‹ Kléber en VendéeChapitre 78 sur 170 · I. 29-3o brumaire an II, 19-20 novembre lygS · texte numérisé non relu

I. 29-3o brumaire an II, 19-20 novembre lygS

« J'ignore les motifs de mon incarcération, et vraiment je ne crois pas

38o KLÉBER EN VENDÉE.

apprécié par l'armée qu'il commandait que par les représentants du peuple i, retourna tranquillement, avec sa division, prendre la position de Dinan qu'il n'aurait pas dû quitter.

Le jour où on apprit cet échec aussi fatal qu'inattendu, les généraux se réunirent chez les représentants du peuple, où l'on convint sur-le-champ que l'on mettrait tout en usage pour soutenir le poste d'Antrain. En conséquence, l'avant-garde, aux ordres de Marceau, prit une position avantageuse aux Quatre-Chemins, position ainsi nommée à cause de la jonction des deux routes de Rennes à Avranches et de Fougères à Dol ^. La division commandée par le général Millier reçut l'ordre d'occuper les deux ponts sur la rivière du Gouesnon, dont l'un est situé sur la route de Dol 3 et l'autre sur celle d' Avranches 4. On passa la nuit dans cet état de choses et, le 29 brumaire, à trois heures du matin, l'avant-garde légère, aux ordres du général Bouin-Marigny, prit position à la droite de l'armée, en s' approchant des Quatre Chemins, pour couvrir notre flanc. Dès que le jour parut, je parcourus, avec les généraux Marceau et Damas, les difl*érentes positions que nous venions de prendre. La manière dont le général

avoir mérité de perdre ma liberté. On paraît m'accuser de n'avoir point été au secours de Tribout; c'est oublier qu'un chef d'état-major n'a d'autre devoir que de transmettre les ordres qu'il reçoit ; or, je n'en avais reçu ni de Rossignol ni du conseil de guerre. Vous parlez de lettres qui furent adressées du champ de bataille; mais elles nous parvinrent trop tard ; quand nous envoyâmes en reconnaissance, nous ne rencontrâmes que des fuyards. » (Lettre de Vergues aux représentants, 3 frimaire an II- 23 novembre 1793. Arch. nat-, AF 11, 2^6, rec. 23ia, p. 24.)

1. Tribout avait passé d'un saut du grade de tambour-major à celui de général de division, ce qui donnait matière aux soldats à une infinité de railleries piquantes et de sarcasmes. (Note du manuscrit.)

2. Lieu dit aussi Les Croix, sur une petite hauteur à sept cents mètres environ au nord-est en avant d'Antrain.

3. A huit cents mètres à l'ouest, en arrière d'Antrain. 4- A douze cents mètres au nord d'Antrain.

Millier avait établi ses troupes pour défendre le pont sur le Couesnon, nous indigna. Cette impéritie était si révoltante, que nous crûmes ne pouvoir nous empêcher de changer ces dispositions sans prévenir ce général. En effet, quoique ces ponts eussent derrière eux des hauteurs en amphithéâtre qui semblaient être formées à dessein pour les défendre, nous trouvâmes les bataillons établis dans les fonds et marais, parallèlement à la rivière, d'où ils auraient pu être accablés à coups de pierres, des hauteurs de la rive opposée. Nous continuâmes ensuite notre reconnaissance le long de cette rivière et sur les hauteurs comprises entre les routes de Dol et de Pontorson. Nous y établîmes des postes d'infanterie, en attachant à chacun d'eux quelques ordonnances à cheval, pour correspondre plus promptement entre eux et avec le quartier général. Nous en établîmes aussi partout où la rivière nous parut guéable, et nous ordonnâmes la démolition des ponts qui pouvaient se trouver sur nos flancs et sur nos derrières. D'après les observations que nous fîmes dans cette reconnaissance et incertains, d'ailleurs, des mouvements que pouvait avoir faits l'ennemi depuis la veille, je proposai à Rossignol d'envoyer la cavalerie aux ordres de Marigny à Sacey, pour aller aux nouvelles, en jetant des coureurs dans le pays, ce qui fut exécuté à une heure après midi. En l'absence de Marigny, l'adjudant général Delaage ^ prit le commandement de l'infanterie

I. Henri-Pierre Delaage, né à Angers le 23 janvier 1766, sergent, puis officier des canonniers volontaires d'Angers en i;;89; sous-lieutenant de grenadiers au premier bataillon de A^olontaires de Maine-et-Loire, adjudant-major le 3i janvier 1792; se distingue à l'affaire de Grandpré, 14 septembre, puis au siège de Verdun. Ce lut lui qui releva le cadavre de son commandant, Beaurepaire, et qui commanda l'arrière-garde lors de l'évacuation de la place, emmenant la dépouille de son chef à Sainte-Menehould. Il rejoignit ensuite l'armée en Belgique, se trouva à Jemmapes puis à Nerwinde. Rentré au camp de Maulde, il commandait provisoire-

légère qui se mit en mouvement quelques heures après. Il alla ce même jour prendre une position avec la brigade du général Westermann, au delà de Sacey, que Tadjudant général Decaen avait été reconnaître le matin. Ce dernier avait même poussé sa reconnaissance jusqu'à Aucey S où il avait trouvé quatre cents Brigands, qu'il chargea d'abord avec cinquante hussards ; mais il fut forcé de céder au grand nombre, et de se replier sur Sacey.

