‹ Kléber en VendéeChapitre 69 sur 170 · Décret de la Convention nationale du i" octobre · texte numérisé non relu

Décret de la Convention nationale du i" octobre

3. Jean-Baptiste Carrier, né à Yolet, près Aurillac, en Auvergne, en 1706, procureur du roi dans sa ville natale; député du Cantal à la Convention. C'est lui qui fit décréter, le 5 mars 1793, la création d'un tribunal révolutionnaire. Il fut l'un des promoteurs de la révolution du 3i mai. Envoyé en mission dans les Côtes-du-Nord, en septembre i;93, il dénonça

ffénéral de brigade Dembarrère i, de l'arme du génie. Je "^'•^i Lécheiie et

. , . , . ^ du représentant

me transportai aussitôt chez lui, et, après les premières Carrier. L'armée

. -T.' 5 11 '11 '^i- prend la dénomi-

civilites, on s assembla en conseil de guerre, qui lut com- nation d'armée de posé des représentants Merlin, Turreau, Carrier, des ^^"^^*^*^"^^'^ <^"

^ *■ guerre.

deux généraux nouvellement arrivés, de Vimeux, Beaupuy et moi. Je remis à Léchelle l'état de situation de l'armée et, sur l'invitation de Merlin, la carte sur la table, je lui expliquai succinctement ce que nous avions fait, et ce que Ganclaux se proposait de faire pour arriver sous peu devant Mortagne et Gholet. Je lui observai que nous avions manqué jusqu'ici d'un homme qui pi^it nous fournir des renseignements locaux, si nécessaires dans un pays aussi coupé ; mais que, depuis peu, Ganclaux avait

Beysser comme complice des Girondins. Un arrêté du Comité de Salut public, du 29 septembre, lui donna l'ordre de se rendre sur-le-champ du département des Gôtes-du-Nord à Nantes pour y faire appliquer les mesures décrétées contre les municipalités fédéralistes « et y prendre, conformément aux pouvoirs qui lui sont délégués, toutes les mesures de salut public ». Au milieu des excès atroces auxquels il se livra dans cette ville et dans la rég-ion, il sut défendre Kléber et Marceau contre leurs détracteurs et même contre le général Turreau. Rappelé, il quitta Nantes le 16 février i'j{)^- Décrété d'accusation grâce à l'insistance de Boursault et de Lofficial. le 23 novembre 1794, condamné à mort et exécuté le 16 décembre. 1. Jean Dembarrère, fils de Jacques-François Dembarrère. conseiller du roi, juge criminel en la sénéchaussée de Bigorre, et d'Anne de Cauboté, né à ïarbes le 3 juillet l'j^'j. Lieutenant en second à l'école du génie de Mézières en 1768, ingénieur le i^'' janvier 17:70, capitaine du génie le i" janvier 1777, il se distingua i)endant la défense de Valenciennes en 1793. Général de brigade et employé dans l'Ouest le 17 août 1793, général de division et inspecteur général des fortifications le 16 février 1794. Le Comité de Salut public voulut lui confier le soin de terminer la guerre de Vendée avant la reprise de la campagne contre les coalisés: mais il déclina toute participation au système mis en pratique par le général Turreau. Commandant provisoire de l'armée d'Angleterre, du 23 juin au 11 juillet 1799; réformé le 27 avril 1801 ; nommé de nouveau directeur des fortifications le 2 mai suivant, et inspecteur général le 18 décembre. Retraité le 10 mai i8o5, chargé le 9.0 mars 1812 d'organiser les cohortes du premier ban de la garde nationale dans la ii' divisio:i militaire. Mort à quatre-vingt-trois ans à Lourdes, le 3 mars 1828. Il était l'oncle de Barère. Il avait été fait comte de l'Empire le i5 juin 1808 et confirmé dans son titre par lettres patentes royales du 20 décembre 1817.

fait l'acquisition du citoyen Savary ^ qui remplissait à cet égard l'objet désiré.

Léchelle m'écouta sans mot dire, il ne daigna pas même jeter un coup d'œil sur la carte pour suivre mes démonstrations; son indifférence me fît présumer qu'il avait un plan de campagne qui, peut-être, n'avait aucun rapport avec celui que je venais de développer; mais non, il se lève tout à coup et dit d'un ton transcendant :

