobre). ^ ^ ' & J

Marigny est sou avaut-gardc légère, pour repousser tout ce qu'il trouiV^postes*^ enne- vcrait devant lui, jusqu'à Saint-Fulgent. Je suivis cette mis de Saint-Fui- colounc avcc Gauclaux, BcauDuv et Merlin : nous arrivà-

gent, d où il con- ^ ^

tinue sa route pour mes à la poiute du jour au château de la Ghardière, sur

aller au-devant de , , i i «n i i-n r^

la colonne repu- la grande route, et proche le village de Ghavagnes. On biicaine à Ghan- -^ j ^^^ ^ ^^ châtcau, après cu avoir fait la fouille et

tonnay. Le gênerai ' r

Dubayet attaque trouvé Ics traccs d'uu bivouac de cavalerie ennemie, qui

les postes enne- y-i p •

mis vers Treize- j avait passé la nuit. Ce fait nous fut confirmé par un eptiers. petit garçou que nous trouvâmes caché dans la paille et

qui s'esquiva ^.

avoir gagné à Montaigu une grande bataille sur l'ivrogne Beysser, ont rempli de nos soldats vivants un puits de quarante toises de profondeur. » (Legros, Mes rêves dans mon exil, 78.) De son côté, l'abbé Deniau dit, d'après des témoignages oraux : « Un ecclésiastique, M. Bonin, chanoine du chapitre de Montaigu, et sa sœur avaient été coupés en morceaux par les républicains et jetés ensuite dans ce puits Cette triste sépulture fut donnée après la bataille à un grand nombre de soldats de Beysser. » (Deniau, Hist. de la Vendée, II, 5o6.) M. Dugast-Matifeux, qui habita Montaigu pendant une très grande partie de son existence, appuie, d'après d'autres témoins, qu'il croit également sûrs, le récit de Legros (Cf. Annales de la Société académique de Nantes, 1848, 436).

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