ment le bataillon, lors de la défection de Dumouriez, et fit croiser la baïonnette contre les hussards de celui-ci. Capitaine le 5 avril i;;93 ; fait prisonnier avec la garnison de Valenciennes et échangé, il est envoyé à l'armée des Alpes le 27 septembre 179? ; passé à l'armée de l'Ouest presque aussitôt, il se distingue à la bataille de Dol et protège la retraite. Adjudant général chef de brigade provisoire le 8 frimaire an II- 28 novembre 1793. Il faisait partie de l'avant-garde qui accourut, en douze heures, de Ghâteaubriant à Angers, lors du siège de cette ville par les Vendéens ; il y arrive le 5 décembre au moment où le siège est déjà levé. Au Mans, il s'empare de vingt canons, puis rentre en Vendée et y continue la guerre contre Stofflet qu'il bat à Ghemillé, puis contre Charette qu'il défait à Saint-Gyr-en-Talmondais, le 3 vendémiaire an IV-25 septembre 1795. Blessé, malade, il donne sa démission le 3 thermidor suivant (21 juillet 1796). Mais il reprend bientôt du service dès la reprise du mouvement vendéen. Après les pacifications de 1800, il est envoyé à l'armée d'Italie : enlève une batterie ennemie à Marengo. Atteint d'une blessure grave, il est admis au traitement de réforme après la paix de Lunéville. Chevalier de la Légion d'honneur le 5 février 1804, officier le 14 juin suivant. Remis en activité, il fait avec la Grande Armée les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne, en 1807 ; baron de l'Empire en 1808 ; commandant de la cavalerie du cinquième corps de l'armée d'Espagne en octobre 1808 ; chef d'état-major à Mayence le 12 janvier 1812 II fait la campagne de Russie sous les ordres du maréchal Ney ; dirige l'attaque de Krasnoë le 2 août; enlève les ouvrages de Smolensk le 17; à la Moskowa, une balle lui fracasse le bras gauche ; général de brigade par décret du 18 octobre 1812. Il commandait le Calvados en i8i3 et fut maintenu par la première Restauration ; commandeur de la Légion d'honneur le 14 février i8i5 ; se bat en Vendée sous les ordres de TraA'ot, pendant les Cent-Jours. Maintenu dans l'état-major général de l'armée par la seconde Restauration ; disponible le 3o décembre 1818 ; retraité le 3o août 1826, rappelé au service comme commandant du département de Maine-et-Loire, le 19 août i83o, retraité définitivement le 5 avril i832 ; mort à Angers le 22 décembre 1840. Ce sabreur d'avant-garde, véritable entraîneur d'hommes, cultivait les fleurs, surtout les roses, avec passion.

I. Aucey, commune du canton de Pontorson. A cinq kilomètres sudsud-est de cette ville et quatre, nord-nord-ouest, de Sacey.

Séjour.

Westermann et Marigny prirent de concert les mesures nécessaires pour s'assurer des mouvements de l'ennemi; ils furent instruits pendant la nuit qu'il était encore en force à Poutorson et qu'il répandait des partis dans le pays, pour y ramasser des subsistances. On s'occupa, le 2Q et le 3o, à fortifier la position d*Antrain par des abatis ^o et 30 brumaire

♦^ ^ ^ ^ ^ (19 et 20 novem-

et à couper les chemins dont on ne devait pas se servir. bre).

Le 3o brumaire, vers le milieu du jour, Westermann, apprenant que les Brigands évacuaient Pontorson, proposa à Marigny de les poursuivre sur-le-champ dans leur marche sur Dol. Celui-ci lui observa que le mouvement pourrait contrarier les dispositions générales prises au conseil de guerre, et qu'il serait prudent de demander préalablement les ordres du général en chef; mais Westermann, dont le caractère impérieux se pliait très difficilement aux avis qui ne venaient pas de lui, prit le ton du commandement et, se déclarant le plus ancien, il donna des ordres. Marigny partit avec deux cents hommes de cavalerie ; il fut suivi de trois cents hommes d'infanterie, précédés encore de cent chasseurs à cheval de la Légion du nord ; un pareil nombre de chevaux formait l'arrièregarde, aux ordres du chef d'escadron Lamur ; cette colonne eut avec elle un obusier, trois pièces de canon, dont une de 8 et deux de 4- Marigny, entrant au grand trot à Pontorson, y trouva encore plusieurs Brigands qu'il fit sabrer. Il y trouva aussi quatorze pièces de canon idu calibre de 4> brisées ainsi que les affûts et plusieurs caissons, enfin un obusier qui avait été jeté dans la rivière. Les rues étaient jonchées de cadavres des combats du 28.