I. Jean-Julien-Michel Savary, né à Vitré, en Bretagne, le 18 novembre 1^53, avocat au Parlement de Paris (juillet ij8o), venu avant la Révolution comme précepteur dans un château des environs des Herbiers, où il connut d'Elbée et fut mêlé à diverses affaires d'intérêts du futur généralissime Vendéen. Juge et président du district de Cholet de i;i9o à mars 1793, fait prisonnier par les Vendéens quand ils s'emparèrent de cette ville, le i4 mars; il s'évada un mois après, à Chemillé et se réfugia à Saumur. Le conseil général du Département, dont il était membre, le nomma alors commissaire civil chargé d'organiser les moyens les plus efficaces pour résister à l'insurrection Canclaux, qui l'avait connu dans l'exercice de ces fonctions, le décida, peu de jours avant que lui-même fût rappelé, à suivre l'armée des côtes de Brest comme attaché, sans aucun grade militaire, au général en chef, afin d'utiliser ses connaissances de la topographie du pays où cette armée allait opérer avec l'armée de Mayence. Il Tut nommé adjudant général chef de brigade le 5 novembre 1793. Député de Maine-et-Loire au Conseil des Cinq-Cents, le i5 octobre i;;793; au Conseil des Anciens, le 14 avril 1799; il montra peu d'enthousiasme pour les événements qui annonçaient le coup d'État du 18 Brumaire et ne reçut pas de convocation pour la séance de ce jour. Il s'en plaignit et, à la fin de la séance, Bonaparte le fit exclure de la représentation nationale. Nommé sous-inspecteur aux revues le 22 décembre 1799, il fit en cette qualité les campagnes d'Allemagne; inspecteur en 1812; chevalier de Saint-Louis en 1814 ; retraité en i8i5; mort à Paris le 27 décembre 1839. Il s'était lié intimement avec Kléber dont il devint l'un des meilleurs et des plus dévoués collaborateurs pendant toute la campagne de ce général en Vendée et sur la rive droite de la Loire. Il a certainement contribué, dans une mesure difficile à déterminer, à la rédaction des Mémoires présentement publiés et auxquels il a fait de copieux emprunts dans son grand ouvrage intitulé : Guei'res des Vendéens et des Chouans contre ta République française.... (Paris, Baudouin, 1824-1825, 6 vol. in-8.) Cette publication, considérable et faite dans un esprit relativement impartial et modéré, se ressent cependant des passions qui avaient agité son auteur. On doit également regretter la façon, trop arbitraire quoique de bonne foi, dont il a souvent tronqué, modifié ou interpolé le texte des documents produits par lui.

« Oui, ce projet est fort de mon goût; mais j'observe qu'il faut marcher en ordre, en masse et majestueusement. » Après cela, chacun se retira chez soi, ne sachant ce qu'il devait penser de l'homme qui commandait en chef i.

Le lendemain i8, la troupe prit les armes vers les huit is vendémiaire

1 1 • /-i • 1 1 1 n 1 (^ octobre).

heures du matin; Carrier, s avançant devant le iront de Le générai Lébataille, harangua les défenseurs de la patrie, qui lui sentlnf ^ Vanner répondirent à l'unanimité par le cri de : Vive la Repu- passenties troupes

^ en revue et les ha-

blique ! Léchelle harangua aussi ses nouveaux compa- ranguent. gnons d'armes; on s'aperçut bien qu'il n'avait pas fait une étude profonde de l'art oratoire; mais, certes, il n'eut pas à se plaindre de l'accueil qu il reçut. J'ai appris que quelques voix s'étaient écriées : Vive Dubayet! Je ne l'ai point entendu, mais j'ai remarqué que cela avait vivement affecté le général qui ne m'en parla pas, mais qui, dès lors, porta dans son cœur une haine implacable contre l'armée de Mayence.

Cependant, Gharette tenait toujours son rassemblement i9 vendémiaire

, T ^ - -n 1 • < 1 TV/» (^^ octobre).

a Lege et ses patrouilles approchaient assez près de Mon- LegénéraiHaxo taisra. Il fut donc décidé, au soir du même iour. que Haxo ^^'^^ ^..^^^. ^^^

o j - i pour détruire le

partirait à minuit, marcherait sur Lésré et rentrerait dans rassemblement de

^ . . Gharette.

son camp, après avoir dissipé cette horde d'ennemis. Haxo se mit à la tête de trois mille hommes d'élite, que je lui avais choisis, et commença son mouvement à l'heure indiquée.

Le lendemain, quantité d'habitants des environs de 20 vendémiaire Vieillevigne et de Saint-iVndré-Treize-Voies se rendirent Quelques habià Montaisru et feignirent de vouloir déposer leurs armes. /*"'^ déposent

a o L leurs armes ; con-

Mais comme elles n'étaient composées que de mauvais seii de guerre. fusils de chasse, de piques et de bâtons, on suspecta leur

I. a Kléber serra froidement sa carte. Merlin dit en se retournant : « Je crois qu'on a pris à tâche de nous envoyer tout ce qu'il y a de plus ignorant. » (Savary, loc. cit., H, 228.)

bonne foi; on résolut néanmoins de les renvoyer dans leurs foyers avec l'assurance qu'à l'avenir leurs communes seraient respectées. Ou espérait, par cet acte de clémence, porter la désertion dans l'armée fanatique ; le moyen ne réussit point.