Marigny ne fit que traverser Pontorson et continua avec trop de précipitation sa marche sur Dol, Ayant été informé que le pays était couvert de Brigands, et se trou-

vant séparé des colonnes d'infanterie de plus de trois lieues, dans un pays extrêmement coupé, il ne jugea pas à propos d'y prendre position ; mais il se décida à continuer sa marche par forme de découverte, aimant mieux d'ailleurs attaquer l'ennemi que d'en être attaqué.

Il était environ six heures du soir, lorsqu'il arriva avec sa troupe à deux cents toises de Dol ; il disposa sa cavalerie sur la route par échelons, et les hussards du 7' régiment qui formaient l'avant-garde eurent ordre de se porter en avant.

L'adjudant général Decaen, chargé d'éclairer la droite de Marigny et qui, à l'aide de l'obscurité, avait pu s'approcher assez près de l'ennemi pour reconnaître qu'il était très nombreux, retournait en prévenir son chef lorsqu'il entendit au son de la trompette que celui-ci chargeait sur Dol. Il disposa sa troupe aussitôt pour soutenir cette attaque, et alla rendre compte à Marigny de sa découverte; mais celui-ci, quoique mécontent des hussards qui avaient déjà fléchi, continua son mouvement, chargea l'ennemi dans un faubourg, avec une compagnie de chasseurs francs, qui se battaient avec une intrépidité rare, en faisant un bruit effroyable, et renversant tout ce qu'ils rencontraient. Le désordre fut bientôt parmi les Brigands et, si Marigny avait été aussitôt soutenu par son infanterie, et qu'en un mot, il y eût eu plus d'ensemble dans cette attaque, il n'est pas douteux que leur déroute n'eût été complète.

L'ennemi perdit plus de deux cents hommes dans cette afl^aire. Marigny faillit être renversé d'un coup de baïonnette et cinq de nos chasseurs furent blessés. Mais bientôt les Brigands, revenant de leur étonnement, firent un feu si vif qu'il obligea Marigny d'ordonner U retraite ; elle se

fit dans le plus grand ordre jusqu'à Baguer-Pican i, à une lieue de Dol. Là il fut informé que des Brigands enlevaient des farines dans un moulin voisin ; il y envoya un détachement qui, après avoir taillé en pièces quarante de ces malheureux, ramena huit voitures chargées de munitions de bouche 2.

Cette action s'était passée sur la droite sans que nous en eussions été prévenus à Antrain. Avant de l'avoir appris lui-môme, Westermaun, qui n'avait eu que l'intention d'occuper Pontorson, nous fit annoncer que l'ennemi l'avait évacué, et qu'il s'était retiré sur Dol. Nous reçûmes cette nouvelle vers cinq heures du soir. Voulant de suite aviser aux moyens de tirer de cette circonstance le meilleur parti possible, je réunis chez moi Marceau, Damas et Savary pour leur demander avis sur le plan que j'avais conçu de bloquer l'ennemi dans le nouvel établissement qu'il venait de prendre et de terminer ainsi cette guerre par un système activement défensif. Gomme ils goûtèrent le projet, je chargeai le général Damas de le rédiger et de le présenter lui-même au conseil de guerre, que l'on avait convoqué pour ce même soir; il était à peu près conçu de la manière suivante, d'après la situation de l'ennemi et la nôtre :

Marigny et Westermann, chacun à la tête d'un corps de

1. Baguer-Pican, commune du canton de Dol, sur la route de cette ville à Pontorson. A quatre kilomètres est de Dol ; quatorze, ouest, de Pontorson; dix-neuf, nord-ouest. d'Antrain.

2. « L'avant-garde, commandée par le général Marign)^ s'est trop empressée de surprendre le trésor et un convoi des Brigands, qui était dans Dol. Elle y est entrée dans la nuit du 3o brumaire au i" frimaire, a bien effectivement fait piller des voitures, mais qui n'étaient point celles du trésor, a taillé en pièces les Brigands pris à l'improviste, mais que le danger a bientôt réunis et qui, à leur tour, ont fondu sur notre avantgarde qu'ils ont dispersée. » (L'adjudant général Rouyer au ministre de la guerre. Antrain, i" frimaire an II, Guerre, arch. hist., V, 14,)

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cavalerie et d'infanterie légère d'environ trois mille hommes, battraient l'estrade : le premier, de Pontorson à Hédé I; le second, de Hédé à Dinan. Ils chargeraient et harcèleraient sans cesse ceux des ennemis qui s'écarteraient de la ville, pour se procurer des subsistances, et enlèveraient leurs convois ; ils auraient des espions qui non seulement pourraient prévenir des desseins de l'armée Rebelle, mais qui entretiendraient encore parmi elle l'esprit de désertion qui commence à se manifester. S'il arrivait que l'un de ces corps fût repoussé par des forces supérieures, il aurait toujours sa retraite assurée sur l'un des postes ci-dessus; l'ennemi tenterait-il de se porter en masse sur l'un de ces postes, on en serait prévenu assez à temps pour se trouver en mesure de lui tomber sur les derrières ou sur les flancs, Enfin les postes une fois bien retranchés, et le soldat y ayant une entière confiance, on pourrait tout à coup changer de système et agir olfensivement.

Quatre colonnes marcheraient alors sur Dol, que l'on attaquerait avec d'autant plus d'impétuosité, que le soldat parfaitement reposé désirerait le combat et n'aurait rien à craindre sur ses derrières. Si l'on était assez heureux pour réussir, l'ennemi était perdu sans ressources, et précipité dans la mer.

Eprouverait-on, au contraire, un échec, chaque soldat, familiarisé avec le poste qu'il vient de quitter, s'y rallierait sans peine, et nous n'aurions plus au moins le triste spectacle de ces déroutes de vingt lieues qui ouvraient à l'ennemi en un jour un vaste pays et de nouvelles ressources.

I. Hédé, cheT-lieu de canton de l'arrondissement de Rennes. A vingttrois kilomètres nord-ouest de cette ville ; trente-six, sud-sud-ouest, de Pontorson ; vingt-neuf, sud, de Dol; trente-six, sud-est, de Dinan ; trente,

sud-ouest, d'Antrain.

Les ponts, les gués, les chemins que l'on ne pourrait garder en force seraient rompus et dégradés, afin que l'ennemi s'occupant à les réparer, au cas qu'il voulût s'en servir, nous donnât le temps de l'en repousser.

A six heures, on se rendit au conseil, et les avantages du plan y furent développés et discutés. Le général Dambarrère, qui était le Nestor du conseil, l'approuva, et la gent moutonnière en lit autant. Les représentants du peuple l'accueillirent assez froidement. Cependant, tout à coup. Prieur (de la Marne), prenant feu, chargea le général Dambarrère des travaux relatifs à la destruction des ponts, chemins, etc. i. Par l'arrêté qui fut pris aussitôt, le général se trouvait autorisé à mettre en réquisition tous les habitants du pays, tous les ingénieurs des ponts et chaussées et tous les chevaux dont ils auraient besoin pour accélérer le plus promptement possible cette opération. Le chef de brigade Vérine fut chargé de fortifier Antrain, un autre ingénieur, Pontorson. Tribout reçut l'ordre de mettre Dinan en état de défense respectable, l'adjudant général Klingler, celui de se rendre à Hédé avec quinze cents hommes, en attendant qu'on pût le renforcer. Ganuel, qui était à Fougères, fut rappelé à Antrain avec sa brigade, pour se porter le lendemain où besoin serait. Chacun était satisfait d'entrevoir les moyens de terminer enfin la guerre, lorsqu'une belle étourderie du général Westermann, qui n'était pas au fait de ce qui se passait, détruisit en un instant les avantages de nos projets, et nous entraîna de nouveau dans la plus abominable déroute. Cette

1. « Oa se rappelle que le Comité de salut public avait recommandé à Prieur (de la Marne) de harceler les généraux et de se défier d'eux. » {Note de Savary, loc. cit., II, 368.)

« Prieur mettait tant de véhémence dans son discours que Dambaprère lui dit : Prieur, j'ai toujours vu que l'extrême exagération était le présage des revers. » {Note de Savary, loc. cit., II, 369.)

affaire mérite quelque attention. Le désordre y ayant été à son comble et les opérations conduites en raison inverse de ce que l'on avait arrêté, il est nécessaire d'entrer dans de plus grands détails.

Le même jour, 3o brumaire, à neuf heures du soir environ, le conseil de guerre venait de se terminer, et chacun se séparait, lorsque les représentants du peuple reçurent une lettre du général Westermann, dans laquelle il disait que les renseignements qu'il avait eus sur la triste situation des Rebelles l'avaient déterminé à les aller surprendre dans la nuit à Dol, où il était sûr de les détruire. 11 annonçait qu'il se mettrait en marche à minuit, pour se rendre en cette ville par la route de Pontorson, et qu'il attaquerait l'ennemi aussitôt son arrivée. Il mandait encore aux représentants qu'il espérait ne pas être abandonné à ses propres forces, et que si l'on voulait que l'expédition eût un succès complet, il fallait nécessairement faire marcher une colonne par la route d'Antrain, pour attaquer en même temps que lui. Il regardait la réussite de cette expédition comme infaillible, assurant que s'il était secondé, les Brigands trouveraient leur tombeau à Dol. A la lecture de cette lettre, les représentants du peuple, oubliant les dispositions qui venaient d'être arrêtées, décidèrent à l'instant qu'il fallait faire marcher des troupes pour seconder Westermann, On observa, mais inutilement, que le général Westermann avait proposé cette expédition dans l'ignorance des mesures qui venaient d'être prises, comme plus propres à détruire l'ennemi sans rien donner au hasard; l'enthousiasme l'emporta, et on ne répondit aux excellentes raisons objectées au projet d'attaque subite, que par des cris répétés de « Mort aux Brigands ! »