Le soir, on tint conseil de guerre. On y résolut que l'on donnerait suite au plan du général Canclaux, et que l'on marcherait, le 23 vendémiaire, sur Tilîauges; l'on me donna le commandement de l'armée de Mayence, à laquelle on devait ajouter un bataillon du 79* et deux autres du 109*, régiments qui avaient autrefois fait partie de la colonne Beysser, et qui étaient établis à Remouillé; par ce moyen, le corps d'armée sous mes ordres était porté à environ huit mille hommes. On devait y ajouter cinq pièces de 8 bien approvisionnées, un gril, un obusier de 6 pouces et une caronade, cent vingt-cinq obus incendiaires, dix huit balles à feu, dix pièces de 4' dix-huit caissons d'infanterie et mille pionniers. Toutes ces troupes et cet attirail d'artillerie devaient se mettre en mouvement les jours suivants pour être réunis, le '20 au soir, à Montaigu. L'adjudant général Blosse, qui commandait les troupes de Remouillé depuis deux jours, reçut ordre de se mettre à la tête de ses dix-sept compagnies de grenadiers, auxquelles on ajouta quarante gendarmes nationaux à pied, et de se porter, le jour suivant, au delà de Saint-Fulgent, près du château de l'Oie i, pour se réunir

1. Château et commune du canton des Essarts (Vendée), commandant le point stratégique très important appelé les Quatre-Ghemins-de-l'Oie, où se rencontrent les routes de Nantes à la Rochelle et d'Angers aux Sablesd'Olonne. A neuf kilomètres nord-est des Essarts; vingt-huit kilomètres nord-est de la Roche-sur-Yon; douze kilomètres sud-ouest des Herbiers; vingt et un kilomètres sud-ouest de Mortagne; seize kilomètres nordnord-ouest de Chantonnay; trente-sept kilomètres nord-ouest de Fontenay-le-Comte ; six kilomètres sud-sud-est de Saint-Fulgent; vingt-six kilomètres sud-sud-est de Montaigu. Une petite garnison patriote lut éta-

à la colonne venant de Luçon et des Sables, et qui devait y arriver le même jour. Il lui fut prescrit d'envoyer, dès que sa réunion serait opérée avec cette colonne, l'état de sa force en infanterie, cavalerie et artillerie, en y joignant l'aperçu de ses moyens de subsistance, et, dans le cas où ces troupes excéderaient cinq mille hommes, de revenir avec ses grenadiers, et de prendre à la colonne de Luçon deux pièces de 12 et un obusier avec leurs caissons. Cette colonne ainsi disposée devait se porter, le 22, aux Herbiers, y attaquer l'ennemi, et, sans s'arrêter, s'emparer de suite de la montagne des Alouettes pour y prendre poste ensuite, et le lendemain, 23, elle devait se mettre en marche à trois heures du matin, pour se diriger sur Mortagne, où, s'établissant sur les hauteurs de la Sèvre, elle devait élever deux batteries pour battre la ville et le pont, à boulets rouges i. Tous les ordres, conformément à ces arrêtés, furent de suite distribués et mis à exécution 2.

Le lendemain, il ne se passa rien de nouveau. Le gêné- 21 vendémiaire rai Haxo rentra le matin avec ses troupes de son expédi- Le^énérai Haxo tion de Légé ; il nous dit que sa marche ayant été éventée ''®"*^® ^^ '^^'"P" par quelques coups de fusil tirés sur un poste de Brigands, à une lieue en deçà de cette ville, il la trouva évacuée à son arrivée, et que les fours pleins de pain avaient fait voir clairement que l'ennemi ne faisait que d'en sortir.

Le jour suivant, ma division acheva de s'organiser et 22 vendémiair* tous les objets relatifs a l'artillerie se trouvèrent réunis. Les troupes s'or-

blie au château dès les premiers signes d'effervescence. Elle fut enlevée par surprise, au mois de mars ijgS, par les gars de Saint-André-Goule-d'Oie. Le château, occupé tour à tour par les deux partis, fut réduit en ruines en 1793.

1. « L'arrivée sur Mortagne fut retardée d'un jour par avis postérieur. > (Savary, loc. cit., 11,236.)

2. Il n'existe pas trace de ces ordres dans le registre de Kléber publié ci-après.

ganisent pour la Le soir, Oïl s'assembla chez le général en chef, qui nous

marche du lendemain. On reçoit doRua Communication de la lettre qu'il Tenait de recevoir

deNoirmoutirr"^*^ ^^ l'adjudaut général Blosse. Il lui rendait compte que la

colonne de Luçon, n'étant que de trois à quatre mille

hommes au plus, il avait cru se conformer à son ordre en

demeurant réuni avec elle. Pendant que nous étions ainsi

rassemblés, les représentants du peuple reçurent l'avis

que les Brigands s'étaient emparés de l'île de Noirmoutier ;

tout le monde fut alarmé de cet événement, parce qu'on

craignait que, communiquant librement avec les Anglais,

les Rebelles n'en tirassent des secours qui pourraient nous

devenir très préjudiciables. Léchelle ne proféra pas un

mot, mais, fatigué d'en entendre parler, il demanda avec

impatience : « Qu'est-ce donc que ce Noirmoutier? où est i

cela? ». On lui répondit que c'était une île. « Ah! oui,

oui, dit-il, une île, une île »; et, honteux d'en demander

davantage, il n'en fut pas plus instruit. On devait être \

d'autant plus étonné de cette ignorance qu'il avait eu un *

commandement à la Rochelle, où il était parfaitement à

même d'étudier les côtes K

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