Il fut en conséquence ordonné au général Marceau de

se mettre en marche à minuit avec la troupe qu'il commandait pour se porter sur Dol, qu'il devait attaquer en arrivant, et l'on prévint le général Westermann de ce mouvement.

Celui-ci s'était rendu au village de Baguer-Pican, à une lieue de Dol, vers les dix heures du soir, avec l'infanterie sous ses ordres. Il parut mécontent de l'opération que Marigny venait de faire et dont je viens de parler plus haut; il lui reprochait d'avoir, mal à propos, donné l'éveil à l'ennemi ^ Il fit prendre ensuite à la troupe une position sur une hauteur, à la gauche de laquelle est un terrain marécageux et fourré ; la droite n'avait point d'appui; une division de l'avant-garde légère fut placée en avant et la cavalerie en arrière du village.

Westermann et Marigny se réunirent pour se concerter ensemble sur la manière d'attaquer Dol.

Le I®' frimaire, à une heure du matin, la troupe de i» f,.imaire Westermann et de Marigny se mit en marche dans le ^^^ novembre). silence. La bonne disposition du soldat et la célérité de la marche semblaient présager la victoire. L'avant-garde légère fut déployée en ordre de bataille à deux cent cinquante toises de Dol, sur un terrain assez découvert, et, lorsque la réserve et la ligne de bataille furent établies, une avant-garde eut ordre de marcher jusqu'à ce qu'elle eût rencontré l'ennemi. Une fusillade très vive, qu'elle ne tarda pas à essuyer, l'assura de sa présence ; elle y riposta et fut bientôt soutenue par l'artillerie et la mousqueterie de la ligne de bataille qui s'avança.

I. « Cette bravade des hussards, qui vinrent comme pour nous avertir, nous sauva ; leur arrivée que nous n'attendions sûrement pas, surtout avec des forces aussi considérables, nous aurait surpris, et la confusion qui aurait pu se produire nous eût été funeste et irréparable. » (Poirier de Beauvais, loc. cit., 190.)

L'ennemi chercha à forcer la droite, mais les gendarmes des 35* et 36" divisions et la légion des Francs le firent renoncer à cette tentative. Il se porta alors vers la gauche ; mais la colonne de Westermann, qui était en réserve, marcha avec tant d'ardeur, et la soutint avec tant d'intrépidité qu'elle fit ployer l'ennemi. On eût pu, dès ce mo. ment, compter sur la victoire, si les cartouches n'eussent tout à fait manqué i. La plupart des soldats qui en sont dépourvus se retirent; l'ennemi, qui s'en aperçoit, redouble d'efïbrts, et force le petit nombre de braves qui résistent encore à quitter le champ de bataille.

Le général Westermann fit reprendre à la troupe la même position qu'avant le combat. Déjà, elle occupait son ordre de bataille, lorsque les tirailleurs ennemis vinrent attaquer les avant-postes ; quelques coups de fusil suffirent alors pour amener le désordre ; et les soldats se retirèrent aussitôt avec une telle précipitation, qu'ils abandonnèrent aux Rebelles une pièce de 8, dont l'avanttrain était détaché. La colonne ne put être ralliée qu'à un quart de lieue en deçà de Pontorson, où elle rentra en assez bon ordre ; elle fut mise en bataille sur la route d'Antrain et y resta tranquille tout le jour.

Le général Westermann, en rendant compte de cette affaire aux représentants du peuple, se plaignit de ce qu'on n'avait pas tenu la promesse qui lui avait été faite, de faire attaquer Dol par la route d'Antrain. Westermann eut autant de tort que les représentants en avaient eu d'adopter le parti hasardeux que le général avait proposé. Il savait d'ailleurs que le général Marceau avait ordre d'arriver par la route d'Antrain. Ne devait-il pas s'assurer de sa présence avant d'attaquer? Il résulta donc,

I. « J'avais brûlé jusqu'à la dernière cartouche, par conséquent je ne pouvais hasarder l'entrée de la ville. » (Westermann, loc. cit., 262.)

par ce défaut de prévoyance, que Marceau s'avançait pendant que le général Westermann, battu, avait été contraint de se replier, et qu'ainsi ces deux colonnes se trouvaient réciproquement en flèche dans le pays. Aussi l'ennemi, qui devait prévoir qu'il serait pareillement attaqué par la route d'Antrain, se porta-t-il sur-le-champ de ce côté et Marceau le rencontra en force, à quatre heures du matin, à une heure de Dol. Cependant il n'hésita pas à lui livrer combat et sut suppléer par de sages dispositions à son infériorité. Après trois heures de combat très vif, pendant lequel les Rebelles, quoique fort supérieurs en nombre, perdirent beaucoup de monde, Marceau resta maître du champ de bataille i. Il était sur le point de les poursuivre dans Dol, où ils s'étaient jetés, lorsqu'il vit arriver la division aux ordres du général Mûller ; ce renfort, qui aurait pu contribuer aux plus grands succès, s'il avait été bien dirigé, produisit l'eftet contraire. Le général Millier, qui devait prendre le commandement, était tellement ivre, ainsi que la majeure partie de son étatmajor, qu'il lui fut impossible d'ordonner aucune disposition 2, et la confusion devint si grande, que quelques

I. « Après cinq heures de combat (contre Westermann, puis contre Marceau), une terreur panique s'empare des Vendéens. Au moment où on s'y attendait le moins, ils prennent la fuite à leur tour et se retirent dans Dol, où ils apportent l'épouvante parmi ceux qui y étaient restés... Heureusement cinq à six cents hommes qui tenaient ferme à la tête de l'armée, un brouillard épais, qui s'élevait dans ce moment sur deux étangs (les étangs de Landat, commune de la Boussac) qui bordent le chemin, dérobèrent aux ennemis la déroute, MM. de La Rochejaqueleia et Stofflet en profitèrent pour rallier leur troupe et la ramener à la charge. » (Gibert, loc. cit , 114.) On aura une idée plus complète de toutes les phases de la bataille chéries deux adversaires en confrontant le récit de Kléber avec celui du royaliste Poirier de Beauvais, trop long et trop touffu pour pouvoir être rapporté ici en note (Cf. loc. cit., 190-197), celui de d'Obenheim rapporté par Savary (loc. cit., II, Sjô-SSo), et le rapport du chef de brigade Gadenne {ibid., 3^7).

« Mùller arrive de son côté vers les cinq heures du matin, bien saoul; il voit les Brigands fuir, il arrête et dit : « L'ennemi est en déroute, il faut

coups de fusil eussent occasionné la déroute la plus complète. Marceau m'instruisit, ainsi que le général en chef Rossignol, et nous trouvâmes en efï'et, à notre arrivée, ce corps de troupe dans le plus grand désordre. Il n'y avait en bataille qu'une partie de celles aux ordres du général Marceau ; elles présentaient de la contenance ; mais en général la position occupée n'était point tenable, et il eût été dangereux d'entreprendre de remettre l'ordre parmi les troupes en présence de l'ennemi, car les bataillons et les brigades étaient absolument confondus. Je proposai donc une position rétrograde, couverte par un profond ravin, et appuyée sur la gauche par un marais ; la droite pouvait, en se dirigeant sur Pontorson, se lier avec la colonne de Westermann. J'avais reconnu cette position en passant rapidement le matin ; elle n'avait pas non plus échappé au général Marceau. Cependant on hésitait encore, lorsque environ cent Brigands, s'étant glissés derrière les haies, vinrent nous saluer par un feu de file ; tout se mit alors en mouvement, et rétrograda sans attendre le commandement. Nous parvînmes toutefois à rallier, organiser et former la troupe dans la position indiquée ; après quoi, l'on prit du repos.

L'intention était de ne faire occuper cette position par les troupes de Marceau que jusqu'à ce que l'on eût pu les faire relever par d'autres ; aussi le général en chef donna aussitôt l'ordre à l'avant garde de Ghamberting de venir la prendre et Marceau reçut celui de se retirer dans une lande, en arrière du bois de Trans ^ Les représentants du

attendre le jour, où nous le poursuivrons. » Cette inaction donna à celui-ci le temps de se rallier et de connaître notre laiblesse. » (Westermann, Loc. cit., 262.)

I. Trans, commune du canton de Pleine-Fougères, arrondissement de Saint-Malo, sur la route de Dol à Antrain. A quatorze kilomètres sudest de la première de ces deux villes et à huit, nord-ouest, de la seconde.

peuple rejoignirent le général en chef après que le mouvement fut exécuté. Le général leur rendit compte de ce qui venait d'être fait et on concerta de nouvelles dispositions. Il fut arrêté que, par suitie de la décision du conseil de guerre, on s'occuperait de fortifier Antrain, en fermant tous les petits passages par des abatis et en défen dant les grands débouchés par des batteries. On arrêta une nouvelle répartition de troupes sur toute la circonférence de la position, et il fut décidé qu'au soir on ferait rentrer l'armée, pour que chaque division occupât les emplacements qu'elle était chargée de défendre.

L'adjudant général Damas fut aussi envoyé à Antrain, pour suivre l'exécution de ce nouvel ordre, et faire reconnaître par les adjudants généraux de chaque division le terrain qu'elles devaient occuper.

L'ordre fut donné à l'adjudant général Amey de partir avec les troupes qu'il commandait pour se rendre à Pontorson. Sa colonne était forte de dix-huit cents hommes et de deux pièces de canon de 4 ; elle arriva à Pontorson vers les trois heures après midi, où elle se réunit à la colonne de Westermann et prit position en avant de cette ville.

On conserva tout le jour la position en avant de Trans et, le soir, il fut encore décidé, contradictoirement à ce qui avait été arrêté le matin, qu'on ne la quitterait plus. On y fit même venir toutes les troupes qui étaient à Antrain, à l'exception de quelques bataillons dont un seul, restant à la position des Quatre-Ghemins, chargé de la garde du parc d'artillerie et de la caisse de l'armée, ne put occuper toute l'étendue de sa position que par de faibles postes.

Quelques bataillons furent établis derrière le Gouesnon qui couvrait Antrain. Toute l'armée bivouaqua cette nuit

dans la position en avant du bois de Trans ; la brigade de Marceau resta seule sur la lande qu'on lui avait fait occuper le matin.

Les représentants du peuple et tous les ofliciers généraux y passèrent également la nuit.

On envoya même à Westermann Tordre de se porter en avant, d'attaquer l'ennemi, et d'en achever la destruction à Dol ; on lui promettait de le seconder de notre côté et de partager avec lui l'honneur de la victoire.

On n'était pas suffisamment instruit par la triste expérience de la veille, car la même ivresse, qui, après le conseil de guerre, avait fait prendre un pareil arrêté, dicta 2 frimaire cclui-ci. Vcrs Ic milieu de la nuit, le représentant du peu-

(22 novembre). i-rk* /iiT%/r \i ^ n i ti'

pie rrieur (de la Marne), dont la iraicneur du bivouac avait un peu calmé l'exaltation, me demanda si je présumais que l'attaque ordonnée à Westermann dût avoir un succès complet ; je lui dis que je craignais que la moralité du soldat, encore frappé de la défaite de la veille, n'ajoutât à l'abattement où le mettaient ses souffrances physiques et ne permît pas d'obtenir les avantages que l'on espérait. Enfin, pressé de conclure, je déclarai que si j'en étais le maître, je me renfermerais strictement dans le plan arrêté au conseil de guerre. Le général en chef dit qu'il pensait comme moi et, peu après, les représentants se rangèrent à cet avis. En conséquence, il fut envoyé trois ordonnances à Westermann, par des routes différentes, avec ordre de se tenir sur la défensive seulement, et d'attendre de nouveaux ordres.

Alors on changea de nouveau tout le système, et l'on arrêta que le matin de ce jour, 2 frimaire, l'armée rentrerait à Antrain, et que l'on exécuterait le plan proposé dans le conseil de guerre du 3o brumaire. La suite des événements prouvera que l'on avait trop tardé à prendre

ce sage parti, et les Brigands, enhardis par le succès qu'ils venaient d'avoir, ne permirent pas d'exécuter le projet.

Le général Westermann, poursuivant toujours son même système, sans égard aux ordres qu'il avait reçus et qu'il était dans l'habitude d'enfreindre, se mit en marche vers minuit pour se porter vers Dol. Son avant-garde arriva vers quatre heures du matin, au village de Baguer- Pican dont elle s'empara. Il plaça en avant une grand' garde de cavalerie et la légion des Francs ; ses éclaireurs lui apprirent que l'ennemi battait la générale dans Dol. Vers les sept heures du matin, quarante-deux déserteurs, dont quelques-uns à cheval, se présentèrent aux avantpostes ; ils rapportèrent que l'armée Catholique manquait de pain et de munitions, et qu'un grand nombre avait envie de déserter i.

Pendant ce temps, l'ennemi, ayant fait ses dispositions pour attaquer Westermann, marchait vers Baguer-Pican, où le combat s'engagea vivement. Malgré que la brigade de Westermann eût été renforcée de troupes aux ordres de l'adjudant général Amey, elle fut moins heureuse encore que la veille, car l'aspect seul des Brigands fit lâcher pied à celles-ci, et la première, accablée par le nombre, fut bientôt contrainte de les suivre ^.

1. « Nous ne trouvions rien à Dol pour nous refaire ; il y avait disette extrême de vivres ; mourant de faim, on ne se nourrissait que de choses malsaines, ce qui faisait qu'une grande partie des nôtres étaient attaqués par la dysenterie. » (Poirier de Beauvais, loc. cit., 197.)

2. « L'ennemi, profitant des troupes fraîches qui venaient de lui arriver, se présenta à nous par les deux mêmes routes que la précédente fois (routes d'Antrain à Dol et de Pontorson à Dol). Les circonstances me portèrent ce jour-là, dans notre colonne de gauche, contre l'armée Républicaine qui venait de Pontorson. Je crois que leur attaque de ce côté n'était qu'une manœuvre pour diviser nos forces et que leur principal effort se faisait sur la route d'Antrain à Dol. J'en juge par la grande résistance qu'ils nous firent à ce combat. Nous rencontrâmes les Républicains à environ une lieue de Dol. Je m'emparai d'une hauteur avec quelques

Les généraux Westermann et Marigny couvrirent seuls la retraite avec leur valeur ordinaire, et entourés de quelques braves qui avaient juré de ne pas les quitter i. Marigny réussit même à arrêter les Brigands pendant un instant, en mettant pied à terre et se jetant à la tête de quelques chasseurs pour les charger. Il croyait, par cet exemple, engager le reste de l'infanterie à le suivre; mais le désordre étant déjà trop grand, il faillit être victime de sa bravoure ; il tomba dans un fossé, d'où il eut la plus grande peine à s'arracher, son sabre lui fut coupé dans la main par un biscaïen, et lorsqu'il voulut monter à cheval, il trouva celui-ci blessé et hors d'état de le sauver. Rien n'arrêtait plus alors le soldat, et la déroute était telle que plusieurs d'entre eux s'engloutirent dans les sables de la grève du Mont Saint-Michel.

Une partie de ses troupes fuit sur Avranches ; une autre se retira sur x\ntrain; toute la cavalerie se replia sur cette dernière ville. Les Brigands les poursuivirent jusque près du village d'Ancey, d'où ils se jetèrent sur la route d' Antrain à Dol, dans l'intention de nous couper la retraite ; mais cela ne leur réussit pas.

Tandis que ceci se passait àPontorson, la gauche n'était pas plus heureuse ; on ne suivait plus aucun plan, et tout allait par bonds et par sauts. Quels succès pouvait-on attendre d'ordres dictés parla faiblesse et une ivresse non moins préjudiciable? Voyant enfin qu'on ne se disposait

cavaliers ; les ennemis semblant y diriger leurg pas furent arrêtés par les pièces de canon qui me suivaient, mises aussitôt en position... Les Républicains voulurent faire quelque résistance, mais ce ne fut pas pour longtemps ; ils furent enfoncés et prirent la fuite, d'abord dans la plus grande confusion. » (Poirier de Beau vais, loc cit., 19^-198.)

I. « Ensuite ils se tirèrent à Pontorson en assez bon ordre, toujours en vue de nous, sans que nous pussions les atteindre, la fatigue et le défaut de nourriture ayant ôté les forcée à nos soldats. » (Ibid.)

pas davantage de ce côté à donner suite à ce qui avait été arrêté pendant la nuit, c'est-à-dire à faire rentrer les troupes pour reprendre la position d'Antrain, derrière le Gouesnon, le cœur navré, et ne pouvant deviner ce que tout cela allait devenir, je proposai à Marceau une reconnaissance sur Dol. Prêts à partir, les représentants du peuple Prieur (de la Marne) et Bourbotte annoncèrent qu'ils allaient nous suivre. Je commandai une escorte de soixante hussards et nous nous mîmes en marche ; il était environ dix heures du matin.

A peine avions-nous parcouru le champ de bataille, entre les villages de la Boussac i et de la Vieuville ^, où se donna le combat sanglant de Marceau dans la nuit du 3o brumaire au i^"" frimaire, que, de la grande route, nous aperçûmes sur la hauteur l'avant-garde des Brigands, qui nous salua aussitôt de quelques coups de canon. Leur armée la suivait immédiatement.

Le pays étant extrêmement coupé et la route impraticable même pour la cavalerie, j'ordonnai à notre escorte de se retirer au pas, et je détachai sur-le-champ un officier d'état-major pour amener l'avant-garde aux ordres de l'adjudant général Ghamberting ; cette avant-garde était uniquement composée des troupes de l'armée de Brest , les mêmes qui, en partant de Rennes, s'étaient fait tant remarquer par leur tenue et leur propreté. Le régiment ci-devant de la Reine 3 marchait à la tête^; on le fit aussitôt déployer à droite et à gauche derrière les haies et les fos-

1. La Boussac, commune du canton de Pleine-Fougères ^Ille-et-Vilaine). Près la route d'Antrain à Dol. A huit kilomètres sud-est de Dol ; quatorze, nord-ouest, d'Antrain ; douze, ouest-sud-ouest, de Pontorson.

2. La Vieuville, hameau de la commune d'Epinac ; canton de Dol. A trois kilomètres nord d'Épinac ; trois et demi, nord-ouest, de la Boussac ; sept, est-sud-est, de Dol.

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